Société d'émulation
de Roubaix
Accueil > LES USINES > Le monde du travail > Usine Motte-Bossut

Usine Motte-Bossut

goole+ facebook twitter
 
"Motte-Bossut"... Le nom évoque aujourd'hui un symbole, celui de l'architecture industrielle roubaisienne. Et, indéniablement, cette usine, située à l'entrée de Roubaix, frappe immédiatement par son architecture triomphaliste : l'unité du parti décoratif, ses quatre tours lui donnant l'allure d'une forteresse médiévale, la profusion d'arcatures et de crénelages, créent une image dont la force réside en premier lieu dans son pouvoir d'évocation.
 
 
Sa situation en bordure du boulevard Leclerc et à proximité immédiate du centre ville, son implantation qui lui fait présenter sa façade la plus monumentale de telle manière qu'elle se signale bien avant qu'on ne l'aborde participent d'autre part à une véritable mise en scène et à une théatralisation du paysage urbain.
 
 
L'histoire des différentes phases de construction, l'évolution de cet ensemble architectural, montrent parfaitement les circonstances presque aléatoires qui ont conduit à le constituer comme tel. Incendies, transformations de sociétés, rachats successifs de bâtiments et de parcelles toutes sortes d'événement qui soulignent bien le fait qu'il n'y ait pas eu de projet architectural d'ensemble. C'est en premier lieu de ce caractère hétérogène que les bâtiments de l'entreprise Motte-Bossut tirent leur originalité.
 
 
Jusqu'en 1981, date de la fermeture de l'usine, la marque de fabrique a utilisé l'emblème de la tour crénelée dans ses en-têtes et ses étiquettes publicitaires...
 
 
Le caractère exceptionnel de cet ensemble un des plus marqués dans la production architecturale de Lille-Roubaix-Tourcoing, s'explique par le profil particulier de l'entreprise qui dès le départ, s'affirme différent des usages répandus à l'époque à Roubaix et qui sera largement diffusé par la suite dans la métropole.
         
 
C'est à Louis Motte (1817-1883) que l'on doit le choix du site, le projet, la plus grande partie de la réalisation de l'usine du boulevard Leclerc et son nom.
 
 
Les parents de Louis Motte-Bossut exploitaient depuis 1820 la vieille entreprise familiale. Pour Louis lorsqu'il quitte le collège à 18 ans, la voie semble toute tracée : reprendre l'entreprise de son père.
 
 
En 1841, il épouse la fille du maire de Roubaix, Adèle Bossut et leurs dotes réunies sont totalement investies dans la filature de la rue de l'Union (actuelle rue de la Poste) qu'il tente de moderniser.
 
         
Comme beaucoup d'entrepreneur, fascinés par les performances de leurs concurrents anglais, Louis Motte-Bossut part en 1842 avec de nombreuses lettres d'introduction qui lui ouvrent les portes des filatures de Manchester notamment. C'est environnement stimulant allait décider de ses projets d'avenir et de sa carrière industrielle.
 
 
Il décide d'installer une filature de coton à l'anglaise équipée de 18 000 broches Sharps & Roberts commandées en Angleterre et permettant de faire tomber de moitié les besoins en mains d'oeuvre tout en augmentant la capacité de filage, ce qui diminuait d'autant le prix de revient.
 
 
Aucun édifice industriel à Roubaix n'était d'une taille suffisante pour contenir les métiers renvideurs, beaucoup plus encombrants que les vieilles mule-jenny utilisées à l'époque. Un terrain fut acquis, contigu à la propriété de Motte-Brédart et un bâtiment de cinq étages fut construit dont l'imposante silhouette domina bientôt ses voisines. A la fois inquiets et admiratifs, les Roubaisiens s'empressèrent de la baptiser "la filature monstre".
 
                                                  
 
 Le premier incendie de 1845
 
 
 
En 1853 celle-ci tourne à plein et Louis Motte-Bossut ne peut plus envisager d'extension sur place. Il achète, de l'autre côté du canal, deux parcelles de terre pour y bâtir une annexe.
      
En décembre 1866, la filature monstre brûle entièrement, ne laissant plus qu'un pan de mur toujours visible de nos jours. La pérennité de l'entreprise de fera à partir de l'annexe, c'est à dire de l'autre côté du canal aujourd'hui comblé.
 
 
 
DESCRIPTION DES BATIMENTS
 
 
FACADE BOULEVARD DU GENERAL LECLERC
 
 
La façade commence par une série de petits bâtiments annexes entre la base du bâtiment et la limite de la parcelle. On y trouve la salle des machines, la génératrice et les magasins.
 
 
Ensuite, on trouve une construction à un étage surmonté d'un comble brisé pouvant rappeler l'aspect d'une série de maisons jointives. La marque de l'appartenance de cette partie des bâtiments à l'entreprise se marque par la similitude des jeux de briques formant de petits arcs à la base de la corniche supérieure.
 
Cette façade se continue en épousant la courbe du boulevard  par une partie plus haute surmontée de cinq pignons à redents, correspondant chacun à trois travées. Elle s'élève sur deux étages percés de larges baies rectangulaires. La travée centrale marquant chaque pignon se termine par un arc plein cintre dans lequel s'inscrit un oculus qui surmonte le rectangle de la baie supérieure. A l'intérieur se trouvent les locaux de la carderie.
 
 
LA RUE INTERIEURE
 
 
Perpendiculaire au boulevard du Général Leclerc, la rue intérieure permettait l'entrée de l'usine aux ouvriers. elle est flanquée de chaque côté par une tour de trois étages crénelée au sommet. Ces tours sont percées de larges baies vitrées. Les magasins se trouvaient  à gauche et la carderie à droite.
 
Le début de la rue offre une unité architecturale formant un ensemble de style unitaire dans la partie situé près du boulevard. La seconde partie de la rue était occupée sur la gauche par des bâtiments plus récents, aujourd'hui disparus. A gauche se trouvait l'atelier des mécaniciens puis l'atelier général et derrière le magasin des balles, la chaudronnerie, la dynamo et la menuiserie. A droite se trouvaient les locaux de la carderie avec à l'arrière la salle de préparation.
 
 
BATIMENT DE LA FILATURE ET DU TISSAGE
 
 
Au fond de la "rue des filatures" se trouve la façade du corps de bâtiment dont le revers correspond au corps central de la rue de la Tuilerie. Ici encore, le bâtiment est prétexte à une ample composition architecturale. Trois ouvertures en plein cintre sont comprises dans un grand arc couronné par un pignon à redents.
 
 
Au rez-de-chaussée, une vaste porte et aux étages, des baies réparties sur deux niveaux. Ce pignon est agrémenté de cordons en pierre de Soignies, d'arcades, de denticules et de bandeaux en tuiles plates et en briques. Une niche est creusée dans la pointe du pignon et une hampe de drapeau en fer forgé couronne l'ensemble. Les lieux servaient de dégagement pour le monte-charge.
 
 
 
RUE DE LA TUILERIE
 
 
Le bâtiment se présente sous le même aspect que sur son autre face, avec ses quatre étages et son attique constitué de petites arcatures vitrées. Une tour s'élève, côté cour, formant un élément en légère saillie couronné d'un toit à quatre pentes et décorant élégamment le château d'eau indispensable à l'usine. Le bâtiment renfermait l'empaquetage, la filature et le tissage.
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec * .


par Philippe le 15/05/2017
Bonjour j ai trouvé cette plaque je suis dans le nord de l aisne. Pouvez-vous m en dire plus? Son historique? Et la personne mentionnée sur cette plaque. Merci. Cordialement.