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Bières et brasseurs

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Edmond DERREUMAUX

Président de la Société d’Emulation de Roubaix

Bulletin de la Société d’Emulation de Roubaix n° 1 – Mars 1993

 

Selon les écrivains romains, c’était la boisson favorite des barbares qui envahirent l’Empire au début de notre ère.

 

Les archives du moyen-âge foisonnent de lois, coutumes, chartes et autres documents officiels qui relatent les règlements administratifs concernant la fabrication et la commercialisation de la bière. La corporation des brasseurs jouissait dans toutes les cités flamandes d’une réputation considérable.

 

Bien qu’elle ait eu à lutter contre l’influence du vin dont nos aïeux faisaient une consommation importante même dans nos régions, la bière tenait tête ardemment à la concurrence ; elle coulait à flots dans toutes les cérémonies, à toutes les occasions. Le roi Gambrinus, personnage mythique apparaît dans une foule de légendes sous les traits d’un géant trônant entre les fûts de bière aux formes rebondies.

 

Le houblon était d’une culture courante et nombreux sont les villages dont les archives rappellent cette culture sous forme d’un lieu-dit « La Houblonnière » appellation donnée à une terre affectée à cette plante.

 

LES BRASSERIES DE ROUBAIX

           

Il y avait à Roubaix, depuis les temps les plus reculés, la cense de la Brasserie, propriété du seigneur de Roubaix, située à côté du château, approximativement à l’entrée de la rue de Lannoy.

 

Mais au XVIème siècle, ce n’était pas la seule brasserie à Roubaix, nous en avons relevé quatre, dont celle que nous venons de citer, deux autres installées aussi dans des censes, à la cense de La Haye et à la cense de la Pontennerie, et la quatrième que nous croyons implantée près du centre du bourg, tenue par Arthus ROUSSEL, lui-même marié avec une fille de la cense de la Brasserie.

 

Au XVIIème siècle, les brasseries roubaisiennes étaient au nombre de 9, leurs propriétaires étaient : Jacques CASTEL, Hugues de Le BECQUE, Pierre de Le RUE, la veuve Jean-François LECOMTE, Estienne Le CLERCQ, André CASTEL, Georges DUFOREST, Pierre BAYART et Jacques DUJARDIN.

 

Au XVIIIème siècle, ils sont 13, que nous énumérons : La veuve Jean-Baptiste LEPLAT, François LEPLAT, la veuve Antoine LEPLAT, Charles WACRENIER, Joseph LECOMTE, Michel SELOSSE, François GRIMONPREZ, François GOUBE, Georges du TOIT, Louis MATON, François GHESTEM, Charles de LOS et LEHEMBRE Fils.

 

Au XIXème siècle, le développement de la ville qui se traduit par une augmentation considérable de la population entraîne l’ouverture de très nombreux estaminets (plus de 2.000 sont recensés en 1895). Ceci amène un accroissement des brasseries dont le nombre passe à une vingtaine d’établissements qui pour faire face à la demande atteignent une capacité de production importante. Nous donnons ci-après la liste des brasseries existant en 1895 ainsi que leur adresse et leur capacité de production telle qu’elle ressort du registre des patentes de la même année :

 

BOSSUT Frères, rue Hoche, 73 hl

BRASSERIE DE JEAN GHISLAIN, 101/103, rue de l’Ommelet, 138 hl

BRASSERIE ROUBAISIENNE, 6, boulevard d’Halluin, 383 hl

BRASSERIE DE L’UNION, quai d’Anvers, 277 hl

BROWAEYS-TIERS, 81/85, rue de Rome, 97 hl

DAZIN Frères, boulevard de Beaurepaire et quai de Wattrelos, 309 hl

DELCOURT-LORTHIOIS, 12, rue de Lannoy, 395 hl

DUJARDIN ET DELMASURE, 37, rue de l’Ouest, 225 hl

DUTHOIT-DROULERS, 19, rue de Blanchemaille et 3, rue de l’Avocat

FROIDURE & LEFEBVRE, 211, rue de Lannoy 271 hl

Auguste LEFRANCOIS & Cie, 83, rue d’Inkerman et 45 bis, rue des Arts, 233 hl

LORIDAN-LEFEBVRE, 58, rue du Tilleul, 43 hl

Edmond MULLE-WATTEAU, 168, rue de Lille, 202 hl

POLLET-JONVILLE, 52/54, rue de l’Espérance, 210 hl

QUINT-DEVALLEE, 53, chaussée du Moulin, 285 hl

H. SALEMBIER, 1, rue d’oran, 123 hl

E. SCHOONACKERS, 19, rue de Croix, 28 hl

SOCIETE UNION DE ROUBAIX-TOURCOING, 27, rue Meyerber, 223 hl

TOUTLEMONDE L., rue Darbo, 72 hl

 

Il s’agit ici de la capacité des chaudières de chaque entreprise et non de sa production. Ces deux éléments sont cependant bien évidemment en rapport entre eux.

 

L’évolution de la vente devait amener certains de ces établissements à se transformer en société coopérative, ceci dès 1875/1880.

 

On peut ainsi lire dans le Journal de Roubaix du 20 juin 1880 la relation d’un banquet offert aux actionnaires et au personnel d’une brasserie coopérative créée à Roubaix en novembre 1879. La particularité de cette fête est que les organisateurs avaient tenu à dresser un menu entièrement réalisé à la bière que nous ne résistons pas au plaisir de vous présenter :

 

Birambo Saint Arnould

Sardines et radis à la drêche

Tête de veau houblonnière

Rosbeef aux pommes, sauce Gambrinus

Haricots verts à la Lawette

Rôti de veau malté aux petits pois

Fromage à la mousse

Gâteaux à la glucose

Desserts variés au levain

Café et liqueurs

 

Le XXème siècle devait être marqué par une concentration de cette industrie à tel point que Roubaix ne compte plus à présent qu’un seul établissement.

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