{"id":294,"date":"2019-05-04T16:12:01","date_gmt":"2019-05-04T14:12:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ns307812.ovh.net\/?p=294"},"modified":"2019-05-04T16:12:01","modified_gmt":"2019-05-04T14:12:01","slug":"les-fondateurs-de-la-grande-industrie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/2019\/05\/04\/les-fondateurs-de-la-grande-industrie\/","title":{"rendered":"Les fondateurs de la Grande Industrie"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">DYNAMISME ET \u00c9QUILIBRE<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">La libert\u00e9 commerciale absolue, reconnue intangible, ouvrait la voie aux individualit\u00e9s fortes bien d\u00e9cid\u00e9es \u00e0 utiliser toutes les chances qui leur \u00e9taient offertes par la l\u00e9gislation nouvelle. Ne s\u2019attardant pas \u00e0 observer les faits, les fondateurs de la Grande Industrie, hommes d\u2019action avant tout, s\u2019engageront avec ardeur dans le syst\u00e8me \u00e9conomique lib\u00e9ral dont ils feront le succ\u00e8s. En examinant la liste des Egards et des Ma\u00eetres drapiers de l\u2019Ancien R\u00e9gime, on rel\u00e8ve peu de leurs h\u00e9ritiers parmi les notabilit\u00e9s industrielles du XIX\u00e8me si\u00e8cle. Rarement, en effet, la conjoncture a \u00e9t\u00e9 plus favorable aux empiristes d\u00e9gag\u00e9s des souvenirs anciens ; ils forcent le destin, alors que les attard\u00e9s, timides, supputent leur chance et la laissent passer.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">Les figures marquantes du XIX\u00e8me si\u00e8cle industriel \u00e0 Roubaix seront celles de chefs de file, b\u00e2tissant leurs entreprises au jour le jour, pr\u00eats \u00e0 saisir toutes les occasions heureuses. A la mani\u00e8re des d\u00e9couvreurs de terres inconnues, ces pionniers adoptent la machine \u00e0 vapeur, les m\u00e9tiers m\u00e9caniques \u00e0 filer et \u00e0 tisser, entreprennent des voyages de prospection et appliquent dans leurs usines les moyens de production nouveaux. C\u2019est l\u2019\u00e9poque o\u00f9 les h\u00e9ros de Balzac jonglent avec les lettres de change que l\u2019extension du cr\u00e9dit fait circuler \u00e0 travers les grandes villes de commerce. Et Daumier nous livre avec Robert Macaire, flanqu\u00e9 de Bertrand, la caricature de ce monde d\u2019affaires.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">Mais \u00e0 Roubaix, les chances de la fortune sont exploit\u00e9es avec plus de mod\u00e9ration et de sagesse et souvent avec mesure. Les cr\u00e9ateurs de la Grande Industrie, poss\u00e9daient non seulement du talent, mais cette sorte de g\u00e9nie divinatoire, apanage des hommes neufs aux muscles solides et \u00e0 la t\u00eate froide.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">L\u2019APPORT DES RURAUX<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">Autour du c\u0153ur de la cit\u00e9, la campagne toute proche a fourni \u00e0 la Manufacture les bras courageux et les cerveaux clairs dont elle avait besoin. La promotion nouvelle avait pr\u00e9par\u00e9 son ascension dans le calme du sillon et la patience d\u2019un labeur s\u00e9culaire tenace et f\u00e9cond. Ainsi, les cadets de l\u2019Ancienne France retournaient \u00e0 la charrue et, apr\u00e8s ce contact avec la terre tut\u00e9laire, leurs ascendants r\u00e9apparaissaient au premier plan. La cr\u00e9ation de la Grande Industrie fut une \u0153uvre de force et de sant\u00e9. La rel\u00e8ve, fournie avant tout par le monde rural, poss\u00e9dait une confiance \u00e0 toute \u00e9preuve.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">L\u2019historique des censes de Roubaix est \u00e9vocateur \u00e0 cet \u00e9gard. Les Spriet, Mulliez, Lecomte, Leuridan, Pollet, Dubar-Delespaul, Lefebvre, Prouvost, sont tous descendants de cultivateurs. Les ruraux, autant que les ouvriers de qualit\u00e9 ont fond\u00e9 la grande industrie. Certaines usines importantes ont \u00e9t\u00e9 construites au cours du XIX\u00e8me si\u00e8cle, sur l\u2019emplacement ou \u00e0 proximit\u00e9 des terres que cultivait, la veille encore, l\u2019anc\u00eatre imm\u00e9diat ou le nouveau manufacturier. \u00ab Si nous nous penchons sur l\u2019origine de la plupart des hommes qui, de nos jours, se sont distingu\u00e9s, nous d\u00e9couvrons derri\u00e8re eux, une longue ascension et une longue patience. \u00bb Ainsi s\u2019exprimait, tr\u00e8s justement, Jacques Bainville, dans son discours de r\u00e9ception \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise. La claire vision des n\u00e9cessit\u00e9s de l\u2019heure animait la race des b\u00e2tisseurs de nos usines. Les chemin\u00e9es que, successivement, ils \u00e9l\u00e8veront dans le ciel de la cit\u00e9, constitueront autant d\u2019actes de foi dans la p\u00e9rennit\u00e9 de leurs fondations. Ces hommes ne connaissaient pas la crainte des lendemains. Dans ces heures de pl\u00e9nitudes, une race est forte, elle ne cherche pas \u00e0 maintenir, mais \u00e0 cr\u00e9er et \u00e0 poursuivre, en la d\u00e9veloppant, la t\u00e2che entreprise. Qui ne vise qu\u2019\u00e0 durer, porte d\u00e9j\u00e0 dans ses flancs, les traces de la destruction. Par l\u00e0, la vie op\u00e8re des coupes sombres ; elle porta des coups mortels aux entreprises de l\u2019Ancien R\u00e9gime et la s\u00e9lection continue.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">DE QUELQUES-UNS D\u2019ENTRE EUX<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">Alexandre Decr\u00eame (1) qui, en pr\u00e9curseur, entreprit apr\u00e8s 1789 la fabrication des tissus de coton, \u00e9tait fils d\u2019ouvrier et la g\u00e9n\u00e9ration suivante, ses descendants, s\u2019allieront aux familles les plus notables. En 1819, un modeste artisan fonda la firme Hannart Fr\u00e8res, l\u2019une des maisons d\u2019appr\u00eats des \u00e9toffes qui comptait \u00e0 la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle parmi les plus importantes du monde entier. <\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">Emile Roussel d\u00e9buta \u00e0 14 ans dans l\u2019industrie. En 1865, il aida sa m\u00e8re \u00e0 cr\u00e9er une petite teinture et fonda une firme de grande renomm\u00e9e. La firme Wibaux-Florin, qui connut son apog\u00e9e au XIX\u00e8me si\u00e8cle, fut fond\u00e9e en 1810 par un cultivateur ais\u00e9. N\u00e9 le 16 f\u00e9vrier 1787, \u00e0 la ferme de la Mousserie, Hippolyte-Joseph Wibaux \u00e9pousa F\u00e9licit\u00e9 Florin, fille de Pierre-Constantin Florin, premier maire de Roubaix et sa descendance figure parmi les dynasties industrielles du XIX\u00e8me si\u00e8cle. Cette firme se sp\u00e9cialise dans les tissus de cha\u00eene coton et de trame de laine peign\u00e9e et son effacement par la suite doit \u00eatre attribu\u00e9 \u00e0 un changement de mode. Ce sont les cr\u00e9ations nouvelles qui poussent au z\u00e9nith les maisons modestes ; mais ce sont elles aussi qui, plus tard, les \u00e9cartent du succ\u00e8s.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">La famille Prouvost est originaire de Wasquehal. Elle occupait une situation rurale de premier plan avant la R\u00e9volution. Le Chanoine C. Lecigne \u00e9crivit une biographie du po\u00e8te Am\u00e9d\u00e9e Prouvost, dans laquelle il peint en traits brillants, le grand-p\u00e8re de l\u2019\u00e9crivain. \u00ab Il aimait voyager. Un beau jour, il monta \u00e0 cheval, il parcourut la France, s\u2019extasiant devant les paysages, s\u2019arr\u00eatant \u00e0 la porte des usines, m\u00ealant dans ses carnets des impressions d\u2019artistes et des notes d\u2019affaires, exemplaire in\u00e9dit du Roubaisien \u00e0 la fois aventureux et positif\u2026 Il cr\u00e9e le peignage m\u00e9canique de la laine, il lutte dix ans contre les pr\u00e9jug\u00e9s populaires, les obstinations int\u00e9ress\u00e9es et la concurrence \u00e9trang\u00e8re. A force de raison, de calme bon sens, d\u2019efforts continus, il d\u00e9veloppe l\u2019industrie nouvelle, groupe deux mille ouvriers autour d\u2019elle et dote Roubaix du plus grand \u00e9tablissement de peignage de France. C\u2019est un grand citoyen en m\u00eame temps qu\u2019un grand industriel. \u00bb (2)<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">Louis-Joseph Br\u00e9dart \u00e9pousa en 1754, Anne-Marie Lepers, issue d\u2019une famille rurale tr\u00e8s consid\u00e9r\u00e9e d\u00e8s le XVI\u00e8me si\u00e8cle. De ce mariage naquit, entre autres enfants, Louis-Antoine-Joseph, lequel continua la descendance. L\u2019un de ses enfants, une fille, Pauline, \u00e9pousa Jean-Baptiste Motte, d\u2019une famille urbaine de Tourcoing, et dont la profession de marchand laisse supposer une profession de n\u00e9gociant en laines. La post\u00e9rit\u00e9 de la famille Motte-Br\u00e9dart prend un r\u00f4le de premier plan dans la cr\u00e9ation de la grande industrie de Roubaix. L\u2019a\u00een\u00e9 Louis Motte-Bossut fonde la filature de coton la plus consid\u00e9rable pour l\u2019\u00e9poque et fait preuve, au cours de sa carri\u00e8re industrielle, d\u2019un esprit d\u2019entreprise exceptionnel qui s\u2019est perp\u00e9tu\u00e9 dans sa descendance. Son cadet, Alfred Motte, se destinait tout d\u2019abord au notariat. En secondes noces, il avait \u00e9pous\u00e9 L\u00e9onie Grimonprez, fille de Eug\u00e8ne Grimonprez, le promoteur \u00e0 Roubaix de la filature de la laine peign\u00e9e et l\u2019un des hommes les plus actifs de la nouvelle promotion industrielle. Apr\u00e8s un premier \u00e9chec, il construit un v\u00e9ritable complexe industriel textile englobant tous les stades de la fabrication, du peignage au tissage. Il fit participer \u00e0 son succ\u00e8s de multiples associ\u00e9s. Sa formation juridique favorisa sa r\u00e9ussite et apr\u00e8s quelques entreprises hasardeuses, il prit soin de limiter ses risques par une clause r\u00e9solutoire.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">Eug\u00e8ne Motte-Duthoit, D\u00e9put\u00e9 du Nord de 1896 \u00e0 1908, est issu de ce mariage. Tandis que la famille Grimonprez s\u2019est effac\u00e9e, la filiation d\u2019Alfred Motte-Grimonprez occupe pr\u00e9sentement encore une importante situation industrielle. Les descendants de Motte-Br\u00e9dard joignaient \u00e0 un sens pr\u00e9cis des r\u00e9alit\u00e9s, une activit\u00e9 d\u00e9bordante. Louis Motte-Bossut disait la n\u00e9cessit\u00e9 \u00ab de diriger son affaire personnellement \u00bb. \u00ab Il faut valoir quelque chose par soi-m\u00eame, sans chercher trop de distraction en dehors \u00bb. D\u00e9j\u00e0 gravement malade en 1882, Alfred Motte-Grimonprez poursuivra sa t\u00e2che jusqu\u2019\u00e0 sa mort, en 1886. Devant une telle ardeur qu\u2019il e\u00fbt fallut mod\u00e9rer, on constate qu\u2019il est plus dur de rester inactif que d\u2019entreprendre de grandes actions.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">Dans ce Roubaix en plein d\u00e9veloppement \u00e9conomique, le hasard des mariages amena bien des changements de situation. Dans le discours qu\u2019il pronon\u00e7a en 1927, lors de l\u2019anniversaire de la naissance d\u2019Alfred Motte-Grimonprez, son fils, Eug\u00e8ne Motte-Duthoit raconte de quelle fa\u00e7on son a\u00efeul Jean-Baptiste Motte \u00ab en prenant \u00e0 travers champs le chemin le plus court, cueillant pavots et bleuets pour former un bouquet de fianc\u00e9 pour Pauline Br\u00e9dart qui habitait Tourcoing, s\u2019arr\u00eatait en chemin \u00e0 la grande ferme Ducatteau pour parler amicalement avec la fille du fermier. Cette ferme \u00e9tait la premi\u00e8re sur le territoire de Roubaix et s\u2019\u00e9tendait du pont Vanoutryve au Conditionnement et au pont Saint-Vincent-de-Paul.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">\u00ab Marie Rose, vous \u00eates trop maligne pour rester fermi\u00e8re disait-il \u00e0 cette jeunesse, vous devriez vous marier avec un fabricant et vous feriez belle carri\u00e8re \u00bb.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">Et cette pr\u00e9diction s\u2019accomplit. Elle \u00e9pousa M. Lefebvre et la Maison Lefebvre-Ducatteau, sous sa direction, devint l\u2019une des premi\u00e8res maisons de la Fabrique de Roubaix. Elle commandita plus tard, en 1852, la Maison Am\u00e9d\u00e9e Prouvost, les premiers peigneurs de Roubaix et les plus r\u00e9put\u00e9s, et Henri, Jean et Louis Lefebvre ont h\u00e9rit\u00e9 de l\u2019esprit d\u00e9li\u00e9 et entreprenant de Marie-Rose \u00bb.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">En 1820, Louis Dubar \u00e9pouse Marie-Joseph Delespaul, \u00e0 la ferme du Hutin et fonde une importante entreprise. La famille Bayart \u00e9tait originaire de la ferme de l\u2019Hornuy\u00e8re de Wattrelos. Pierre-Joseph Bayart \u00e9pouse en 1798, Sylvie Lefebvre et le jeune m\u00e9nage s\u2019installa comme fabricants. Dans leur descendance, on retrouve les Bayart-Cuvelier, Bayart-Lefebvre, Ernoult-Bayart et maintes autres familles qui ont fait carri\u00e8re brillante dans l\u2019industrie.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">En 1853, les fr\u00e8res Dillies installent quelques m\u00e9tiers \u00e0 tisser. V\u00e9ritables vulgarisateurs du tissage m\u00e9canique \u00e0 Roubaix, ils seront en 1860, propri\u00e9taires de 400 m\u00e9tiers. Simple tisserand, Julien Lagache devient un remarquable fabricant. Fran\u00e7ois Frasez installe des m\u00e9tiers \u00e0 tisser dans des maisons construites \u00e0 cet usage (chaque maison recevait quatre m\u00e9tiers) et inaugure ainsi une m\u00e9thode qui a \u00e9t\u00e9 reprise avec succ\u00e8s dans d\u2019autres r\u00e9gions. Commentant l\u2019exposition de 1853 et s\u2019arr\u00eatant au nom de MM. Eug\u00e8ne Grimonprez et Cie, Th\u00e9odore Leuridan dira qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 \u00ab du grand nombre de maisons inconnues jusqu\u2019ici \u00bb.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">A partir de 1850, la plupart des affaires se montent en associations \u00e0 cause du co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 des industries m\u00e9canis\u00e9es. De plus, la direction d\u2019une usine exige la pr\u00e9sence \u00e0 peu pr\u00e8s constante des patrons. Pour leur permettre de rester \u00e0 leurs affaires, des maisons de commissions sont fond\u00e9es. C\u2019est M. Bossut qui fonda la premi\u00e8re maison du genre. Par la suite, la Manufacture s\u2019efforcera de se passer de leurs services.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">Les fr\u00e8res Delattre, industriels avis\u00e9s, Henri qui fut Maire de Roubaix en 1848 et Louis \u00e9pous\u00e8rent respectivement Ad\u00e8le et P\u00e9lagie Libert, filles du fermier de la Potennerie. Fond\u00e9e en 1827, leur entreprise avait pris rapidement un d\u00e9veloppement consid\u00e9rable. La veuve Libert \u00e9pousa en secondes noces Pierre Pollet-Delobel de Sainghin et leur descendance honore de nos jours encore l\u2019industrie roubaisienne. La Maison Toulemonde-Destombes, fond\u00e9e en 1820 trouve son origine dans un tissage \u00e0 la campagne et il est fort probable, comme ce fut le cas de plusieurs industriels dont le fondateur mena tout d\u2019abord de pair la culture et le tissage, que la ferme ne fut d\u00e9laiss\u00e9e qu\u2019apr\u00e8s emprise s\u00fbre dans la manufacture.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">On pourrait poursuivre des recherches en ce sens. \u00ab Il n\u2019y a aucune maisons ayant tenu quelque place \u00e0 Roubaix qui n\u2019ait eu ses fondements dans une connaissance approfondie de la mati\u00e8re et du m\u00e9tier \u00bb \u00e9crit M. Gaston Motte dans son \u00ab Histoire de Roubaix \u00bb. La grande industrie fut fond\u00e9e par une promotion nouvelle, artisans parvenant au patronat de souche roubaisienne ou immigr\u00e9s, mais, le plus souvent, les industriels du XIX\u00e8me si\u00e8cle sont d\u2019origine rurale.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">Ces hommes nouveaux, ancr\u00e9s sur la r\u00e9alit\u00e9, osent tout risquer et tout entreprendre. Leur tournure neuve de pens\u00e9e et d\u2019action a \u00e9difi\u00e9 la cit\u00e9 moderne. Les hautes chemin\u00e9es dominaient de v\u00e9ritables fiefs industriels. \u00ab Plus riche en outils qu\u2019en fonds d\u2019Etat, l\u2019h\u00e9ritier ne pouvait s\u2019\u00e9vader \u00bb dira Eug\u00e8ne Motte lors de l\u2019inauguration de l\u2019H\u00f4tel de Ville, le 30 avril 1911.<\/span><\/p>\n<p align=\"right\"><span style=\"font-size: large;\">D\u2019apr\u00e8s les travaux de recherche de Georges Teneul, <\/span><\/p>\n<p align=\"right\"><span style=\"font-size: large;\">Pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00c9mulation de Roubaix <\/span><\/p>\n<p align=\"right\"><span style=\"font-size: large;\">et son \u00ab Histoire \u00e9conomique de Roubaix &#8211; R\u00e9flexions sur notre temps \u00bb 1962<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">1 Ancienne famille notable qui avait connu un effacement momentan\u00e9.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: large;\">2 Chanoine C. Lecigne : \u00ab Am\u00e9d\u00e9e Prouvost \u00bb.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DYNAMISME ET \u00c9QUILIBRE La libert\u00e9 commerciale absolue, reconnue intangible, ouvrait la voie aux individualit\u00e9s fortes bien d\u00e9cid\u00e9es \u00e0 utiliser toutes les chances qui leur \u00e9taient offertes par la l\u00e9gislation nouvelle. 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