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Les conditionnements

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LES CONDITIONS PUBLIQUES DE ROUBAIX
 
 

C’est le 11 août 1857 que le Conseil Municipal de Roubaix vote la création d’une Condition Publique des soies et laines, dont les statuts sont approuvés par Décret Impérial du 31 août 1858.

 

Le but du « conditionnement » consiste à calculer le taux d’humidité de la laine brute afin de déterminer le poids réputé « loyal et marchand » à facturer, le taux légal étant de 18,25 %. En fonction de ce taux, la facture et revue soit à la baisse, soit à la hausse.

 

En d’autres termes, cela permet de ne pas payer de l’eau au prix de la laine ! Pour cela, un échantillon de la laine à tester est desséché à 110° pour obtenir une masse anhydre, cet échantillon est ensuite repesé, ce qui permet de déterminer « le taux de reprise ».

 

La ville installe donc ce Conditionnement dans une maison de la rue du Château. En raison de l’augmentation des quantités de laines à traiter, cet établissement se révèle très vite exiguë et dès 1862, le Conseil Municipal envisage la construction d’un autre Conditionnement.

 

Cependant, en 1865 puis en 1876, des travaux d’extension y sont réalisés. Il faut attendre la séance du 7 février 1879 du Conseil Municipal pour qu’une commission soit créée afin de rechercher un terrain. Elle choisit un terrain appartenant à la famille Wibaux compris entre la rue du Fontenoy et la rue Stephenson en raison de la proximité des voies de chemin de fer qui permettent de raccorder l’établissement. Une partie de la rue Stephenson est déclassée afin de constituer une parcelle assez vaste pour accueillir à la fois le Conditionnement et les Magasins Généraux.

 

Déjà en 1889 il a trop d’embouteillages !

 

C’est l’architecte en chef des services des bâtiments M. Richez qui établit les plans de ce nouveau Conditionnement. Le total des travaux est chiffré à 370.000 francs. Sur le boulevard d’Halluin, le bâtiment de façade reçoit de part et d’autre d’un passage couvert : à gauche le logement du directeur et à droite le logement du concierge, l’infirmerie, un petit magasin, un atelier de réparation. Derrière est construit un bâtiment central qui abrite, entre autres, huit groupes de six appareils de dessiccation. Cet édifice est construit à partir de la fin de l’année 1880 et ouvert en 1882.

 

Mais de nouveau, dès 1889, ces nouvelles installations se révèlent insuffisantes, il leur est aussi reproché d’être excentrées et, de plus, la proximité du passage à niveau provoque des embouteillages.

 

 

C’est pourquoi en 1893, le Conseil Municipal projette la construction d’une « succursale ». En raison de l’opposition des Magasins Généraux ce sera la Chambre de Commerce qui fera construire ce nouveau Conditionnement après qu’elle ne soit autorisée par un décret du 27 Octobre 1899.

 

Ce nouveau Conditionnement est bâti sur une parcelle de 9.511 m² appartenant à M. Alfred Motte, elle est située entre la rue Monge, la place Faidherbe et le boulevard de Beaurepaire. C’est l’architecte Albert Bouvy (1857-1938) qui est chargé de l’édification, l’entrepreneur étant M. Pennel.

 

L’architecte dresse les plans d’un édifice aux dimensions impressionnantes : la façade mesure 244 mètres de long sur une hauteur de 10 mètres. A l’intérieur, nous trouvons deux immenses magasins de 2.600 m² l’un et de 2.500 m² l’autre. Ils sont séparés par un vaste passage de 12 mètres de largeur en forme de U qui évoque une véritable rue couverte. Il existe un sens de circulation pour les camions, l’entrée se situant place Faidherbe et la sortie boulevard Beaurepaire.

                       

Le bureau du Directeur compte 33 pièces…

 

A droite de l’entrée, se trouvent les bureaux du directeur et des employés ainsi que la salle des étuves qui mesure 370 m² de superficie. Au premier étage, le bureau du directeur ne compte pas moins de 33 pièces ! Et cet appartement possède un jardin suspendu situé au-dessus de la pièce d’encaissage. Le bâtiment est construit en béton armé système Hennebique.

 

Le toit en terrasse repose sur des piliers métalliques. Ce toit est recouvert de 4 couches de papier goudronné avec 10 cm de gravier. Au fil des ans, de la poussière s’y est déposée si bien que les herbes folles y ont poussé lui donnant l’aspect d’une vaste prairie.

 

Les façades sont constituées de travées répétitives coiffées d’arcs en plein cintre. L’architecte a utilisé la polychromie des briques vernissées, chaque pilastre séparant les travées est orné en son milieu d’un cabochon de lave émaillée représentant un motif floral. Le soubassement est en pierre de Soignies. Les portes d’entrée et de sortie aux dimensions monumentales (5 mètres de large) sont agrémentées d’arcs en plein cintre en fer forgé. Deux têtes de bélier encadrent l’entrée rappelant symboliquement le travail de la laine. Les murs intérieurs reçoivent aussi une décoration soignée.

 

Le 23 avril 1909, le Conseil Municipal décide de fusionner l’établissement du boulevard d’Halluin et sa « succursale » de la place Faidherbe sous l’unique direction de la Chambre de Commerce.

 

Le Conditionnement fonctionnera jusqu’en 1972

 

L’activité du Conditionnement est intense, il compte parmi les premiers de France. En 1922, 30.076 tonnes de laine peignée sont vérifiées place Faidherbe. Durant la seconde guerre mondiale, l’occupant allemand entrepose dans le hall de gauche du matériel militaire : canons, matériel de sondage, projecteurs… En 1944, les Allemands essaient de faire sauter le hall mais les dégâts seront minimes. Puis ce sont les Anglais qui utiliseront le Conditionnement. L’établissement fonctionnera jusqu’en 1972, date à laquelle, il se repliera vers les locaux du boulevard d’Halluin avant de partir sur Tourcoing puis sur Lille.

 

Le bâtiment est vendu à l’entreprise de transport Valcke. D’autres sociétés occuperont aussi les locaux : les meubles Coucke, la société SMIT… Entre 1996 et 1998, le Conditionnement sert de lieu de stockage pour les laines à tricoter Phildar.

 

En 1998, en raison de la grande qualité de son architecture, le Conditionnement est inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

 

La ville le destine à devenir un haut lieu de la vie culturelle roubaisienne avec une halle de 3.000 places et une salle plus petite de 200 places assises.

 

D’après les renseignements de Monsieur BOUDAILLIEZ

Dernier Directeur du Conditionnement de Roubaix

 

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