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de Roubaix
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La presse de septembre

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EPHEMERIDES ROUBAISIENNES 1911

 

Vendredi 1er septembre : «  la révolte en jupons contre la cherté des vivres. » à Roubaix. On commence  à manifester – 3000 femmes tiennent des réunions- elles iront démarcher à la mairie. Répondant à l’appel d’un groupe de ménagère, plus de 3000 ménagères vinrent jeudi soir, dans les salles de la Coopérative ouvrière « La Paix », boulevard de Belfort, entendre Monsieur Jean Baptiste Lebas, conseiller général et conseiller municipal socialiste,  Ad. Debaisieux, conseiller municipal, qui parlèrent longuement de l’augmentation du prix de la vie. D’après Monsieur Lebas et Debaisieux, il y a deux grands moyens de mettre fin à cette lamentable situation :

-          Abolition des droits de douane sur les denrées importées,

-          Application sévère de l’article 420 du code pénal qui vise les spéculations sur les denrées de premières nécessités.

…  les orateurs donnèrent rendez-vous à toutes les ouvrières pour dimanche à 10 h du matin. Accompagnées de leurs enfants, les ménagères se formeront en cortège sur le boulevard de Belfort et se rendront à la Mairie pour faire part aux membres de l’Administration municipale de leur lamentable situation. Les réunions prirent fin à 9 h ½. (L’Avenir de Roubaix-Tourcoing-1911).

Samedi 2 septembre : le prix actuel des denrées. Voici un tableau des augmentations des denrées de Roubaix. Le beurre qui se payait jadis 1,65 FR la livre coûte maintenant 2,10 FR ; la livre de café est montée à 2,40 FR ; le kilo de  sucre est monté de 70 à 90  ; la chicorée se vendait 45  le paquet de 250 grammes ; le même paquet vaut maintenant 0,70 ; le lait est passé de 0,20 à 0,30 le litre ; le savon noir de 0,35 à 0,50 Fr le kilo ; la viande se paye normalement 1,75 Fr la livre au lieu de 1,40 Fr … on se rend compte que le prix de la vie devient de plus en plus élevé à Roubaix. (L’Avenir de Roubaix-Tourcoing-1911).

 

Dimanche 3 septembre : Une manifestation aux Halles Centrales- Fuite des marchands de beurre.

Samedi vers 8 heures du matin, plus de 300 femmes se sont réunies dans les Halles Centrales avec la ferme intention de ne pas acheter de beurre valant plus de 30 sous la livre. Quelques marchands vendirent leur denrée au prix demandé, mais les autres se sauvèrent avec leurs mottes de beurre et leurs paniers d’œufs, poursuivis par les huées des manifestants. La présidente du groupe des protestataires entra dans un magasin de la rue jeanne d’Arc pour demander du beurre à 30 sous. Le patron lui en présenta à ce prix. Elle en porta un morceau à sa bouche et le retiré immédiatement, en s’écriant d’un air furieux : « Yn’ vo rin tin bur ! » c’est le seul incident de la matinée et il faut reconnaître que si la manifestation fut toute pacifique, c’est grâce à la présence des forces policières placées sous les ordres de Monsieur Dequêne, Commissaire de Police, Chef de la Sûreté. (L’Avenir de Roubaix-Tourcoing- 1911).

 

Lundi 4 septembre : A Roubaix, 10 000 ménagères ont manifesté pacifiquement. La manifestation organisée par un groupe de ménagères de Roubaix pour protester contre la constante augmentation des denrées alimentaires, a eu lieu hier matin- elle fut toute pacifique. A 10 h ½, lorsque le cortège se met en route, le boulevard de Belfort est noir de monde dans toutes les rues qui conduisent à la mairie, la circulation est impossible, les tramways sont bloqués. Précédé des conseillers municipaux socialistes, d’une brigade d’agents et de porteurs de pancartes, ainsi libellées : « A bas les affameurs !  » «  A bas les spéculateurs ! » «  Nous voulons les denrées à meilleur marché ! «  le cortège, qui en arrivant sur la Grand’Place comptera plus de 10 000 personnes, passe par les rues Pierre de Roubaix, les Longues Haies, de Lannoy, la place de la Liberté et la Grande rue. Partout sur la route des manifestants sont l’objet de chaudes manifestations.

A l’Hôtel de Ville …  Tandis que la foule chante « L’internationale » et « Lorsque le pain manquera, on frappera dans le tas », une délégation de 8 femmes entra dans l’Hôtel de Ville  et gagne la salle Pierre de Roubaix. Monsieur Motte y attendait les ménagères, ayant à ses côtés les adjoints et plusieurs conseillers municipaux. Au nom des protestataires, une des dames de la délégation expose les doléances de celles-ci. Elles formulent ainsi leurs désidératas : « Nous prions le Gouvernement de prendre les mesures suivantes : suppression des droits de douane sur le blé, le bétail, le beurre, le café et sur toutes les denrées alimentaires, application de la loi qui punit les spéculateurs. « A l’administration municipale nous demandons qu’elle veuille convoquer les marchands en gros et en détail, pour que les ménagères puissent obtenir d’eux les réductions de prix réclamés ». Dans de nombreuses communes du Nord, les ménagères et marchands se sont mis d’accord sur les prix réduits ». «  Nous croyons que la même chose est possible ici ». «  Il faudrait avoir un cœur de pierre, dit le Maire, au début de sa réponse, pour ne pas s’intéresser à votre triste situation ; nous serons vos interprètes, Monsieur Lebas et moi au Conseil général. Nous applaudirons au succès qui pourra être remporté par nos députés, car nous voulons qu’en République la valeur d’une pièce de 5 francs soit de cent sous. »

Monsieur le Maire trouve que les ménagères sont modestes dans leurs revendications des droits sur les charbons étrangers, sur le pétrole et de l’admission en France des viandes frigorifiées venant d’Australie, de la Nouvelle Zélande et de la république d’Argentine. «  Le syndicat de la boucherie et de la charcuterie, poursuit Monsieur Motte, a déjà signalé au Parlement la gravité de la situation, mais la Chambre ultra protectionniste, fait la sourde oreille et le mieux serait de tenter d’obtenir quelques diminutions plutôt que de demander d’un seul coup la suppression des droits de douane ».

Monsieur Lebas, conseiller municipal, trouve qu’il serait sage d’appeler l’attention du législateur sur les spéculateurs ».

Monsieur Motte annonce à la délégation des ménagères que l’administration municipale va convoquer à la Mairie, les Chambres Syndicale des bouchers, des marchands de beurre, de légumes, de pommes de terre pour tâcher d’obtenir une diminution des prix des denrées de première nécessité. Sur ces mots, l’entrevue prend fin.

La sortie : au moment où, sortant de la Mairie, la délégation arrive sur le perron en compagnie du Maire, des adjoints et des conseillers municipaux, la Grand’Place est noire de monde. La foule se disperse assez rapidement sous l’œil bienveillant des agents et des gendarmes. (L’Avenir de Roubaix-Tourcoing- 1911).

Vendredi 8 septembre : A Roubaix, on manifeste toujours au Cul de Four, Aux Halles centrales, les ménagères font payer cher à une marchande son intempérance de langage. Jeudi matin, le tumulte a recommencé de plus belle devant la demeure du marchand de pommes de terre en gros de la rue Daubenton. Le malheureux qui a eu, avant-hier soir, ses magasins pillés, son camion incendié, n’est plus sorti de chez lui et sa porte est gardée par des gendarmes et des agents. L’animosité contre ce marchand est si grande que la populace de ce quartier ne parle rien moins que d’aller mettre le feu aux immeubles qu’il possède sur Wattrelos. De ce côté aussi, la gendarmerie fait bonne garde

Une véritable émeute dans le quartier du Cul de Four- Pillage de tous les magasins- une arrestation- Arrivée de la troupe. Jeudi dès la tombée de la nuit, une nouvelle et violente  émeute a éclaté dans le quartier du Cul de Four, en rumeur depuis 2 jours. Malgré la présence d’importantes forces policières et de 14 gendarmes à cheval, les manifestations divisées en plusieurs groupes, parcoururent les rues de Tourcoing et de la Vigne, de Flandre, des récollets, brisant les vitrines, enfonçant les portes et pillant les boutiques des bouchers et des marchands de beurre. Gendarmes et agents font des prodiges, ils sont frappés, insultés, hués, lapidés à coups de pierre. … A 10 h du soir, alors que la situation est jugée par tous très grave, des cavaliers du 1er chasseur à cheval arrivent au grand galop et font dans toutes les directions de vigoureuses charges- la foule se retire en poussant de formidables clameurs et va se reformer dans les rues voisines. Mr Faudot, Commissaire spécial, est sur les lieux avec Monsieur Marrion, Commissaire central.

Arrivée de soldats : jeudi après midi en plus de 22 nouveaux gendarmes, il est arrivé à Roubaix un escadron du 1er régiment de chasseurs à cheval de Châteaudun. Ces soldats sont cantonnés dans une ancienne usine de la rue de l’Industrie. (L’Avenir de Roubaix-Tourcoing- 1911).

Samedi 9 septembre : La vie chère à Roubaix. Une soirée révolutionnaire- les émeutiers maître d’une partie de la ville- on élève des barricades- charge de cavalerie- nombreux gendarmes, soldats et manifestants blessés – 10 arrestations. Les importantes mesures prises par les autorités ne devraient pas être inutiles, car dès la sortie des usines, alors que les magasins et les cabarets fermaient en toute hâte, des bandes de manifestants se répandaient dans tous les quartiers chantant des refrains révolutionnaires et lançant des projectiles de toutes sortes contre les maisons des bouchers, des marchands de beurre et de légumes, brisant ainsi un nombre considérable de vitres. A 8 h ½ du soir, 1200 manifestants arrivant  par petits paquets, viennent à l’angle des rues saint Georges et de Lannoy, avec l’intention de piller les magasins d’un gros négociant en beurre. Monsieur Faisan, Commissaire de police, fait charger sabre au clair, les émeutiers résistent un instant au choc et un terrible corps à corps se produit ; Monsieur faisan reçoit une brique sur la tête et une autre dans le cou. Deux chasseurs tombant sur le sol, assommés à coups de bâtons, un cheval reçoit un coup de couteau dans le poitrail. Bien qu’inférieurs en nombre, les agents et les soldats parviennent à devenir les maîtres de la situation et à capturer cinq malandrins.

Pendant ce temps, se servant des madriers d’une maison en construction, d’autres manifestants élevaient des barricades à l’intersection du boulevard de Belfort et de la rue Sainte Elisabeth. Enlever ces barricades ne fut pas chose facile, car de la rue comme des fenêtres de maisons, briques et tessons de bouteille pleuvaient sur les soldats et les gendarmes qui, pour la seconde fois, chargèrent sabre au clair, blessant un grand nombre de manifestants dont un qui a été emporté sur une chaise, serait, parait-il, dans un état très grave. Apres 20 minutes d’une lutte acharnée, les émeutiers s’enfuirent- un officier de cavalerie et plusieurs gendarmes furent blessés, ils reçurent à la mairie les soins d’un major du 43ème. (L’Avenir de Roubaix-Tourcoing- 1911).

 

Dimanche 10 septembre : la fin de la manifestation de vendredi soir- feux de joie- outrages à l’armée et aux gendarmes- le bilan  d’une nuit d’émeute. Vendredi, vers 11 h ¼ du soir, alors que les manifestants du Cul de Four, balayés par les charges successives des cavaliers, se sauvaient par la rue de Tourcoing, brisant au passage une colonne de réverbère qui en tombant, blessa au bras un gendarme, des habitants de la rue des Longues Haies allumaient des feux de joie et dansaient autour en chantant des refrains révolutionnaires.  Deux brigades d’agents dispersèrent les manifestants et un quart d’heure plus tard, la quartier avait reçu son aspect accoutumé. A 1 heure du matin, une patrouille de gendarmes et de chasseurs passait dans le quartier Sainte Elisabeth, a arrêté trois individus qui poussaient les cris de : « A bas ‘armée » et « Mort aux gendarmes » ! ils ont été écroués au poste de police du 3ème arrondissement. Le bilan au point de vue des blessés se récapitule ainsi : Monsieur Faisan, Commissaire de Police, blessures à la tête et deux chasseurs blessés, rue de Lannoy, un officier de chasseur et un gendarme du Finistère, blessé à l’assaut des barricades du boulevard de Belfort, un gendarme blessé par la chute d’un réverbère rue de Tourcoing, plusieurs agents blessés au cours de multiples charges.

Le conseil municipal adresse un vœu au Gouvernement demandant diverses mesures douanières.

Vendredi soir, en fin de séance et sur la proposition de Monsieur le Maire, le conseil municipal de Roubaix a à l’unanimité , adopté l vœu suivant : «  en raison, de la cherté de la vie qui frappe toute la population et de l’avenir sombre du prochain hiver, le conseil municipal de Roubaix demande au Gouvernement de supprimer le véto douanier sur les viandes frigorifiées et de ne les frapper que d’un droit de douane raisonnable, d’autoriser l’entrée en France des porcs vivants de provenance de Belgique et de la Hollande, d’admettre en franchise les chevaux destinés à l’alimentation, de créer à Dunkerque un entrepôt pour les viandes frigorifiées et de diminuer provisoirement les droits d’entrée sur les denrées alimentaires sur la viande fraîche et le bétail vivant en affranchissant l’importateur de l’obligation de l’adhérence des viscères. (L’Avenir de Roubaix-Tourcoing-1911).

 

Mardi 12 septembre : A Roubaix, le calme après la tempête ! Après les émeutes de jeudi, vendredi et samedi aucun accident ne s’est produit dans la soirée et dans la nuit de dimanche à lundi, si bien qu’à minuit toutes les troupes étaient rentrées dans leur casernement. Vers 10 heures du soir, une section du 43ème, sous les ordres du lieutenant Hanston passait rue de Lannoy, à hauteur de la rue des Longues Haies, deux individus se mettent à hurler « A bas l’armée, vive le 17ème, la crosse en l’air ». Ils sont immédiatement arrêtés par les troupiers et conduits à la Mairie. Ils seront poursuivis pour outrage à l’armée et excitation de soldats à l’indiscipline. Le principal auteur du pillage de la vitrine de la « Maison Bleue » rue de l’Ommelet a été arrêté au saut du lit, par le sous brigadier Chantraine et 5 agents de la Sûreté. L’avant dernière nuit du détachement de 60 gendarmes est arrivé à Roubaix pour renforcer le service d’ordre. Hier, vers 8 h du matin, une cinquantaine de grévistes d’Halluin sont venus, devant la gare du Nord, intimider les ouvriers partant tous les lundis les remplacer à l’usine Lepoutre. En raison de la « rassisse » de la ducasse,  aucun ouvrier ne s’est présenté pour prendre le train et les grévistes en sont pour leur déplacement. (L’Avenir de Roubaix-Tourcoing- 1911).

 

Mercredi 13 septembre : le sculpteur Hippolyte Lefebvre rempote le grand prix de l’Exposition de Turin.  Nous recevions, hier, la dépêche suivante : « Hippolyte Lefebvre, grand prix de l’exposition de Turin ! » voilà un beau et légitime succès. Notre concitoyen, le sculpteur Hippolyte Lefebvre présentait à l’exposition de Turin, ses principales œuvres. Le jury vient de reconnaître son grand talent et sa haute probité artistique. On lui doit : « Nisbé », « Le Printemps », «  les Aveugles », « Les quatre âges de la vie ». Nous sommes très heureux de pouvoir le féliciter de son nouveau succès. (L’Avenir de Roubaix-Tourcoing -1911).

 

Samedi 16 septembre : des commerçants ne tenant pas leur engagement, une protestation est lancée par le Comité des ménagères. La circulaire suivante a été distribuée hier en ville : «  Ménagères, nous apprenons que certains commerçants se refusent à vendre leurs marchandises  aux prix acceptés samedi dernier à la Mairie, lors de notre entrevue avec les représentants des différentes branches ou l’alimentation …

 

… Quant aux petits commerçants qui se plaignent des prix trop élevés que leur imposent leurs gros fournisseurs, ils n’ont qu’une chose bien simple à faire, qu’ils fassent comme ont fait les ménagères, qu’ils se réunissent et exigent à leur tour de leurs fournisseurs une diminution immédiate sur le prix de toutes leurs marchandises, là est la seule solution !. « Ménagères de Roubaix, exigez partout le tarif, la qualité et le poids ! Le Comité des ménagères (L’Avenir de Roubaix-Tourcoing- 1911).

 

Dimanche 17 septembre : La fermeture de l’Exposition. La date de fermeture officielle de l’exposition internationale du Nord de la France est fixée au 15 novembre prochain.

 

Lundi 18 septembre : exposition du peintre lillois Pharaon de Winter. Actuellement, dans le grand hall de l’Ecole nationale des Arts industriels de Roubaix, grâce à l’initiative de Monsieur Victor Champier, administrateur de l’Ecole, le public peut admirer tout à son aise l’œuvre de l’artiste lillois Pharaon de Winter. Plus de 100 toiles sont là attestant le talent de l’artiste, son originalité sobre, sa facture consciencieuse, pour nous résumer son génie. Son genre est personnel et on ne saurait dire de lui qu’il appartient à telle école plutôt qu’à  telle autre. Pourtant dans ses œuvres, empoignant le public par la sincérité, on sent, genre à part, comme passé le souffle de Van Eyck et de Memmling, Winter penche du côté de l’école flamande avec une exécution  si personnelle qu’on pourrait dire de lui qu’il a créé un genre. Sobre, sa facture évite les recherches fastidieuses, elle n’éblouit pas : elle attache par sa sincérité, sa bonhommie. Son dessin est précis, souple, donnant à la forme vraie, ce qui fait que ces portraits sont autant d’individualité, saisies, fixées que l’on peut considérer comme les types variés, mais vrais, d’une même époque, d’une même région. En étudiant l’œuvre du maître on sent que l’artiste aime son pays : cette Flandre qui le vit naître et dont il ne cesse d’interpréter avec un grand art les traits caractéristiques qui le distinguent.  (L’Avenir de Roubaix-Tourcoing-1911).

 

Jeudi 21 septembre : A Roubaix, départ des troupes. Les cinquante gendarmes qui étaient arrivés de dunkerque le 8 courant, ont regagné Cholet et les brigades du département du Maine et Loir. L’escadron du 14ème régiment de hussards d’Alençon (Orne) a quitté Roubaix mercredi à 8 heures du matin par train spécial. Le bataillon du 43ème régiment de Lille, a regagné sa garnison mercredi après-midi et les trois escadrons du 1er régiment de chasseurs à cheval se sont embarqués hier à 7 h 45 et 9 h 25 su soir à destination de Châteaudun (Eure et Loir). Il ne reste plus à Roubaix qu’une centaine de gendarmes. (L’Avenir de Roubaix-Tourcoing-1911).

 

Lundi 25 septembre : une importante ferme est détruite par un violent incendie à Roubaix. Dimanche vers 1 heure du matin, un violent incendie a réduit en cendres une grande partie de la magnifique ferme de l’Espierre située à l’extrême limite du territoire de Roubaix, vers Lys lez Lannoy. Cette ferme est actuellement exploitée par Monsieur Joseph Masurel ; le feu trouvant dans les récoltes un aliment facile, fit de rapides progrès et lorsque les pompiers arrivèrent sur les lieux, ils durent se borner à préserver l’habitation. Ils adaptèrent à une bouche d’eau de la rue de Lannoy, un tuyau de 1000 mètres de long et inondèrent le brasier qui a dévoré un bâtiment long de 50 mètres, large de 6, renfermant 300 hectolitres de blé, l’hivernage du seigle, une moissonneuse et de nombreux instruments aratoires. Les dégâts sont évalués à 20 000 francs, Monsieur Masurel croit que ce sinistre est dû  à la malveillance, c’est également l’opinion de la police. (L’Avenir de Roubaix-Tourcoing-1911).

 

Mardi 26 septembre : important cambriolage dans un tissage à Roubaix, vol de 7000 francs de laine- arrestation d’un receleur. L’avant dernière nuit, entre minuit et 6 heures du matin après avoir démastiqué un carreau d’une fenêtre donnant sur le quai de Bordeaux, des cambrioleurs s’introduisant dans un atelier du tissage G. Heindrickx et fils rue de la Vigne. Dédaignant les marchandises de qualités inférieures, les voleurs firent main basse sur 120 kg de bobine, canette et écheveaux de laine blanche, noire et jaspée de premier choix – les marchandises ayant une valeur de près de 700 francs, se trouvaient sur les métiers à tisser. Le vol fut découvert à l’arrivée des ouvriers et Monsieur Prud’homme, Commissaire de Police du 4ème arrondissement, ayant été prévenu d’urgence par le directeur du tissage, enquêta discrètement dans l’entourage des marchands de déchets dans le quartier. Les recherches ne furent pas longues, avant 8 heures du matin, le butin tout entier  était retrouvé dans les magasins de Monsieur Florin, marchand de déchets rue de la Vigne, et reconnut par le personnel du tissage Heindrincks. Monsieur Florin déclara au Commissaire de Police qu’il venait d’acheter la marchandise à un de ses confrères, le sieur Coopman de la rue Plutarque. Ce dernier ayant refusé d’indiquer la provenance de la laine vendue par lui à Monsieur Florin, a été mis en état d’arrestation. La brigade de sûreté est à la recherche des cambrioleurs. (L’Avenir de Roubaix-Tourcoing-1911).

 

Jeudi 28 septembre : l’aviateur Pourpre à Roubaix. A partir de jeudi, l’aviateur Pourpre lancera de son monoplan un stock de tickets donnant droit à des entrées à moitié prix à l’aérodrome de Roubaix. Monsieur Marc Pourpre s’est entendu avec les membres du Comité pour que le montant des entrées réduites à la Fête de l’Aviation du 1er octobre soit intégralement affecté aux familles des victimes du « Liberté ». L’aviateur a écrit à Monsieur Motte, maire de Roubaix, pour le remercier de la réception que la municipalité lui avait aménagé, ce qui lui a permis de donner un témoignage de sympathie aux personnalités anglaise du Commerce et de l’Industrie. (L’Avenir de Roubaix-Tourcoing-1911).

 

Vendredi 29 septembre : «  je déjeunais aujourd’hui continue Monsieur Vancauwenberghe, très en verve, avec Monsieur le Ministre du travail en Belgique chez Monsieur Motte, on nous servit du mouton, que nous trouvâmes excellent.

Monsieur Motte nous appris que ce mouton venait d’Australie, qu’il était congelé depuis plus de trois mois. En un temps de vie chère, ne trouvez-vous pas Messieurs, qu’il y a là une ressource de premier ordre et qu’il sied qu’on ne nous prive pas plus longtemps de cette viande éminemment comestible (Approbations)…. (L’Avenir de Roubaix-Tourcoing-1911).

 

Samedi 30 septembre : Au champ d’aviation de l’exposition de Roubaix. Au champ d’aviation de Roubaix. Dans le cas où le vent empêcherait Monsieur Marc Pourpre d’évoluer, samedi au dessus de Roubaix, on délivrera à partir de dimanche aux guichets du champ d’aviation des billets réduits à 0,25 fr pour la pelouse et à 1,50 fr pour le pesage, de manière à ce que les familles des victimes de la catastrophe de Toulon bénéficient quand même de la générosité publique . Rappelons que le montant intégral des entrées sera versé entre les mains de Monsieur le Préfet maritime de Toulon. (L’Avenir de Roubaix-Tourcoing-1911).

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