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La presse de février

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Samedi 4 février : les sports à l’Exposition de Roubaix. Le calendrier des fêtes sportives : une série d’importantes manifestations. Un stadium pouvant contenir 10 000 personnes.
L’exposition internationale du Nord de la France qui se tiendra à Roubaix de mai à octobre prochain, va être le prétexte de nombreuses manifestations de tous genres. Dans une région essentiellement sportive comme le Nord, les sports devraient inévitablement jouer, à cette occasion, un rôle important. Le comité exécutif de l’exposition de Roubaix l’a compris, aussi vient-il de décider qu’un vaste « stadium » (ou terrain de sports) serait aménagé dans l’enceinte de l’exposition avec tribune et gradins pouvant contenir plus de 10 000 personnes.
Voici, d’ailleurs le calendrier des fêtes sportives qui se dérouleront en grande partie sur le stadium de l’exposition de Roubaix et dont l’organisation a été confiée à divers clubs ou comités ayant déjà faits leurs preuves.
  • 7 mai : finale de championnat de France militaire de football association
  • 14 mai : grand match de professionnels anglais (football association)
  • 20, 21 et 22 mai : congrès des sociétés de préparation militaire et concours divers.
  • 25 mai : (Ascension) grand concours européen de football association ‘éliminatoire)
  • 25 mai : course cycliste Paris Roubaix (coureurs indépendants)
  • 28 et 30 mai : grand concours européen de football association (finale)
  • 26, 27, 28 et 29 mai : tournoi de Lawn-tennis Club de Roubaix (sur son terrain)
  • 6 juin : exposition des lauréats du concours colombophile de Chantilly et lâcher de pigeons
  • 8, 9, 10, 11 et 12 juin : congrès internationale de la chasse et « semaine canine » du club Saint Hubert du Nord,
  • 18 juin : exposition des lauréats du concours colombophile d’Orléans et lâcher de pigeons,
  • 26 juin : concours de fanfares cyclistes et de sections de mouvements d’ensemble
  • 1er juillet : journée réservée à la fête de gymnastique (hors de l’exposition)
  • 2 juillet : fête de gymnastique scolaire- mouvement d’ensemble et exercices divers par les élèves des écoles publiques.
  • 9 juillet : exposition des lauréats du concours colombophile de Bordeaux et lâcher de pigeons.
  • 14 juillet : concours d’aviation (hors exposition).
  • 16 juillet : course de marathon pédestre et épreuves athlétiques.
  • 23 et 24 juillet : championnat d’escrime.
  • 6 et 7 août : arrivée du Tour de France cyclistes (coureurs indépendants)
  • 13, 14 et 15 août : championnat de boxe et de lutte.
  • 16 août : arrivée du rail Paris-Roubaix (handicap- omnium entre cyclistes, pedestrians)
  • 20 août : fête cycliste populaire.
  • 11 septembre : exposition automobile agricole
  • 17 septembre : grand prix cycliste sur route (coureurs libres et indépendants)
  • Fin septembre : étape du concours de véhicules industriels automobiles
  • 5 octobre : fête olympique avec le concours d’athlètes renommés
  • 13 et 14 octobre : congrès de l’Union vélocipédique de France.
D’autres projets dont l’étude n’est pas terminée viendront vraisemblablement complétée ce programme pourtant déjà si vaste et si varié, on peut dons dire que Roubaix sera en 1911 le rendez vous des sportsmen comme des industriels. Ajoutons que depuis le 1er février un secrétariat spécial pour les fêtes sportives de l’exposition est ouvert en permanence, 11 contour Saint Martin (Grand ‘Place) à Roubaix dans un local mis gracieusement à la disposition des organisateurs par le « Nord Touriste » et « l’Automobile club du Nord ».
Dimanche 5 février : le 101ème tirage de l’emprunt de 1860 pour la canalisation des Eaux de la Lys a eu lieu mercredi matin, dans une des salles de l’Hôtel de ville de Roubaix. 813 numéros ont été extraits de la roue. Le numéro 19254 est remboursable à 5 000 francs ; les numéros 17 678 et 22 965 sont remboursables à 1 000 francs. 50 numéros sont remboursables à 100fr. et 760 numéros sont remboursables à 50 Fr. (L’Indicateur de Tourcoing).
 
Mardi 7 février : l’Exposition internationale du Nord de la France – Roubaix 1911. Les attractions à Barbieux. Il demeure entendu que l’exposition de Roubaix s’affirmera surtout par une grandiose manifestation du travail donnant la reconstitution vécue, animée, des multiples opérations caractérisant l’industrie du Nord tout entière. D’autre part, sa section coloniale, extrêmement brillante, comportant sept palais autonomes consacrés aux principales de nos colonies françaises lui imprimera des allures exotiques aussi anciennes que très inédites pour beaucoup de nos concitoyens.
Notre « worlds’fair » aura aussi l’heure de présenter aux roubaisiens et à leurs innombrables visiteurs, un parc d’attraction unique, extrêmement varié, aux dispositions évitant pour la plupart la décevante impression du « déjà vu » ! le côté divertissement ne présente-t-il pas une énorme importance en toute exposition ?
A cet égard, voici un très bref aperçu des numéros sensationnels, qui feront la joie des petits comme de leurs ainés d’ailleurs, d’ici quelques mois : tout d’abord, un « scenic railway » ou chemin de fer établi dans un paysage féérique rappelant les plus beaux sites de la libre Helvétie. Ses nombreux wagonnets glisseront sans bruit à travers les rochers grandioses, les grottes fantastiques et sur un parcours qui ne sera pas inférieur à 900 mètres, franchissant fréquemment les capricieux méandres d’une rivière mystérieuse. Son tracé ingénieusement imaginé constitue un triple « huit » donnant au visiteur l’impression d’un interminable parcours. Puis, un tanagra, le dernier cri en théâtre miniature, donnant l’impression fort exacte d’une véritable scène avec son orchestre et ses chœurs. De merveilleuses fééries y dérouleront leurs splendeurs.
Les attractions qui suivent : « Roue joyeuse » (très améliorée), « Moulin fantastique », « Pont du diable », « Cour diabolique », « caverne des sorcières », « Maison hantée », caractériseront suffisamment la note fournie par ces jeux bizarres, on se retrouve si complètement l’humour américain.
A citer également le Palais des illusions, un bowling qui fera sensation dans la tenue promise des « bouleurs », un tir mécanique à la carabine sur objectifs mobiles. Aussi un paquebot géant avec roulis, tangage et mal de mer «ad libitum » !
Le trappeur, le zig zag , le taquin, un musée d’art vivant, le plongeur qui est une variante du jeu de massacre appelé à un succès de fou rire, le petit Monaco, les billards japonais. A tout ceci viendront encore s’ajouter des attractions d’outre Atlantique que, dont les noms inédits m’échappent. Cet envahissement de cet américanisme le plus échevelé autant que multiforme, formera un contraste piquant avec les allures sérieuses, le caractère pratique nettement industriel et commercial de la plupart des sections de l’exposition. H. V……
 
(Le Journal de Roubaix).
 
 
Vendredi 10 février : Les étrangers à Roubaix : Combien Roubaix, avec ses 121000 habitants possède-t-elle d’étrangers ?
Nous serons fixés dans quelques mois à ce sujet, lorsque le classement du recensement quinquennal sera terminé. Mais nous pouvons, maintenait, donner les chiffres d’une statistique qui vient d’être dressée par le bureau de la population. Ce travail accuse 62912 étrangers. A première vue ce total peut paraître exagéré, mais il convient de faire observer que la statistique englobe non seulement les étrangers domiciliés à Roubaix, un grand nombre d’ouvriers belges qui arrivent à Roubaix le lundi matin, s’en retournent chez eux le samedi soir, constituent une population flottante, et ne sont pas compris dans le total de 121000 habitants, chiffre de la population de Roubaix, lors du recensement de 1906.
Ceci dit, examinons la statistique, elle donnera les chiffres suivants par nationalité :
Allemands : 678, Américains : 24, Anglais : 187, Autrichiens et Hongrois : 104 ; Belges : 60 932, danois : 6, Espagnols : 106, Grecs : 2, Hollandais : 320, Italiens : 296, Luxembourgeois : 41, Norvégiens : 18, Portugais : 2, Russes : 54, Suédois : 20, Suisses : 108, Turcs : 21, divers : 1.
Les Allemandes sont au nombre de 218 et les Luxembourgeoises 22- la plupart de ces femmes sont gouvernantes, institutrices. Les Anglais sont 82, presque tous dans le commerce et l’industrie, les Anglaises 80, les filles d’Albion fournissent, elles aussi, un lot d’institutrices. Les Belges se rencontrent dans toutes les professions ; la majorité hommes, femmes et jeunes gens est occupée dans les usines de la ville.
 
(Le Journal de Roubaix).
 
 
Lundi 20 février : Une fillette abandonnée : samedi soir, vers 9 heures, une dame passant boulevard Gambetta, rencontra une fillette en pleurs. Elle l’interrogeât et voulut connaître ce qui motivait son désespoir. L’histoire de cette jeune fille est brève, mais navrante. La fillette, Valentine Salembier, âgée de 14 ans et demi, habitait avec sa mère, qui vit séparée de son mari, dans un logement de la rue Jules Deregnaucourt. Vendredi soir, l’enfant qui travaillait en fabrique, touchait son salaire hebdomadaire, qu’elle remettait intégralement à sa maman. Celle-ci qui s’adonne à l’intempérance, dit à sa fille : « demain, nous allons déménager, je suis en quête d’un nouveau logement, attend-moi à la porte de la fabrique où je viendrai te chercher, ne sachant pas encore où nous allons habiter ». Durant trois heures, la fillette attendit, sa mère fut inexacte au rendez-vous. Justement émue, la femme qui avait provoquée cette déclaration ne pouvant par sa situation venir en aide à la petite abandonnée, la conduisit au poste de police, où on lui remit un billet de logement. Dimanche matin, des agents de la sûreté firent des recherches dans les fiches des garnis mais ne trouvèrent point trace de la personne recherchée.
Quand à l’enfant, elle a été recueillie provisoirement par une dame charitable de la rue de la Fosse aux Chênes.
 
(Le Journal de Roubaix- 1911).
 
 
Vendredi 24 février : La mendiante, voleuse de parapluies. Les recherches faites pour retrouver Laurence M, la petite voleuse de parapluies de la rue des Longues haies ont abouti. Laurence et sa petite sœur Henriette, que l’ainée avait emmenée avec elle, ont été retrouvées par le père des disparues. Toutes deux depuis leurs départs, soit depuis dimanche, ont erré à Tourcoing et Mouscron, vivant de mendicité. Conduite par son père devant Monsieur Delteil, Commissaire de Police du 2ème arrondissement, Laurence M. a reconnu avoir volé un certain nombre de parapluies qu’elle revendait de 50 centimes à 1, 25 franc. C’est pour ce dernier prix que la petite mendiante vendit un parapluie de 24 francs presque à l’état neuf, qu’elle avait dérobé dans le couloir d’une maison. Laurence M. a fourni à Monsieur Delteil les adresses de plusieurs personnes à qui elle avait ainsi vendu les parapluies- huit de ces objets ont pu être retrouvés. Avec les cinq restitués par des personnes qui se sont adressées spontanément à la police e, apprenant les vols de parapluies commis par la petite mendiante, treize objets ont été retrouvés, deux ont été remis à leur propriétaire.
Monsieur Delteil prie les personnes qui auraient été victimes des agissements de la petite mendiante voleuse de s’adresse au Poste de police de la rue des Arts. Laurence M. a été laissée en liberté, étant donné son jeune âge et confiée à son père.
 
(Le Journal de Roubaix-1911).
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