{"id":377,"date":"2019-05-05T17:46:56","date_gmt":"2019-05-05T15:46:56","guid":{"rendered":"http:\/\/ns307812.ovh.net\/?p=377"},"modified":"2019-05-05T17:46:56","modified_gmt":"2019-05-05T15:46:56","slug":"jean-prouvost-patron-de-presse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/2019\/05\/05\/jean-prouvost-patron-de-presse\/","title":{"rendered":"Jean Prouvost, patron de presse"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Tous ceux qui l&rsquo;ont approch\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 subjugu\u00e9s, Jacques S\u00e9gu\u00e9la en t\u00e9moigne\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00a0\u00ab\u00a0Match\u00a0\u00bb fut ainsi mon universit\u00e9 en communication. L&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre s&rsquo;appelait \u00a0\u00bb bouclage \u00ab\u00a0. C&rsquo;\u00e9taient les deux heures fatidiques hebdomadaires o\u00f9 Jean Prouvost, en personne, changeait la face de son journal en scrutant celle du monde. \u2026 L&rsquo;instant qui faisait l&rsquo;actualit\u00e9. Des quatre coins du monde, nous ramenions de quoi remplir plusieurs fois l&rsquo;\u00e9dition de la semaine. Nous \u00e9talions le tout sur la moquette de son bureau. Jean Prouvost allait d&rsquo;un article \u00e0 l&rsquo;autre, l&rsquo;acceptant ou le refusant, d&rsquo;un revers de canne, avec une violence qu&rsquo;il ne ma\u00eetrisait pas. Mon journal s&rsquo;appelle Match, hurlait-il, parce que la presse est un combat et vous ne montrez que de la guimauve. La photo n&rsquo;est pas une illustration. C&rsquo;est une information. Foutez-moi tout \u00e7a \u00e0 la poubelle! Mes lecteurs ont besoin de choc, pas de chic.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Surprenant assemblage de grand bourgeois et de poulbot, il savait se mettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de ce qu&rsquo;il appelait \u00ab le trottoir \u00bb, cet homme et cette femme de la rue dont il percevait les d\u00e9sirs et les besoins. Ce crocodile avait une \u00e2me de midinette et la midinette une \u00e2me d&rsquo;aventurier \u2026 \u00bb (1)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sa personnalit\u00e9 marque \u00e0 la fois le textile et la presse durant pr\u00e8s de &#8230; 70 ans. Pourtant on parle de lui en oubliant que son activit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 aussi\u00a0 remarquable avant la guerre, qu\u2019elle ne le fut apr\u00e8s la guerre, quand \u00e0 60 ans, il poursuivit sa nouvelle carri\u00e8re pendant 30 ans encore.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son r\u00f4le dans le textile est clairement celui d\u2019un cr\u00e9ateur ! Il n&rsquo;a pas \u00a0\u00bb re\u00e7u \u00a0\u00bb ce que des anc\u00eatres lui auraient l\u00e9gu\u00e9. Il a lanc\u00e9 lui m\u00eame ! Certes, au d\u00e9but, \u00a0il a bien imagin\u00e9 de prendre une place d&rsquo;associ\u00e9 et g\u00e9rant dans le groupe Prouvost cr\u00e9\u00e9 par les deux familles Prouvost et Lefebvre en 1850&#8230; surtout apr\u00e8s avoir \u00e9pous\u00e9 Germaine Lefebvre, mais les Lefebvre se sont oppos\u00e9s \u00e0 sa venue pour des raisons d\u2019\u00e9quilibre entre les des deux familles : \u00ab\u00a0un Prouvost pour un Lefebvre\u00a0\u00bb. Il va donc cr\u00e9er\u00a0 avec un sens marketing \u00e9blouissant un secteur qui n\u2019existait pas dans le groupe : le fil de laine \u00e0 tricoter. Ce sera \u00ab\u00a0la Laini\u00e8re\u00a0\u00bb sous la marque : Laines du Pingouin, vendues en franchise et qui vont devenir leader sur le march\u00e9. Il en confiera la gestion \u00e0 son fils Jackie et \u00e0 des grands collaborateurs de talent comme Marc Midol.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son \u00ab\u00a0come back\u00a0\u00bb apr\u00e8s la guerre est impressionnant. Il concerne cette fois son groupe de Presse. Sa p\u00e9riode d&rsquo;avant guerre a \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s fructueuse avec les cr\u00e9ations que l&rsquo;on conna\u00eet : <em>Paris Soir, Marie Claire, Match<\/em>&#8230; mais c&rsquo;est avec un acharnement exceptionnel qu&rsquo;il se remet au travail en 1947 (il a 64 ans ! ) apr\u00e8s trois ans de clandestinit\u00e9, pour reconstituer un nouvel empire : ce seront <em>Paris Match, Marie Claire, T\u00e9l\u00e9 7 Jours, Parents<\/em>, &#8230; sans compter la reprise du <em>Figaro<\/em>, un d\u00e9fi de taille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Contrairement \u00e0 ces fins de r\u00e8gnes douloureuses, surtout dans le textile (Le groupe textile Prouvost SA a ferm\u00e9 en 1999), son groupe de presse a trouv\u00e9 une rel\u00e8ve dans les mains de ses petites-filles. Si le nom de Prouvost est encore connu en 2000, c&rsquo;est bien gr\u00e2ce \u00e0 la presse dirig\u00e9e aujourd\u2019hui par sa petite fille Evelyne du Groupe Marie Claire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les collaborateurs de Jean Prouvost dans leurs livres de souvenirs (Marcel Haedrich, Herv\u00e9 Mille et surtout Philippe Boegner dans son passionnant \u00ab\u00a0oui Patron\u00a0\u00bb), son neveu Albert Prouvost (\u00ab\u00a0toujours plus loin\u00a0\u00bb) ou le Who\u2019s Who du XXe ont largement \u00e9voqu\u00e9 son parcours et sa personnalit\u00e9<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean (Jehan) PROUVOST est n\u00e9 \u00e0 Roubaix en 1885 et d\u00e9c\u00e9d\u00e9 et inhum\u00e9 \u00e0 Ivoy-le-Marron (Loir-et-Cher), en 1978. Il est le fils d&rsquo;Albert Prouvost-Devemy. Il \u00e9pouse donc en premi\u00e8res noces en 1905, \u00e0 Roubaix (Nord), Germaine Lefebvre, petite fille d\u2019Henri Lefebvre-Mathon. Il attendra d\u2019\u00eatre veuf en 1973 pour \u00e9pouser en janvier 1974 \u00e0 Paris, Elisabeth Danet qui l\u2019a accompagn\u00e9 toute sa vie. De son premier mariage, il a un fils Jacques (1906-1960) p\u00e8re de ses cinq petites filles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cot\u00e9 textile il sera bien sur g\u00e9rant de la Laini\u00e8re de Roubaix mais aussi g\u00e9rant du Peignage Am\u00e9d\u00e9e Prouvost et Cie, cr\u00e9\u00e9 par son grand-p\u00e8re, puis PDG de la Laini\u00e8re de Roubaix-Filatures Prouvost-Masurel, cog\u00e9rant de Prouvost et Lefebvre. L\u2019ensemble devenu Prouvost\u00a0 S.A.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il entame sa carri\u00e8re de journaliste ou plut\u00f4t de patron de presse d\u00e8s 1917, \u00e0 la demande de Clemenceau et de Louis Loucheur (son compatriote et ministre). Il leur rend le service d\u2019acheter un journal d\u00e9faitiste, <em>Le Pays<\/em>, pour le seul motif de le saborder. En 1924, toujours conseill\u00e9 par Louis Loucheur, il cr\u00e9e la Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise d&rsquo;information et de publicit\u00e9 dans le but d&rsquo;acqu\u00e9rir un journal financier, <em>Paris-Midi<\/em>, mais, cette fois-ci, c&rsquo;est pour l&rsquo;adapter \u00e0 une nouvelle client\u00e8le et le d\u00e9velopper.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dix ans plus tard, <em>Paris-Midi<\/em> est devenu le grand journal de la mi-journ\u00e9e. En 1930, il acquiert avec Ferdinand Beghin, le quotidien <em>Paris-Soir<\/em>. Il s\u2019adresse au grand public en recrutant des \u00e9crivains et de grands journalistes (Pierre Lazareff, Herv\u00e9 Mille, Paul Bringuier&#8230;) et d\u00e9veloppe l\u2019usage de la photographie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En neuf ans, de 1930 \u00e0 1939, <em>Paris-Soir<\/em> passe de 70 000 exemplaires \u00e0 plus de trois millions et dans le m\u00eame temps, l&rsquo;\u00e9dition hebdomadaire <em>Paris-Soir-Dimanche<\/em> tire \u00e0 plus de 2,4 millions d\u2019exemplaires. Puis il cr\u00e9e un grand magazine d&rsquo;actualit\u00e9s, <em>Match<\/em> (pr\u00e9c\u00e9demment hebdomadaire sportif qu&rsquo;il a rachet\u00e9, toujours \u00e0 parts \u00e9gales avec Ferdinand Beghin, au groupe l&rsquo;Intransigeant) et un magazine f\u00e9minin, <em>Marie Claire<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1940, du 5 au 16 juin, il entre au gouvernement en tant que ministre de l&rsquo;Information dans le cabinet Paul Reynaud, o\u00f9 si\u00e9geait aussi de Gaulle puis, favorable \u00e0 l&rsquo;armistice, il devient Haut-Commissaire \u00e0 la propagande fran\u00e7aise du 19 juin au 10 juillet 1940, dans le cabinet du mar\u00e9chal P\u00e9tain, dernier cabinet de la IIIe\u00a0 R\u00e9publique. Apr\u00e8s le vote du 10 juillet 1940 donnant au mar\u00e9chal les pleins pouvoirs, il d\u00e9missionne et se replie \u00e0 Lyon en zone sud jusqu&rsquo;en 1943, cr\u00e9ant l&rsquo;hebdomadaire <em>Sept Jours<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais les Allemands continuent de faire para\u00eetre le journal sous l&rsquo;occupation. Apr\u00e8s la Lib\u00e9ration, il est poursuivi en tant qu&rsquo;ancien ministre du mar\u00e9chal P\u00e9tain et les Autorit\u00e9s lui refusent de reprendre le titre et les bureaux de <em>Paris-Soir<\/em>. En 1947, il b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un non-lieu. Il a 62 ans et s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 retrouver sa place dans la presse !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rebond date de 1949, il relance l&rsquo;id\u00e9e du Match d&rsquo;avant la guerre avec un nouvel hebdomadaire de reportages et de photos en noir et en couleur, toujours avec les B\u00e9ghin ; c\u2019est <em>Paris-Match<\/em>.\u00a0 Toujours avec eux en 1950, il prend une large participation dans le <em>Figaro<\/em> rachet\u00e9e \u00e0 Madame Cotnar\u00e9anu, ex-femme du parfumeur Fran\u00e7ois Coty. Ils reprennent le solde en 1965.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s 1953, Il relance <em>Marie Claire<\/em> qu&rsquo;il pr\u00e9side, puis, en collaboration avec Hachette, cr\u00e9\u00e9e l\u2019hebdomadaire de t\u00e9l\u00e9vision <em>T\u00e9l\u00e9 7 jours<\/em>. Dix ans plus tard, c\u2019est la <em>Maison de Marie Claire<\/em> et en 1969, <em>Parents<\/em>. En 1966, Il\u00a0 rach\u00e8te avec le groupe Hachette une participation dans la compagnie luxembourgeoise de t\u00e9l\u00e9diffusion T\u00e9l\u00e9-Luxembourg et en devient administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1970 : il rach\u00e8te \u00e0 Ferdinand B\u00e9ghin toute la participation qu&rsquo;il d\u00e9tient dans le <em>Figaro<\/em> mais ne s\u2019entend pas avec l&rsquo;\u00e9quipe de la r\u00e9daction. En 1975, supportant encore des charges financi\u00e8res trop importantes, il c\u00e8de le contr\u00f4le du <em>Figaro<\/em> \u00e0 Robert Hersant et, en 1976 vend \u00e0 la Librairie Hachette la plupart des autres titres de son groupe, dont <em>Paris-Match, Parents et T\u00e9l\u00e9 7 Jours<\/em>, toutefois il l\u00e8gue \u00e0 trois de ses petites-filles le mensuel <em>Marie Claire<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Maire depuis 1951 d&rsquo;Ivoy-le-Marron, dans le Loir-et-Cher, il y d\u00e9c\u00e8de en 1978, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de quatre-vingt-treize ans. Durant les ann\u00e9es 60 et 70, gr\u00e2ce \u00e0 son entregent dans la presse, il fait venir \u00e0 Ivoy-le-Marron, pour la f\u00eate de la commune, les artistes les plus connus de France et de Navarre, de Claude Fran\u00e7ois \u00e0 Johnny et Sylvie, de B\u00e9caud \u00e0 Mireille Mathieu sous la houlette de Gilbert et Maritie Carpentier. Ces ann\u00e9es-l\u00e0, le Festival dYvoy le Marron, village de moins de 500 habitants, \u00e9tonne la France enti\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cot\u00e9 textile, les difficult\u00e9s vont commencer au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970. \u00ab\u00a0La Laini\u00e8re\u00a0\u00bb g\u00e8re 25 soci\u00e9t\u00e9s telles que Pingouin, Stemm, Rodier et Korrigan, Prouvost-Masurel, les tissages Lepoutre. Elle se transforme en holding en 1973 (groupe V.E.V.) ; elle repr\u00e9sente alors 2,4 milliards de chiffre d&rsquo;affaires. Mais le secteur du fil \u00e0 tricoter entre en crise et l&rsquo;expansion du groupe \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger (Espagne, Tunisie, Hong-Kong, Porto-Rico) se r\u00e9v\u00e8le on\u00e9reuse. En 1977, \u00ab\u00a0La Laini\u00e8re\u00a0\u00bb annonce 200 licenciements. Malgr\u00e9 une restructuration (fermeture du site de Tourcoing et rapatriement de toute la production \u00e0 Roubaix), l&rsquo;entreprise reste en difficult\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La suite de la Laini\u00e8re tourne ensuite au drame\u00a0: en 1980 Christian Derveloy, directeur de \u00ab\u00a0La Laini\u00e8re\u00a0\u00bb, obtient la fusion des soci\u00e9t\u00e9s Am\u00e9d\u00e9e Prouvost, Prouvost-Lefebvre et la S.A.I.T sous la raison sociale Prouvost S.A. Ce groupe \u00e9clate en 1986 en deux soci\u00e9t\u00e9s distinctes. Le secteur v\u00eatements (Rodier, Vitos,\u00a0 Stemm&#8230;) constitue la soci\u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0Intexal\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0La Laini\u00e8re\u00a0\u00bb ne conserve plus que la branche filature (fils \u00e0 tricoter Pingouin, Welcomme, Pernelle, industriel de bonneterie et tissage; filiale Christory). Elle repr\u00e9sente encore 1,5 milliards de chiffre d&rsquo;affaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce chiffre s&rsquo;effondre au cours des ann\u00e9es 1980. Malgr\u00e9 des tentatives de redressement, les ventes de laine \u00e0 tricoter, qui repr\u00e9sentent 40 % du chiffre d&rsquo;affaires, diminuent de moiti\u00e9 en 1988-1989. Les effectifs se\u00a0 r\u00e9duisent au rythme des cessions et des fermetures de sites : 3000 ouvriers en 1988, 2000 en 1989 puis apr\u00e8s un nouveau licenciement de plus de 750 personnes, un plan industriel est mis en place. Sont privil\u00e9gi\u00e9s le r\u00e9seau Pingouin (laine et pulls), avec moins de points de vente; le fil industriel, avec une forte r\u00e9duction de production.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais ce plan ne suffit pas \u00e0 redresser la situation. En 1991, \u00ab\u00a0La Laini\u00e8re\u00a0\u00bb doit encore licencier 200 salari\u00e9s. En juillet 1991, Pierre Barberis, nouveau P.-D.G. de Prouvost S.A., d\u00e9cide de sp\u00e9cialiser ses entreprises dans la confection. \u00ab\u00a0La Laini\u00e8re\u00a0\u00bb (sans la marque Pingouin, qui a \u00e9t\u00e9 filialis\u00e9e) est d\u00e9sormais en sursis au sein du groupe. Les effectifs passent \u00e0 moins de 1000 employ\u00e9s entre 1991 et 1993. Cette situation aboutit \u00e0 la vente de \u00ab\u00a0La Laini\u00e8re\u00a0\u00bb en juin 1993 : elle est rachet\u00e9e par la filature de l&rsquo;Espierre, soci\u00e9t\u00e9 belge dont le directeur, Filip Verbeke, se sp\u00e9cialise dans le rachat d&rsquo;entreprises en difficult\u00e9 dans le Nord de la France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En d\u00e9cembre 1999, La Laini\u00e8re de Roubaix et ses derniers 208 salari\u00e9s, rendent les armes\u00a0 comme l\u2019exprime Yves Durand de fa\u00e7on tr\u00e8s po\u00e9tique dans la Voix du Nord : <em>\u00ab\u00a0Le monument \u00e9rig\u00e9 par Jean Prouvost en 1912 vivra ses derni\u00e8res heures dans la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, embrassant furtivement un mill\u00e9naire que plus personne n\u2019osait lui promettre. \u00a0Quelques mois plus t\u00f4t, le Peignage Am\u00e9d\u00e9e Prouvost et ses 130 salari\u00e9s avait d\u00e9j\u00e0 ferm\u00e9 ses portes. C\u2019est la fin d\u2019une grande affaire industrielle et humaine.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A ce moment, en 2000, les magazines du Groupe Marie Claire qui se sont d\u00e9velopp\u00e9s \u00e0 l\u2019International sous la direction d\u2019Evelyne Prouvost-Berry, sont d\u00e9clin\u00e9s en 52 \u00e9ditions \u00e0 travers le monde, dans 34 pays, sur 5 continents et en 18 langues &#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>(1) Jacques S\u00e9gu\u00e9la \u00ab\u00a0autobiographie non autoris\u00e9e\u00a0\u00bb 2009 <\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tous ceux qui l&rsquo;ont approch\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 subjugu\u00e9s, Jacques S\u00e9gu\u00e9la en t\u00e9moigne\u00a0: \u00a0\u00ab\u00a0Match\u00a0\u00bb fut ainsi mon universit\u00e9 en communication. L&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre s&rsquo;appelait \u00a0\u00bb bouclage \u00ab\u00a0. 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