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La famille Motte

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LA FAMILLE MOTTE

 

Travailler chez Motte …

 

En 1950, un ensemble impressionnant d’entreprises porte ce nom, à Roubaix,  sans compter Tourcoing, Armentières, et d’autres villes du Nord.

Le Groupe Motte est constitué d'une quinzaine d'entités de toutes natures: peignage, teinturerie, filatures, que ce soit laine ou coton … ayant parfois plusieurs usines. A coté du nom "Motte" figure celui de leur associé Meillassoux, Delescluse, Lassere et Bourgeois, Legrand, Blanchot, Porisse, Lepoutre, Debonnet, Caulliez, Marquette, … Les fils d'Alfred Motte semblent présents partout. Le groupe est d'ailleurs dirigé depuis le " Bureau central des Maisons Motte ". Les journaux rapportent aussi les investissements à l'étranger

Les Etablissements Motte-Bossut, celui de la branche aînée, celle de Louis, s'impose à Roubaix par l'édifice de la filature de coton, un château de l’industrie, en bordure du boulevard Gambetta. Louis Motte Bossut a la filature de laine boulevard de Mulhouse, la manufacture de velours avenue .... Alfred Motte, le tissage de Comines, le tissage de Leers, le tissage de Vadencourt Bohéries et l’usine d’Amiens. S’y ajoutent les Ets Paul Motte et Cie et les Ets Motte Fils et Cie.

 

La vie quotidienne

 

Dans les cafés, on vous sert un demi de bière " Motte Cordonnier " (un fils de Motte Bossut); En ville, vous parcourez les rues Pierre Motte (un bienfaiteur) et Eugène Motte (ancien maire de Roubaix, fils d'Alfred) dont le monument est érigé dans le centre, près de la grande Poste. En politique, Bertrand Motte (un Motte-Bossut) est député en 1958 et son cousin Eugène Motte (un Alfred Motte), petit fils du maire, est sénateur en 1959. La Chambre de commerce, le Tribunal de Commerce et de multiples associations, organismes sociaux sont présidés par des Motte.

 

La famille Motte est ainsi ancrée dans l'esprit du roubaisien. Des générations d'ouvriers se succèdent souvent dans la même entreprise, on se marie entre ouvriers textiles, on y fait rentrer ses enfants. Les murs sont couverts de publicité pour les pelotes de laines, les chaussettes, les couvertures, les tissus et l’article de Roubaix. On est fier de faire partie de l’équipes de football de l'entreprise ... Tout cela semble immuable : malgré les guerres, les crises et les générations de patrons, dont seuls changent les prénoms, et encore pas toujours : Monsieur Eugène, Monsieur Pierre ...

 

 

La presse en demande

 

Cette mythologie des "riches filateurs du Nord" est une aubaine pour les journaux : tout est si spectaculaire et, pour eux, " féodal "!. On aime citer Roubaix, ville dédiée au textile, ses cheminées qui fument et sa famille "règnante", la famille Motte avec ses milliers de membres, inévitablement riches. Le mythe est là.

En réalité, ces usines ne sont pas immenses, quelques centaines d'ouvriers, mais elles sont très nombreuses et physiquement très visibles avec leurs murs de briques le long des rues, en pleine ville. La filature de coton Motte Bossut, cette "usine château", sa tour et ses créneaux, son style féodal, qui domine le centre de Roubaix, n'a jamais dépassé 1.000 ouvriers.

 

D’une manière générale, cette région forte de Lille-Roubaix-Tourcoing attire les journalistes et les reportages, ainsi le mensuel Réalités sous le titre :                               

 

Parmi les quatre mille cinq cents MOTTE...

" Voici M. Eugène Motte (à droite), photographié en 1949 devant le portrait de son grand-père, dans l'usine de Roubaix, et voici (à gauche) son grand-père, M. Eugène Motte, photographié en 1900 dans la même usine, devant le même bureau directorial, le même téléphone et la même chaise, et devant le portrait de son père. Et voici la laine, peignée dans cette usine de Roubaix, la laine qui est leur raison d'être, leur tradition, la vie même de toute une dynastie de Motte, née en 1750".

 

Ces grandes familles du Nord

 

Il est certain que le succès des entreprises du Nord a été facilité par l’existence de familles aux liens denses et ... parfois inextricables. Il est plus efficace d'être soutenu par des oncles, des frères, des cousins installés quand il s’agit de se former, de se faire financer ou "dépanner" en cas de coup dur.

Entre 1800 et 1950, des familles de plus en plus liées entre elles et de plus en plus nombreuses vont constituer ces "Grandes Familles du Nord" où chacun sera plus ou moins parent avec tout le monde et qui de l’extérieur forme un phénomène saisissant et mystère complet.

Le faire part de décès de Madame Joseph POLLET, née Marie MOTTE, dernière fille du grand MOTTE-BOSSUT, illustre ces situations typiques du Nord. Décédée en novembre 1941 âgée de 85 ans, elle a épousé Joseph POLLET mais n'a pas eu d'enfants. Ce sont

donc toutes les générations des soeurs, neveux et nièces qui feront part du décès avec un faire part qu’elle a préparé elle même. Voici la famille !

2 soeurs et belles-soeurs, 64 neveux et nièces, 363 petits-neveux et petites-nièces

691 arrière-petits-neveux et arrière-petites-nièces, 178 bis arrière-petits-neveux et bis arrière-petites-filles, 4 tris arrière-petits neveux

Les six générations portées sur le faire-part rassemblent 1.302 personnes de la même famille, en ne comptant que les vivants ! Les tris arrière-petits neveux qui sont cités sont de la génération d’un petit fils de votre fils!

La "tante POLLET", très proche des siens, tenait la comptabilité de ses neveux, nièces et descendance. Encore ne s'est-elle pas limitée à sa famille ! Elle se dépensera pour les hospices de Roubaix, pour la Croix Rouge, avec une énergie digne des femmes de sa génération.

Les liens dans le Nord ne sont pas tous aussi spectaculaires. On ne trouve pas à toutes les générations une parente capable de rassembler autour d'elle 1.302 sœurs, neveux, ... Il faut rappeler que la descendance du seul ménage MOTTE-CLARISSE (1750-1822), 170 ans après, s'élève à 8.344 individus recensés, dont il faut retrancher 1.869 unions consanguines. Ce qui reste représente quand même près de 6.500 unités ! Ceci Selon l'analyse de la descendance de ce foyer effectuée par Gaston MOTTE MULLIEZ en 1952.

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par Danièle Kempnich-Letocha le 20/01/2017
Cette chronique ne parle pas des usines de textile de la famille Motte en Amérique du nord, particulièrement à Saint-Jean d'Iberville (aujourd'hui Saint-Jean-sur-Richelieu), au Québec, ainsi qu'en Caroline du sud, aux États-Unis. Or, les Motte ont établi trois usines à Saint-Jean dans l'entre-deux-guerres: une filature, une teinturerie et un atelier de tissage. En 1939, ces usines ont été réquisitionnées par le Gouvernement canadien pour contribuer à l'effort de guerre en fabricant les tissus des uniformes de certaines armées alliées. Après la guerre, en 1945, mon père Jean Kempnich entra à la Franco-Canadian Dyers Limited (les usines Motte) comme ingénieur en chef. Il y développa avec d'autres les premiers tissus synthétiques de «nylon». Deux événements me restent en mémoire. D'abord, la visite de M. Yves Motte à Saint-Jean vers 1952-53 lors d'une crise ouvrière majeure. Je pourrais vous en faire le récit si cela vous intéresse. D'autre part, les fréquents repas chez nous où mes parents invitaient des cadres des usines Motte d'Europe de l'est désormais reprises par les gouvernements communistes. Or, on disait que les Motte ne licenciaient jamais un employé qui a bien servi la maison. On avait donc envoyé ces gens dans une petite ville triste du Québec où ils n'avaient de fonctions particulières mais continuaient à recevoir un salaire. Ils ne parlaient que de la guerre et moi qui suis née en 1944, j'avais l'impression qu'elle n'était pas terminée. Ces usines ont fermé vers 1955 parce que les Britanniques voulaient reprendre toute l'industrie textile du Canada. Par des taxes et des règlements abusifs, ils ont poussé le consortium français et d'autres à partir. Voici ma question: Lors de ce que les Français appellent l'«armistice» et qui pour notre gouvernement était une défaite et une soumission de l'appareil industriel allemand, qu'est-il arrivé à la propriété et à la direction des usines St. John's Textile et Franco-Canadian Dyers de Saint-Jean, au Québec? Ont-elles été nationalisées pour la durées de la guerre? Malgré des recherches assez étendues, je ne trouve pas mention de cette question. Pouvez-vous m'éclairer s'il vous plaît? Danièle Kempnich-Letocha, Montréal
par DELESCLUSE Christian le 26/10/2016
Bonjour, J'ai en ma possession des lettres du 11/01/1914 au 27/01/1916,écrites par Mme Marie Debuigne à son fiancé Joseph je suppose Pollet,si vous avez des connaissances de descendants afin de pouvoir rendre ces lettres sur une partie de l'histoire de la guerre 14 18 dans le Nord et à Roubaix.7 Cordialement