{"id":503,"date":"2019-05-07T12:53:17","date_gmt":"2019-05-07T10:53:17","guid":{"rendered":"http:\/\/ns307812.ovh.net\/?p=503"},"modified":"2019-05-07T12:53:17","modified_gmt":"2019-05-07T10:53:17","slug":"lenseignement-primaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/2019\/05\/07\/lenseignement-primaire\/","title":{"rendered":"L&rsquo;enseignement primaire (2)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">La loi Duruy du 10 avril 1867, ne touche aux lois Guizot et Falloux que sur deux points : la limitation des privil\u00e8ges accord\u00e9s aux congr\u00e9ganistes et le d\u00e9veloppement de l&rsquo;instruction publique dans les milieux o\u00f9 il restait m\u00e9diocre, par l&rsquo;extension de la gratuit\u00e9 et par la cr\u00e9ation d&rsquo;\u00e9cole pour les filles. Cette politique de l&rsquo;Empire lib\u00e9ral s&rsquo;inscrit dans un mouvement d&rsquo;ensemble de l&rsquo;opinion publique, notamment de la bourgeoisie lib\u00e9rale et des associations ouvri\u00e8res :<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">&#8211;\u00a0<em>pour les enfants pauvres<\/em> : les communes sont autoris\u00e9es \u00e0 voter une imposition de 4 centimes extraordinaires pour assurer la gratuit\u00e9 de l&rsquo;enseignement dans leurs \u00e9coles. Elles re\u00e7oivent alors \u00e9ventuellement une aide de l&rsquo;Etat (art.8).<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">&#8211;\u00a0<em>pour les adultes<\/em>\u00a0: les instituteurs ou institutrices qui assureront les cours du soir pour les adultes recevront une indemnit\u00e9 (art.7).<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Toutes les conditions semblent d\u00e8s lors mises en place pour une meilleure instruction. Le compte-rendu de la s\u00e9ance du 27 ao\u00fbt 1868 du Conseil g\u00e9n\u00e9ral du Nord est \u00e0 ce sujet \u00e9loquent. Le rapporteur note : \u00ab <em>l\u2019instruction primaire a pris dans le d\u00e9partement du Nord un d\u00e9veloppement et une importance qui m\u00e9ritent toute l&rsquo;attention du Conseil g\u00e9n\u00e9ral. Les progr\u00e8s constat\u00e9s se sont surtout manifest\u00e9s dans les \u00e9coles sp\u00e9ciales aux filles et dans les cours d&rsquo;adultes sp\u00e9ciaux aux femmes ; c&rsquo;est l\u00e0 un des bienfaits de la loi du 10 avril 1868<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">En ajoutant aux \u00e9coles primaires, les cours d&rsquo;adultes, les classes d\u2019apprentis, les r\u00e9unions dominicales, les orphelinats et ouvroirs sp\u00e9ciaux, le rapporteur arrive \u00e0 une population scolaire de 300.000 \u00e2mes pour 1771 \u00e9tablissements (dont 1.213 \u00e9coles publiques, 346 \u00e9coles libres et 212 salles d&rsquo;asile). Toutefois l&rsquo;enthousiasme de ce rapporteur se trouve fortement att\u00e9nu\u00e9 par le rapport du Conseil d\u00e9partemental de l&rsquo;instruction publique devant ce m\u00eame Conseil g\u00e9n\u00e9ral dans la s\u00e9ance du 1er juillet 1868. S&rsquo;int\u00e9ressant \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole publique (1.213 \u00e9coles primaires), le Conseil chiffre \u00e0 166.000 (86.000 gar\u00e7ons et 80.000 filles) les enfants b\u00e9n\u00e9ficiant de cette instruction. Sur ce total, 99.500 (60\u00a0%) sont admis gratuitement.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Mais, selon les rapports d&rsquo;inspection, les enfants encore priv\u00e9s d&rsquo;instruction, sont plus de 10.500. Le Conseil conclut :\u00a0\u00ab\u00a0<em>Le mal est certain, quel rem\u00e8de ? Multiplier les \u00e9coles dans les grandes villes industrielles o\u00f9 s\u00e9vit surtout ce fl\u00e9au de l&rsquo;ignorance et de l&rsquo;incurie, combattre l\u2019indiff\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;instruction et l&rsquo;\u00e2pret\u00e9 au gain de la plupart des familles d&rsquo;ouvriers, \u00e9tendre la gratuit\u00e9, recommandation presque superflue, veiller \u00e0 une ex\u00e9cution plus consciencieuse et plus s\u00e9v\u00e8re de la loi sur le travail des enfants dans les manufactures, loi que tous les gens de c\u0153ur voudraient voir remise \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude, fonder comme l&rsquo;ont fait de riches et g\u00e9n\u00e9reux industriels, des \u00e9coles sp\u00e9ciales aupr\u00e8s des fabriques. Le conseil d\u00e9partemental appelle de tous ses v\u0153ux une am\u00e9lioration sur ce point<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Une correspondance entre le Recteur de l&rsquo;acad\u00e9mie de Douai, le Pr\u00e9fet du Nord, le Ministre de l\u2019instruction publique et le maire de Roubaix, nous renseigne sur la situation des \u00e9coles \u00e0 cette \u00e9poque. La ville de Roubaix, somm\u00e9e de pourvoir \u00e0 la construction de nouvelles \u00e9coles, confie \u00e0 la Commission de l&rsquo;Instruction publique le soin de r\u00e9diger un rapport \u00e9tablissant les besoins. Ce rapport, \u00e9tabli sur les effectifs des ann\u00e9es 1862 \u00e0 1866 et sur les locaux disponibles, estime qu&rsquo;il reste \u00e0 b\u00e2tir pour 1870 :<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">&#8211; des salles d&rsquo;asiles pour 2955 enfants,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">&#8211; des \u00e9coles de filles pour 2856 filles,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">&#8211; des \u00e9coles de gar\u00e7ons pour 1796 gar\u00e7ons,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">soit, pr\u00e9cise le rapport, 11 \u00e9coles pour 7607 enfants.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">En conclusion de ce rapport, la commission de l&rsquo;instruction publique affirme que la municipalit\u00e9 ne peut avoir : \u00ab\u00a0<em>la pr\u00e9tention d&rsquo;ex\u00e9cuter simultan\u00e9ment ces divers travaux, malgr\u00e9 les justes et incessantes r\u00e9clamations de Monsieur le Ministre de l&rsquo;Instruction publique\u00a0<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Elle regrette cependant l&rsquo;attitude de l&rsquo;un des premiers corps de l&rsquo;Etat (le minist\u00e8re de l&rsquo;int\u00e9rieur) qui s&rsquo;est \u00ab\u00a0<em>r\u00e9cri\u00e9 contre notre demande d&rsquo;une augmentation de taxe sur quelques articles de l&rsquo;octroi, qui pourrait nous procurer annuellement une recette suppl\u00e9mentaire de 100.000 francs\u00a0<\/em>\u00bb. La commission estime d\u00e8s lors qu&rsquo;il est impossible \u00e0 la municipalit\u00e9 d&rsquo;envisager cette d\u00e9pense pour g\u00e9n\u00e9raliser, ainsi que le gouvernement le d\u00e9sire, \u00ab\u00a0l&rsquo;Instruction publique et gratuite\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Alexandre Faidherbe, directeur de l\u2019\u00e9cole de la rue du Bois (ancienne \u00e9cole mutuelle), fondateur, en 1866, avec Th\u00e9odore Leuridan, de la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Emulation de Roubaix, tout en d\u00e9fendant la politique scolaire de la ville, explique les difficult\u00e9s auxquelles elle doit faire face : <em>\u00ab Roubaix est d\u2019hier, et pour satisfaire au besoin r\u00e9sultant d\u2019un accroissement de population sans exemple, il a fallu, en quelque sorte, y improviser instantan\u00e9ment des organisations et datations de service qui dans toutes les autres villes ont \u00e9t\u00e9 l\u2019\u0153uvre du temps. <\/em><em>Les d\u00e9penses consid\u00e9rables faites annuellement par la ville prouvent que la municipalit\u00e9, autant sinon qu\u2019en aucune autre cit\u00e9 en France, attache une grande importance \u00e0 l\u2019instruction primaire et l\u2019on peut dire encore ici, sous ce rapport, que le pass\u00e9 r\u00e9pond de l\u2019avenir.<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>Il importe d\u2019ailleurs de remarquer qu\u2019une partie notable de la population de Roubaix n\u2019est pas n\u00e9e et n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e dans cette ville, que les ouvriers flamands y viennent r\u00e9sider et s\u2019y marient en grand nombre et que nos \u00e9coles sont et doivent demeurer exclusivement fran\u00e7aises. (&#8230;) <\/em><em>Toutefois la n\u00e9cessit\u00e9 de mettre r\u00e9solument et d\u2019urgence la main \u00e0 l\u2019\u0153uvre pour la cr\u00e9ation de nouvelles \u00e9coles et salles d\u2019asile est g\u00e9n\u00e9ralement admise \u00e0 Roubaix.<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>Il y a l\u00e0\u00a0<b><strong>un int\u00e9r\u00eat moral<\/strong><\/b>, car les hommes dont l\u2019esprit et la raison sont \u00e9clair\u00e9s par les lumi\u00e8res de l\u2019instruction sont ceux dont la conduite priv\u00e9e est la moins reprochable ;\u00a0<b><strong>un int\u00e9r\u00eat mat\u00e9riel<\/strong><\/b>, car les ouvriers instruits sont \u00e9videmment les plus habiles ;\u00a0<b><strong>un int\u00e9r\u00eat social<\/strong><\/b>, car les d\u00e9linquants, et les criminels se recrutent surtout parmi les hommes qui n\u2019ont re\u00e7u aucune instruction<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>L\u2019urgence est telle que, pour \u00e9viter les longs d\u00e9lais que n\u00e9cessiteront des constructions d\u2019\u00e9coles, je voudrais que des maisons, des fabriques vacantes puissent \u00eatre achet\u00e9es ou lou\u00e9es pour \u00eatre appropri\u00e9es \u00e0 ce service. <\/em><em>Je suis convaincu que de grands \u00e9difices architecturaux ne sont nullement n\u00e9cessaires \u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Nous ne sommes donc pas \u00e9tonn\u00e9s lorsqu\u2019au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 1869, le conseiller d&rsquo;Etat, charg\u00e9 de l&rsquo;administration du d\u00e9partement du Nord \u00e9crit au maire de Roubaix que le recteur a signal\u00e9 au ministre de l&rsquo;instruction \u00ab\u00a0<em>l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;abandon dans lequel se trouvent un grand nombre d\u2019enfants de la population ouvri\u00e8re de Roubaix par suite de l&rsquo;insuffisance de locaux affect\u00e9s au service de l\u2019enseignement\u00a0<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le recteur Fleury aurait en outre signal\u00e9 que la ville avait peu de ressources et qu&rsquo;il serait opportun que l&rsquo;\u00e9tat lui pr\u00eat\u00e2t son concours. Poursuivant, le conseiller d&rsquo;Etat ajoute que le ministre est dispos\u00e9 \u00e0 seconder les efforts personnels faits par le maire de Roubaix en venant en aide \u00e0 la ville dans la mesure la plus large\u00a0mais, pr\u00e9cise-t-il, il est indispensable que l&rsquo;autorit\u00e9 locale pr\u00e9pare des projets de construction ou d&rsquo;appropriation.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">En avril, le conseiller d&rsquo;Etat sollicite \u00e0 nouveau la municipalit\u00e9 de Roubaix : \u00ab\u00a0<em>je vous serai oblig\u00e9, Monsieur le Maire, de me faire savoir si le Conseil municipal s&rsquo;est occup\u00e9 de cette affaire\u00a0<\/em>\u00bb. Quelques jours auparavant, le recteur de l&rsquo;acad\u00e9mie de Douai s&rsquo;est adress\u00e9 au ministre de l&rsquo;instruction publique, pour plaider la cause de Roubaix. Il commence par une description tr\u00e8s sombre de la situation :<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>\u00abJe n&rsquo;ai jamais cess\u00e9 un seul instant d&rsquo;appeler l&rsquo;attention de\u00a0la municipalit\u00e9 Roubaisienne sur les trop nombreux enfants qui, \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de chaque hiver, viennent frapper \u00e0 la porte des asiles et des \u00e9coles, mais en sont refoul\u00e9s souvent plusieurs ann\u00e9es de suite, \u00e0 cause du manque de place. J\u2019ai compt\u00e9 moi-m\u00eame, dans une seule classe, 190 enfants avec un seul ma\u00eetre. Sans doute, ceux-l\u00e0 sont \u00e0 l&rsquo;abri des intemp\u00e9ries, mais au point de vue du d\u00e9veloppement de leur intelligence, il est vraiment permis de se demander s&rsquo;ils sont beaucoup mieux partag\u00e9s que leurs petits camarades rest\u00e9s dans la rue \u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le recteur demande donc au ministre de l&rsquo;instruction d\u2019intervenir aupr\u00e8s de son coll\u00e8gue de l&rsquo;int\u00e9rieur afin que la municipalit\u00e9 obtienne une modification de son tarif d\u2019octroi. Usant de l\u2019argument de la loi, il pr\u00e9cise\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Si M. le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur repousse la demande de la ville de Roubaix, ce n&rsquo;est point exag\u00e9r\u00e9 de dire que 1.200 \u00e0 1.500 enfants vont encore, pendant des ann\u00e9es enti\u00e8res, se voir fermer des Asiles et des Ecoles qui en vertu de la loi devraient toujours s\u2019ouvrir d\u00e8s la premi\u00e8re demande des parents <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Pour conclure, le recteur Fleury use d&rsquo;un argument propre \u00e0 convaincre un ministre de l&rsquo;int\u00e9rieur : \u00ab\u00a0<em>Votre excellence, qui a visit\u00e9 Elle-m\u00eame Roubaix et qui conna\u00eet en outre les derni\u00e8res \u00e9meutes qui ont afflig\u00e9 cette ville, n&rsquo;a pas besoin que j&rsquo;insiste aupr\u00e8s d&rsquo;Elle sur la gravit\u00e9 toute sp\u00e9ciale des questions scolaires dans la banlieue de Lille notamment \u00e0 Roubaix<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Les d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par les \u00e9meutes qu&rsquo;\u00e9voque le recteur sont une des charges qui p\u00e8sent sur les finances communales et pour lesquels la municipalit\u00e9 envisage un imp\u00f4t suppl\u00e9mentaire (d\u00e9j\u00e0 plusieurs fois \u00e9voqu\u00e9 et ajourn\u00e9 car impopulaire). On comprend mieux l&rsquo;administration communale lorsqu&rsquo;elle demande, pour\u00a0<em>\u00ab\u00a0compl\u00e9ter ses \u00e9coles gratuites, \u00e0 \u00eatre autoris\u00e9e \u00e0 mettre une surtaxe sur cinq articles d&rsquo;octroi pour les mettre \u00e0 peu pr\u00e8s au niveau de ceux de Lille et Tourcoing<\/em>\u00a0\u00bb. La d\u00e9marche du Recteur Fleury n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 vaine. En effet, le 12 juin, Victor Duruy, \u00e9crit au Maire de Roubaix dans une de ses derni\u00e8res lettres de Ministre de l&rsquo;instruction publique (il sera remplac\u00e9 par Baudeau le 13 juillet) qu&rsquo;il se d\u00e9clare attach\u00e9 au succ\u00e8s de la demande form\u00e9e par la ville afin d&rsquo;obtenir des modifications de son tarif d&rsquo;octroi. Il informe n\u00e9anmoins le Maire que les plans et devis fournis par la ville ont \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9s pour \u00eatre soumis \u00e0 une nouvelle \u00e9tude.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le 14 octobre, le Pr\u00e9fet envoie un rapport au nouveau Ministre de l&rsquo;Instruction rendant compte des possibilit\u00e9s de financement de\u00a0la ville. Il nous apprend que l&rsquo;administration communale est sur le point de faire construire 3 \u00e9coles de gar\u00e7ons, 5 \u00e9coles de filles et 5 salles d&rsquo;asile pour un co\u00fbt pr\u00e9visible de 562.000 francs, financ\u00e9s par un emprunt de 400.000 francs (remboursable \u00e0 l&rsquo;aide du produit r\u00e9sultant de l&rsquo;augmentation de certaines taxes d&rsquo;octroi) et un secours esp\u00e9r\u00e9 de l&rsquo;Etat d\u2019un montant de 150.000 francs. Le Ministre de l&rsquo;int\u00e9rieur invite son coll\u00e8gue de l&rsquo;instruction, dans une lettre dat\u00e9e du 26 d\u00e9cembre, \u00e0 r\u00e9pondre favorablement \u00e0 cette demande de secours.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">En mai 1870, le Maire peut enfin se f\u00e9liciter de la conclusion donn\u00e9e \u00e0 cette affaire. L&rsquo;Etat accorde un secours de 80.000 francs aussit\u00f4t compl\u00e9t\u00e9 par une aide du d\u00e9partement. D&rsquo;autre part, un d\u00e9cret imp\u00e9rial autorise la municipalit\u00e9 \u00e0 percevoir des suppl\u00e9ments de droits sur \u201c<em>les vins, les alcools et les bi\u00e8res de l&rsquo;int\u00e9rieur et les charbons<\/em>\u201d. Seule l&rsquo;augmentation sur les bi\u00e8res venant du dehors a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">La municipalit\u00e9 charge imm\u00e9diatement la Commission des Ecoles de s&rsquo;occuper du choix \u201c<em>de deux emplacements reconnus le plus convenable pour l&rsquo;ex\u00e9cution de nos projets<\/em>\u201d.<\/p>\n<ul style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\n<li>juillet 1870, 4 classes furent ouvertes dans la maison des s\u0153urs de\u00a0la rue Pellart<\/li>\n<li>juin 1872, les \u00e9coles priv\u00e9es protestantes de gar\u00e7ons et de filles de la rue de Chanzy deviennent communales<\/li>\n<li>octobre 1873, cr\u00e9ation de quatre classes nouvelles \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole de gar\u00e7ons du Trichon (rue du Bois)<\/li>\n<li>septembre 1876, cr\u00e9ation de l&rsquo;\u00e9cole de gar\u00e7ons de la rue Delezenne<\/li>\n<li>avril 1877, ouverture d&rsquo;un asile et d&rsquo;une \u00e9cole de filles rue des Anges.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le bilan, en 7 ans, fut donc le suivant :<\/p>\n<ul style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\n<li>ouverture d\u2019une salle d\u2019asile<\/li>\n<li>ouverture ou agrandissement de trois \u00e9coles de filles<\/li>\n<li>ouverture ou agrandissement de trois \u00e9coles de gar\u00e7ons.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">On peut donc qu&rsquo;\u00eatre r\u00e9serv\u00e9 sur la r\u00e9ussite du plan municipal, surtout qu&rsquo;il faut, dans ces cr\u00e9ations tenir compte de la simple transformation de deux \u00e9coles et de l&rsquo;ajout de classes pour une autre.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">L&rsquo;Empire n&rsquo;a donc pas r\u00e9gl\u00e9, malgr\u00e9 de multiples injonctions et certains efforts financiers, le grave probl\u00e8me de l&rsquo;instruction primaire \u00e0 Roubaix. Qui plus est, Richard Hemeryck montre dans son \u00e9tude que le climat s&rsquo;est d\u00e9grad\u00e9 entre le gouvernement et le clerg\u00e9. Sous l&rsquo;Empire lib\u00e9ral, l&rsquo;opposition entre l&rsquo;Eglise et l&rsquo;Universit\u00e9 est devenue de plus en plus vive. Le Recteur Guillemin constate en avril 1865 que \u00ab\u00a0<em>l&rsquo;hostilit\u00e9 du clerg\u00e9 contre le gouvernement se traduit depuis quelque temps par une recrudescence d&rsquo;attaque contre l&rsquo;Universit\u00e9\u00a0<\/em>\u00bb. Dans ce conflit, la commune de Roubaix, aux mains des conservateurs, se range ouvertement du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Eglise, ce que le Recteur Fleury vit, en 1866, comme une v\u00e9ritable d\u00e9faite :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Nous avons \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement battus \u00e0 Roubaix. Dix-neuf voix ont repouss\u00e9 l&rsquo;Universit\u00e9, douze ont vot\u00e9 pour elle. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 qu&rsquo;une institution libre recevrait des professeurs de l&rsquo;Archev\u00each\u00e9 (&#8230; ) Le maire accepte des professeurs la\u00efcs, pourvu qu&rsquo;ils ne soient pas choisis par l&rsquo;Universit\u00e9\u00a0<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Ceci explique en grande partie, la vigueur de la correspondance de 1869, et le peu d&#8217;empressement de la municipalit\u00e9 \u00e0 remplir ses engagements vis-\u00e0-vis du gouvernement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La loi Duruy du 10 avril 1867, ne touche aux lois Guizot et Falloux que sur deux points : la limitation des privil\u00e8ges accord\u00e9s aux congr\u00e9ganistes et le d\u00e9veloppement de l&rsquo;instruction publique dans les milieux o\u00f9 il restait m\u00e9diocre, par l&rsquo;extension de la gratuit\u00e9 et par la cr\u00e9ation d&rsquo;\u00e9cole pour les filles. 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