Société d'émulation
de Roubaix
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Les hautes écoles

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Suite de l’évocation du passé de la ville par M. Edmond Derreumaux

Président de la Société d’Emulation

 

Parmi les droits et devoirs de toute municipalité l’enseignement tient une place importante. Le développement de la ville devait créer pour les autorités roubaisiennes un ensemble de problèmes que les Conseils municipaux successifs s’efforcèrent de solutionner dans les meilleures conditions. Nous essayerons de faire le point de ce qui existait en 1893. Rappelons qu’à cette époque, les garçons et les filles sont strictement séparés sauf dans les écoles maternelles.

Les jeunes roubaisiens de 1893 disposent alors des établissements suivants que nous citons en commençant par les écoles supérieures.

 

Ecole nationale des Arts Industriels de Roubaix

 

Située place Chevreul, elle a été créée en vertu d’une loi du 5 août 1881. Elle est dirigée par un Conseil Supérieur dont le Préfet du Nord, le maire de Roubaix et le président de la Chambre de Commerce de Roubaix sont membres de droit. A cet établissement sont rattachés une bibliothèque, une collection d’échantillons et un musée.

 

Institut Turgot

 

C’est un établissement d’enseignement primaire supérieur pour garçons installé rue de Soubise sur un terrain acheté le 12 avril 1873. Au départ, les bâtiments furent d’abord utilisés pour une école de filles, un asile et une crèche. En 1884, la ville décida d’y installer une école primaire supérieure qu’elle appela Institut Turgot. Ce n’est qu’en 1908 que la municipalité décida d’adjoindre à cet établissement, transféré alors rue du Collège, une école de commerce et d’industrie. L’Institut Turgot comptait 454 élèves en 1893.

 

Institut Sévigné

 

C’est établissement primaire supérieur des filles, il fut installé dans un immeuble dont l’hospice de Roubaix avait la jouissance selon un bail de 99 ans, commençant en 1825. Le 1er août 1881 la ville racheta les bâtiments qui furent complétés par une construction en 1890. L’Institut Sévigné comptait 307 élèves en 1893.

 

Ecoles élémentaires pour garçons. Elles sont au nombre de 14 accueillant 7 217 élèves. Nous les énumérons en fonction de leur localisation.

 

Rue Archimède : Le terrain fut acheté le 21 novembre 1879 et la construction réalisée en 1881. En 1893 on y dénombrait 480 élèves. Directeur : Monsieur Lerat.

§     Rue des Arts : Les terrains appartenaient au Bureau de Bienfaisance. Une partie fut cédée au département pour la construction d’une caserne de gendarmerie et le reste acheté par la ville pour y construire une école dont les travaux commencèrent en 1883. Il y avait 487 élèves ; Directeur : Monsieur Gautier.

§     Rue du Bois : Construite en 1865 sur les terrains acquis en novembre et décembre 1863. Agrandie en 1873, 403 élèves ; directeur Monsieur Glaise.

§     Rue Brézin : Le terrain fut donné à la ville le 6 août 1870. Les travaux commencèrent en 1876. 546 élèves ; directeur : Monsieur Faidherbe.

§     Boulevard d’Halluin : Louée en 1877 par la ville à la société en participation de Monsieur Mollins. Elle fut achetée en 1878, 461 élèves ; directeur Monsieur François.

§     Rue Decrême : Bâtie en 1858 sur un terrain donné à la ville par Madame Veuve Delaoutre fille d’Alexandre Decrême dont la rue porte le nom. Agrandie en 1877, 519 élèves ; directeur Monsieur Harcqz.

§     Rue Delezenne : Bâtie sur un terrain acheté en 1872. Construite en 1873, 461 élèves, directeur Monsieur Somain.

§     Rue du général Chanzy : Construite sur le même terrain que l’école de la rue du Moulin acheté par la ville en 1854 ; 94 élèves ; directeur Monsieur Estrabant.

§     Rue d’Hem : D’abord louée par la ville par la société de Mollins. Elle fut achetée le 28 juin 1878, 418 élèves ; directeur Monsieur Dupret.

§     Rue Montaigne : Le terrain fut acquis le 17 juillet 1880 et les travaux réalisés en 1881 ; 493 élèves ; directeur Monsieur Roegaux.

 

§     Rue du Moulin : Construite en 1867 sur l’emplacement de l’ancien hôpital qui avait été lui-même installé dans une ancienne filature dès 1847. L’immeuble avait été acheté par la ville le 8 mai 1854, 537 élèves, directeur Monsieur Dazin.

§     Rue Pierre de Roubaix : Construite par une société en participation, elle fut d’abord louée par la ville en 1877 et achetée par celle-ci le 28 juin 1878, 752 élèves, directeur Monsieur Leroy.

§     Rue Saint Vincent de Paul : Erigée en 1862 sur des terrains acquis le 29 novembre 1851, 426 élèves ; directeur Monsieur Crinon.

§     Rue Ternaux : Les terrains furent achetés le 15 septembre 1864 et un échange partiel avec un propriétaire voisin permit une meilleure orientation de cette école dont l’entrée était d’abord prévue rue de la Paix, 551 élèves ; directeur : Monsieur Isauré.

§     Rue Turgot : Construite par la Compagnie Desclée qui alimentait la ville en gaz d’éclairage, elle fut cédée à la Municipalité le 29 juin 1869 en échange d’un tronçon de rue qui traversait l’usine, 643 élèves, directeur : Monsieur Gaillard.

 

Toutes ces écoles, sauf celles rue Archimède et Decrême organisaient des cours pour adultes qui étaient fréquentés en 1893 par 828 élèves.

 

Ecoles élémentaires pour filles : on en compte 12, recevant 4474 élèves

 

§     Rue des Anges : Les terrains furent achetés en septembre 1872 et les travaux débutèrent en 1876, 620 élèves ; directrice : Mademoiselle Baurain.

§     Rue du Coq Français : Louée à la société de Mollins en 1877, elle fut achetée en 1878, 415 élèves ; directrice : Madame Chevaucherie.

§     Rue du général Chanzy : Même terrain que celui de l’école de la rue du Moulin, 101 élèves ; Directrice : Mademoiselle Roussiez.

§     Rue de l’Hommelet : Construite en même temps que l’école de garçons de la rue Ternaux sur des terrains acquis en 1864, 507 élèves ; directrice : Madame Pfanmatter.

§     Rue de Naples : Le terrain fut acheté par adjudication publique le 30 septembre 1880. La construction fut réalisée en 1881, 265 élèves ; Directrice : Madame Velu.

§     Rue du Pile : Erigée par la société de Mollins, elle fut louée en 1877 par la ville pour être achetée en 1878 ; 362 élèves ; directrice mademoiselle Detille.

§     Rue Pellart : Le terrain fut donné par Madame Lefebvre-Ducateau le 2 novembre 1867. En 1893, elle est dirigée par des religieuses bien que rentrant dans la catégorie des écoles communales. Elle compte 275 élèves ; Directrice Sœur Darqué.

§     Rue Olivier de Serres : elle avait été construite par la Société en participation de Mollins. Louée par la ville en 1877 et achetée en 1878, 345 élèves ; Directrice Mademoiselle Christians.

§     Rue de Soubise : Construite en 1880 sur un terrain acheté le 24 juin 1845, 127 élèves Directrice Madame Obin.

§     Rue Saint Antoine : Construite en 1845 sur un terrain donné à la ville par Madame Delaoutre, agrandie en 1863 et 1868, 620 élèves ; Directrice Madame Vilbert.

§     Rue Saint Vincent de Paul : Construite sur des terrains achetés par la ville le 20 novembre 1861, ouverte en 1863, agrandie en 1875. En fait son entrée était située rue de Blanchemaille, 432 élèves ; Directrice Madame Detille.

 

Des écoles maternelles parfois attenantes aux écoles de filles accueillaient les enfants trop jeunes pour fréquenter les écoles primaires. On en comptait 12 :

 

-          rue des Anges,

-          rue de Blanchemaille,

-          rue de Condé,

-          rue de Flandre,

-          rue de l’Industrie,

-          rue de l’Hommelet,

-          rue Pascal,

-          rue de Rome,

-          rue Pierre de Roubaix,

-          rue Sainte Elisabeth,

-          boulevard de Strasbourg,

-          rue Watt.

 

En 1893, elles avaient reçu 4538 enfants dont 2283 garçons et 2255 filles.

 

Des cours de coupe, couture et assemblage étaient données dans 8 écoles de filles. On y comptait en 1893, 1612 élèves. Un diplôme de coupe pouvait être obtenu en fin d’année scolaire. 82 jeunes filles s’y étaient présentées en 1893 et 67 avaient obtenu le diplôme.

 

Des cours communaux du soir étaient organisés pour les enfants travaillant dans les manufactures dan deux écoles de garçons : rue Decrême et rue Brézin et dans quatre écoles de filles : rue Olivier de Serres, rue des Anges, rue Sainte Elisabeth et rue Saint Vincent de Paul.

 

L’enseignement privé était également très bien représenté


L’institution libre de Notre Dame des Victoires qui avait déménagé ses locaux de la rue du collège en 1893 pour s’installer rue Notre Dame des Victoires accueillant 485 élèves. Son directeur était Monsieur l’abbé Chabé.

 

Les écoles primaires d’enseignement privé pour garçons étaient au nombre de 8 dont une école libre laïque située rue Bell qui recevaient 407 élèves et 7 écoles libres catholiques dirigées par les Frères des Ecoles Chrétiennes installées : rue du Tilleul (actuellement rue Jules Guesde) avec 541 élèves ; rue de la Paix, 407 élèves ; rue d’Alsace : 420 élèves ; rue Rollin : 412 élèves ; rue Bourdaloue : 424 élèves ; boulevard de Strasbourg : 396 élèves et rue de Crouy : 170 élèves.

 

Pour les filles, 20 écoles privées ayant presque toutes des classes maternelles recevaient les enfants roubaisiens. Elles étaient toutes dirigées par des religieuses.

 

Ecole des Sœurs de la Sagesse : boulevard de Mulhouse, 395 élèves ; rue de la Sagesse : 168 élèves ; rue Pigalle : 195 élèves ; rue du général Chanzy : 154 élèves ; rue de la Redoute : 167 élèves ; rue Pellart prolongée : 91 élèves ; rue Sainte Elisabeth : 762 élèves ; place Sainte Elisabeth : 142 élèves ; rue d’Inkerman : 447 élèves ; rue de la Chaussée : 429 élèves ; rue Saint Louis : 520 élèves  et rue Richelieu 70 élèves.

 

Ecoles des Dames de la Sainte Union ; rue du Vieil Abreuvoir : 165 élèves ; rue de l’Espérance : 58 élèves ; rue du Collège : 23 élèves ; rue Salomon de Caus : 67 élèves et rue des Fabricants : 25 élèves.

Ecole des Sœurs Clarisses : rue de Wasquehal : 308 élèves.

Ecole des Sœurs Carmélites : 593 élèves.

 

A ces chiffres qui sont ceux des élèves de l’enseignement primaire s’ajoutaient 3825 élèves (1708 garçons et 2177 filles) fréquentant les classes maternelles de ces différentes écoles privées de filles.

 

Telle est la physionomie scolaire de Roubaix il y a cent ans, une organisation importante accueillant des milliers d’enfants de tous âges, s’efforçant de leur inculquer le savoir et l’éducation afin de leur permettre d’affronter les difficultés de l’existence. C’était l’école de nos grands-parents.

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par LE MENN Jean-Yves le 21/03/2016
Bonjour , j'ai retrouvé des archives de l'institut Sévigné de Roubaix quand ma mère y professait 1932 à 1944 Si cela peut permettre de réaliser un memoire de cet institut je reste a votre écoute
par Yves Marion le 22/05/2014
Bonsoir, comment pourrai-je avoir accès aux bulletins des anciennes élèves de l'institut Sévigné? Je cherche des informations à propos d'un professeur de lettres nommé en 1922 dont l'écho du Nord félicité pour son doctorat en 1923. Je vous remercie. En PJ une attestation de la directrice Mme Crinon.