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de Roubaix
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Les Allocations Familliales

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"Au lendemain de l'armistice du 11 novembre 1918, en présence des ruines morales et physiques, matérielles et humaines, un souffle de solidarité passe sur la ville.
 
 
Le vendredi 13 juin 1919, à l'hôtel de ville, sous la présidence du maire socialiste, les délégués patronaux et ouvriers délibérèrent. D'une part, Joseph Wibaux, Eugène Mathon, Edmont Masurel, Jean Prouvost, Théodore Hannart, Edouard Rasson, Paul Motte. De l'autre, Henri Lefebvre, Emile Decock, Alphonse Verbeurght, Jules Delvainquière, Aristide Delobe.
 
 
Il s'agit de ratifier l'accord établi à Paris le 6 juin au ministère de la Reconstruction industrielle (détenu par le Roubaisien Louis Loucheur) ; le document porte sur les salaires et sur l'introduction de la semaine de 48 h en application de la loi du 23 avril 1919 instituant les trois huit (vieille revendication ouvrière réclamée par Jules Guesde, dès 1884).
 
 
Jean Lebas exprime sa joie de voir se réaliser une entente depuis longtemps désirée. Les annales enregistrent cet acte qui est "en somme la charte du travail pour notre cité industrielle". II marque "une grande date dans l'histoire de notre ville ouvrière disait la presse locale. Effectivement, c'était le premier du genre, depuis l'essai raté de 1848.
 
 
LE CONSORTIUM DE L'INDUSTRIE TEXTILE DE ROUBAIX-TOURCOING
 
 
" Au début du XXe siècle, l'industrie textile à Roubaix-Tourcoing constitue le fer de lance de l'économie. Le secteur textile est marqué par la prédominance des industries lainières et cotonnières. A la veille de la Première Guerre mondiale, environ 80 % de la population active de Roubaix est occupée par l'industrie textile. Toutefois, les conditions de vie difficiles des ouvriers rendent nécessaire l'apparition d'organisations à vocation sociale.
 
 
C'est dans cet esprit qu'est créée l'association Familia. Fondée le 15 mars 1919 par Eugène Mathon et certains industriels de Roubaix-Tourcoing qui ont compris l'impérieuse nécessité d'aider les ouvriers face à la cherté de la vie.
 
 
Cette association industrielle qui débute officiellement le 1er août 1919 a pour objet "l'étude et la réalisation des moyens de nature à parer, surtout par subvention, à l'effort personnel de l'ouvrier et au profit du personnel des associés, aux principaux aléas de l'existence des travailleurs, et à contribuer à la moralisation et à la pacification sociale par l'union du capital et du travail''.
 
 
Ce comité établit le barème des allocations familiales à payer, fixe le montant des participations patronales et statue sur les situations particulières faites aux ouvriers. Cette association pionnière dans le domaine de l'action sociale voit le nombre de ses adhérents croître. En 1919, le nombre de patrons adhérents est de 14, Le 6 avril 1920, les adhérents sont 77. C'est d'ailleurs à cette date que, la décision ayant été prise de payer les allocations familiales chez tous les adhérents des syndicats patronaux, le Consortium est définitivement constitué. Au 31 décembre 1920, le nombre d'adhérents est de 246, ils se retrouvent 388 au 30 avril 1929.
 
 
Familia disparaît le 1er avril 1920, laissant donc place au "Consortium" qui reprend la Caisse de compensation à son compte. L'industrie textile de Roubaix-Tourcoing pendant l'Entre-deux-guerres est incontestablement dominée par le Consortium. Cette organisation est présidée par Joseph Wibaux. Mais les véritables dirigeants de l'action du Consortium sont Eugène Mathon et surtout son administrateur délégué, Désiré Ley. Cet émigré d'Alsace-Lorraine est le véritable inspirateur de l'action du Consortium. Forte personnalité, il domine l'industrie textile dans les régions de Roubaix-Tourcoing, Halluin, Wervicq, Comines et même Armentières. A la mort d'Eugène Mathon en 1935, son influence se réduit considérablement.
 
 
Le Consortium est en fait une association de patrons développant une action sociale dans les milieux ouvriers. C'est également un véritable organe de résistance (1) qui permet aux patrons de résister à de nombreux conflits sociaux grâce au versement d'indemnités de grèves.
 
 
On peut estimer que c'est l'une des premières associations qui a mis en oeuvre en France un régime d'allocations familiales: C'est sans doute pour cette raison que le nombre d'adhérents se développe rapidement.
  
 
 
Source : "Roubaix" de Piat
Fonds du CAMT, Entrée 1996110 Notice historique
 
 
  1. il ne faut pas faire de confusion entre le rôle du consortium et son aspect social et le rôle de la Commission intersyndicale de l'industrie textile de Roubaix Tourcoing, chargée de régler les questions de salaires et de répondre aux revendications ouvrières
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