Société d'émulation
de Roubaix

La rue des Arts

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RUE DES ARTS
 

 

 

Cet axe, long de 950 mètres, débute rue de Lille ; après le pont des Arts, il se poursuit sous le nom de rue Boucher-de-Perthes. La rue fut créée par délibération municipale des 20 novembre 1863 et 27 juillet 1864, approuvée par arrêté préfectoral du 28 juillet 1865  pour le classement comme voie publique. Elle est parallèle à la rue de l’industrie, comme si les arts et l’industrie devaient être indissociables pour le bonheur des citoyens Des habitations modestes alternent avec des hôtels d’allure bourgeoise et des établissements cultuels ou administratifs.
 
Au n°14 ont résidé, au moins entre 1910 et 1914, le chanoine Th. Leuridan et sa soeur. Le chanoine fut le fondateur, en 1899, de la Société d’études de la Province de Cambrai et en 1868 de la Société d’émulation de Roubaix. Il avait habité aussi 12, rue Dammartin. On sait qu’il mourut en 1933.
 
Au n°16, s’est trouvé l’institut populaire de Roubaix, rassemblant trois groupes d’oeuvres à caractère social. Il avait été précédé en ces lieux par la confiserie «Le Progrès», puis par la Société anonyme des Mécaniques Verdeulle ; mais en 1938, c’est à nouveau un confiseur qui occupe la maison : son voisin , M. Bastien, fait exécuter des transformations au n°14 par un architecte de Wattrelos, M. Gontier.
 
Le n°19 fut occupé par l’architecte roubaisien bien connu, Dupire-Rozan, dès 1894. Est-il à l’origine du remarquable escalier et du vitrail qui décorent l’édifice ? Lui succéderont l’industriel Emile Pollet-Rasson et, plus près de nous, l’homme de lettres, H.L. Dubly.
 
Au n°23, un estaminet affichait «Au bataillon scolaire»,  tandis qu’au 26 on trouvait le «Tape-Autour». Les 27, 29 et 31 correspondent au temple de l’église réformée, à la maison du Pasteur et aux salles annexes. Ce temple fait suite à celui de la rue Emile-Moreau qui fut jugé trop vétuste en 1864, pour être réparé. Le temple de la rue des Arts fut réalisé à partir des plans de M. Shultess d’Amiens, la direction du chantier fut confiée à M. Dupire, architecte de la ville. Divers avatars retardent les travaux, de sorte que l’inauguration n’a lieu que le 15 août 1871. Encore l’entreprise a-t-elle bénéficié de largesse de MM. Holden-Crothers. L’orgue du temple est connu pour ses remarquables qualités : il vient de subir une profonde restauration, pour la plus grande joie des fidèles et de son titulaire.
 
Au n°41, décrochements et marquise rompent la monotonie de l’alignement. Le 53 et le 55 n’ont ormé qu’une seule habitation à l’origine, la façade régulière est centrée sur un fronton encadré de pilastres, les clefs d’arcs sont fleuries. Au n°65, les claveaux sont vermiculés : les leçons de la grande architecture ne sont pas loin !
 
Au 105, le commissariat de police du 2ème arrondissement, le bâtiment est quasi centenaire. Il s’orne d’un superbe fronton. Auparavant, nous sommes passés au 83, devant la maison où habita Gilbert Sayet, longtemps secrétaire général de la mairie. L’angle que la rue des Arts forme avec la rue du Trichon est ponctué par une maison aux couleurs gaies, dont la clématite constitue la seule tache de verdure de cette rue. Le retour sur la rue des Arts est marqué par le relief d’un balcon vigoureux ; tout à côté, un café, au n°108, montre une enseigne vitrée où alternent les verres cathédrale, chenillés, diaprés : un peu d’art et de fantaisie.
 
Le n°112, fut longtemps aux frères Martel ; en 1943, on y trouve le Commissariat régional au travail des jeunes. L’année suivante, c’est le Centre de jeunes des Arts : pour la sécurité en cas de bombardement, on y aménage une cave-abri. Aux 130 et 132, un vaste terrain de 4000 m2 fut acheté au Bureau de bienfaisance en 1879 et partagé en deux lots qui furent affectés l’un à une école de garçons, l’autre à la Gendarmerie nationale, dont la brigade était auparavant casernée ... dans la chapelle du Saint-Sépulcre ! Une belle constance dans la fidélité au quartier, c’est aujourd’hui le n° 138.
 
Au n° 133, l’estaminet s’est appelé «Aux deux postes». Un peu plus loin, nous voici au 137. Ici habitèrent successivement, de 1894 à 1906, Edouard Roussel, puis Charles Lefebvre-Heyndrickx, un receveur de l’Enregistrement, jusqu’à ce que la maison abrite la Maison de famille religieuses de la Présentation. Puis c’est la  J.O.C.
 
Au 139, les Tissages François Roussel Père et Fils sont présents dès 1894 ; la façade sur la rue a été renouvelée en 1928 avec l’architecte tourquennois, P.G. Forest : un coup d’oeil par la porte cochère permet d’entrevoir la noblesse de l’architecture du XIXe siècle.
 
Le quartier a bien changé : au voisinage de la rue de l’Epeule, des bâtiments neufs succèdent au parking du Colisée. On trouvait là des estaminets aux noms évocateurs : «Au retour des pompiers», «A la providence», « A la fontaine d’or» .... Plus loin encore, c’étaient «Au passage des Arts», et «Au pont des Arts». Nous sommes arrivés au terme de notre promenade. Les rues parallèles butent contre le talus du chemin de fer, mais en 1887, le conseil municipal avait voté une somme de 100 000 F, les propriétaires riverains une somme de 25 000 F, pour permettre la liaison des quartiers Fresnoy, Mackellerie et Epeule-Alouette ; les travaux furent réalisés par la Compagnie des Chemins de Fer du Nord et achevés en 1891 : le pont des Arts marque la fin de la rue des Arts et le début de la rue Boucher de Perthes. Mais là, c’est une autre histoire ...*
 
 
Ce texte figure dans le tome 1 de l'histoire des rues de Roubaix paru en 1999-2000. Les flâneurs, auteurs de ces chroniques, n'ont jamais prétendu être exhaustifs, aussi tout complément est le bienvenu, en citant les sources, bien entendu. D'avance merci ! PhW
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par Debeauvais Christian le 30/11/2013
Bonjour, Au 149 de la rue des Arts, existait la "Biscuiterie des Arts" de F. Duerinck. Je possède un carton publicitaire dessiné 24x32 polychrome sans signature, pourvu de 2 perforations sur le haut et imprimé chez J. Guermonprez 10 rue Malus Lille. Ci-joint, cliché de la plaquette publicitaire. Cordialement