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Réunion de famille chez G. Motte

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REUNIONS DE FAMILLE

 

A cette époque, et suivant en cela la tradition de Bonne-maman, nos parents et nos oncles et tantes se recevaient deux fois par semaine; le mercredi et le dimanche.

A ces réceptions étaient conviés : le mercredi, les enfants rentrés de pension ; le dimanche, ceux ayant fait leur première communion (alors : 11 ans).

Pour le "grand dimanche" (un dimanche sur deux) les Armentiérois viennent, ou (quand leur tour arrive) nous allons chez eux. 

Ce dimanche-là, où nous sommes à effectif complet, c'est chez tante Léon, où nous sommes toujours quelque peu impressionnés par la mise en scène de ce froid vestibule de marbre, de ces larges pièces de réception aux admirables peintures de faux thuya où les grandes vitrines étalent les porcelaines précieuses du service du Régent - ou de Buffon, qu'on sortira dans les grandes occasions.

Mais à table, il semble aujourd'hui que, si la loi de suggestion devait jouer, l’appétit de l'oncle Joseph Pollet, pourrait mettre en péril le ravitaillement des bouts de table. Ceux-ci échangent des regards furtifs...

Le dîner n'en sera pas moins gai ni les conversations moins animées. Débutant vers une heure et quart, il dure jusqu'à trois heures, et c'est souvent le dernier morceau en bouche que nous devons nous sauver pour assister aux vêpres au Collège (funèbre invention). Aujourd'hui heureusement c'est vacances de Pâques, et le rite complet du dimanche se déroulera en notre présence.

La distraction de l'après-midi (j'allais dire l'exercice de digestion) consistera en une promenade au boulevard où l'effectif de la famille se développera sur une quinzaine de mètres. En tête il y aura aujourd'hui la grande attraction : les fiancés du moment : Jean Lestienne et Mimi (Naturellement M. Lestienne est en chapeau haut de forme). Puis, tenant les fiancés sous leur regard, le corps noble des parents, oncles et tantes.

Derrière eux, dans un sentiment de relative liberté, les deux générations de jeunes, ce qu'on est convenu d'appeler les grands et les petits. Et c'est ainsi que sous les fenêtres du boulevard de Paris où la moitié de Roubaix regardera défiler l'autre moitié, s'acheminera vers le Parc Barbieux, en notant au passage, à l'intention des Armentiérois, les nouvelles demeures édifiées par Bouvy depuis l’an dernier.

Cependant que l'Oncle Édouard, trottant le long de la colonne comme un chien de berger, cherchera à fixer, par la photographie, pour la postérité, l'effectif de la famille du type 1898....

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