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Marie-Rose et Jean Ducatez

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 LES ARCHIVES DES Ets MATHON ET DUBRULLE

Jean Ducatez est natif de l’Artois, son père est mineur, lui-même devient douanier. Nommé à Tourcoing, il rencontre son épouse en 1955. Elle est employée au bureau du piqurage des Ets Mathon et Dubrulle depuis 1948 à 14 ans. Sa mère était ouvrière dans cet atelier, sa grand-mère y avait été tisserande et son grand-père travaillait aux apprêts. " Je ne pouvais que suivre la lignée " dit-elle. Devenue dactylo puis mécanographe, elle arrive bientôt dans les " grands bureaux ", elle est secrétaire et côtoie Messieurs Dubrulle, Rasson et la fille d’Eugène Mathon, Madame Eugène Rasson.

De son coté, Jean Ducatez est en poste à la frontière belge, à la Martinoire, La Marlière, au Mont à Leux. Il doit s’initier au textile. Il convient de distinguer les matières synthétiques, la laine lavée, carbonisée… il est aidé par son épouse et vient de nombreuses fois à l’usine Mathon. Ils y sont attachés.

Au début des années 60, la firme Mathon et Dubrulle va être, sous le nom d’Utinor, au cœur d’un regroupement comprenant les Ets Paul et Charles Toulemonde et la SA Tissus et Nouveautés et la Société Anonyme de Roncq dont la maison mère est Motte et Cie ( Joseph, Alphonse et Antoine Motte). Cette concentration ne donne pas de résultat devant la crise montante, plus favorable aux structures réactives et flexibles. La décision d’arrêter l’activité est donc prise entre les associés. La meilleur part du personnel est reprise par les établissements Ternynck Frères et la décision est prise de livrer l’usine à la démolition.

C’est le moment ou le destin va s’accélérer.

Nous sommes en 1972 et Marie Rose Ducatez fait partie du groupe des 6 personnes restantes. Il faut emporter tout ce qui reste. "  Nous sommes arrivés à la salle des coffres, il y avait des papiers personnels, des souvenirs de la guerre 14-18, des effets personnels d’Auger Dubrulle, une trentaine de plaques de verre photographiques de l’entreprise utilisées pour une plaquette des années 30, quelques courriers d’Eugène Mathon … " Qu’en faire ?

Le fils de Maurice Dubrulle, appelé, leur dit de débarrasser tous ces objets mis de coté par son père et le fondé de pouvoir de l’entreprise, connaissant la passion de Jean Ducatez pour cette période, l’autorise à tout ramener chez lui...

De ce moment les époux ne cesseront pas d’enrichir ce fonds constitué d’objets relatifs à la guerre 14, faite par Auger Dubrulle et le Capitaine de Gaulle, ainsi qu’à la firme Mathon et Dubrulle.

Marie Rose Ducatez poursuit sa carrière aux Ets Ternynck Frères. Elle connaît beaucoup de choses et s’occupe du courrier, telex, facturation, comptabilité avec la confiance de tous. Elle quitte l’entreprise en 1989. Pour elle, ces 41 ans de travail l’ont été dans une seule firme. Avec son mari ils vont partir s’installer dans le midi à Six Fours.

Que faire des archives ? Pour la trentaine de plaques de verre photographiques de l’entreprise Mathon et Dubrulle des années 30, Jean Ducatez va les proposer au musée de Tourcoing et sa conservatrice, Madame Coppin, va les reproduire, en vue de faire une future exposition. Lors de leur déménagement, ne pouvant stocker de tels objets, Jean Ducatez les donne à un brocanteur de Tourcoing, José Escarti, ou elles disparaissent.

Les recherches vont se poursuivre

Les autres archives " papiers " vont accompagner les époux Ducatez dans le Midi ou leurs recherches vont se poursuivre : étude de la période de la guerre 14 ou le Lieutenant Dubrulle et le Capitaine de Gaulle, sont compagnons de tranchées, particulièrement cette journée du 2 mars 1916 ou ils tomberont cote à cote; Auger Dubrulle tué et Charles de Gaulle blessé d’un coup de baionnette, prisonnier durant de longues années. S’y ajoutent d’autres sujets d’intérêt comme l’histoire des autres enfants Dubrulle tués à la guerre dont Jean (le stade Jean Dubrulle), le Patois, … Les Ducatez opèrent le classement des papiers d’entreprise et entretiennent un réseau d’information avec tous leurs anciens amis et collègues.

Actuellement, nos amis veulent que leurs travaux soient utiles à qui de droit : c’est le sens de leur dépôt au Commandant du porte avions Charles de Gaulle et celui qu’ils m’ont fait au titre de l’entreprise ou Marie Rose a fait toute sa carrière.

Auger Dubrulle dont le Général de Gaulle parle dans ses écrits...

Je sens aussi qu’ils aimeraient qu’un travail d’historien soit réalisé sur la personnalité d’Auger Dubrulle, décédé à Douaumont à 23 ans au coté du Général de Gaulle, qui en parle dans ses écrits. Toute sa correspondance est conservée, un gros travail a été fait dans les archives du 33ème RI et les récits des combattants de l’époque, elles pourrait permettre de remettre à la lumière une époque dramatique de notre histoire. Si un jeune étudiant en histoire veut s’y livrer, il aura de la matière et de la satisfaction.

Ce texte a été mis en forme par Stéphane Mathon à partir des courriers et discussions avec Marie Rose et Jean Ducatez ainsi que des documents qu’ils ont communiqués. Ce n’est qu’un modeste hommage à leur qualité de femme et d’homme de mémoire, à tous deux : merci !

 

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