{"id":639,"date":"2019-05-11T19:09:00","date_gmt":"2019-05-11T17:09:00","guid":{"rendered":"http:\/\/ns307812.ovh.net\/?p=639"},"modified":"2019-05-11T19:09:00","modified_gmt":"2019-05-11T17:09:00","slug":"le-boulevard-beaurepaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/2019\/05\/11\/le-boulevard-beaurepaire\/","title":{"rendered":"Le boulevard Beaurepaire"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Cette importante art\u00e8re qui mesure 1 250 m\u00e8tres de longueur sur une largeur de 20 m\u00e8tres part de la place Faidherbe pour aboutir au Pont du Sartel. Elle fut class\u00e9e en 1871 et porte le nom d&rsquo;une seigneurie cit\u00e9e d\u00e8s le XIIIe si\u00e8cle dont Gillebiers de Beaurepaire, noble homme, qui \u00e9tait homme de fief du seigneur de Roubaix. Il s&rsquo;y trouvait une \u00ab\u00a0cense\u00a0\u00bb qui disparut au XIXe si\u00e8cle et dont le dernier fermier Pierre Delannoy, fut conseiller municipal en 1834. Il est l&rsquo;un de ceux qui avaient milit\u00e9 sans succ\u00e8s pour la division de Roubaix en deux communes : Roubaix-Ville et Roubaix-Campagne. Les fermiers qui d\u00e9fendaient cette th\u00e8se s&rsquo;\u00e9levaient en particulier contre les droits qui frappaient toutes leurs r\u00e9coltes ramass\u00e9es sur leurs terres ext\u00e9rieures \u00e0 Roubaix. Depuis 1802, en effet un octroi taxait toutes les entr\u00e9es de marchandises en ville, un bureau de l&rsquo;octroi se trouvait \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e du boulevard de Beaurepaire.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Pr\u00e8s de la ferme, une modeste chapelle \u00e9rig\u00e9e vers 1815, \u00e9tait d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Notre-Dame des Gr\u00e2ces en vertu d&rsquo;un voeu des fermiers pour la gu\u00e9rison de leur fils infirme. Cette chapelle fut d\u00e9molie en 1904. Lors des processions des Rogations (qui se d\u00e9roulaient chaque ann\u00e9e durant trois jours pr\u00e9c\u00e9dant l&rsquo;Ascension pour implorer la protection du ciel sur les r\u00e9coltes), le cort\u00e8ge religieux qui quittait l&rsquo;\u00e9glise Saint-Martin, seule paroisse \u00e0 Roubaix jusqu&rsquo;en 1846, se rendant \u00e0 cette chapelle. Le d\u00e9veloppement industriel de Roubaix devait modifier compl\u00e8tement l&rsquo;aspect du boulevard de Beaurepaire.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Les terrains disponibles permirent l&rsquo;implantation d&rsquo;entreprises importantes, telles que la Brasserie Dazin Fr\u00e8res (au n\u00b025), dans laquelle un incendie s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9clar\u00e9 il y a juste un si\u00e8cle le 26 avril 1893, devenue vers 1910 la soci\u00e9t\u00e9 Delcourt et Salembier, puis apr\u00e8s 1920 la brasserie de Beaurepaire. C\u2019\u00e9tait l&rsquo;une des plus importantes de Roubaix. Quelques pas plus loin, au n\u00b035, se trouvait la minoterie Courouble Fr\u00e8res, et juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9, au n\u00b037, l&rsquo;entreprise G. Lehoucq, bois et scieries, toujours pr\u00e9sente \u00e0 la m\u00eame adresse, ce qui en fait une des maisons centenaires de Roubaix puisqu&rsquo;elle est cit\u00e9e au m\u00eame endroit d\u00e8s 1892 &#8230; Au n\u00b0209, le Peignage de Beaurepaire.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Du c\u00f4t\u00e9 pair, le \u00ab\u00a0Conditionnement public\u00a0\u00bb de la Chambre de Commerce de Roubaix, voisin des b\u00e2timents de l&rsquo;usine Motte et Blanchot, rue de Babylone. Au n\u00b0 108, un fabricant de chicor\u00e9e du nom de Lucas n&rsquo;eut qu&rsquo;une pr\u00e9sence \u00e9ph\u00e9m\u00e8re et au n\u00b0 288 bis, le bureau de l&rsquo;Octroi de Roubaix mettait le point final.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Cette forte pr\u00e9sence de l&rsquo;industrie et du commerce s&rsquo;\u00e9tait accompagn\u00e9e d&rsquo;un d\u00e9veloppement des constructions \u00e0 usage d&rsquo;habitation et surtout de cabarets nombreux dans cette rue dont les enseignes t\u00e9moignent de la client\u00e8le \u00e0 laquelle ils aspiraient : <em>au Repos des Charbonniers<\/em>, au <em>Boeuf Gra<\/em>s, <em>au Bon Coin<\/em>, \u00e0 la <em>Brasserie de Beaurepaire<\/em>, \u00e0 <em>la Petite Hirondelle<\/em>, A <em>la Descente des Forgerons<\/em>, A <em>la Citerne de Beaurepaire<\/em>, \u00e0 <em>la R\u00e9union des Fileurs<\/em>, A <em>l&rsquo;Arriv\u00e9e de Leers<\/em>, au <em>Franc Coqueleur<\/em>, A <em>l&rsquo;Hidalgo<\/em>. Cinq cour\u00e9es s&rsquo;ins\u00e9raient dans cette vaste art\u00e8re : les cours Bonnet, Fauvarque, Duquesnoy, Raux et Spriet.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Pour assurer les communications avec le centre ville, courait une ligne de tramways, en deux tron\u00e7ons (ligne H et ligne n\u00b06) qui fusionneront en 1936 sous le vocable H lorsque pourra enfin cesser le transbordement en gare du Pile pour les voyageurs se rendant \u00e0 Leers ou en venant. Le tramway sera remplac\u00e9 en 1953 par des autobus.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">De nos jours, le boulevard de Beaurepaire est toujours une importante voie du r\u00e9seau de communication entre Roubaix et Leers ou Wattrelos. Deux rang\u00e9es d&rsquo;arbres, dont la plantation \u00e9tait pr\u00e9vue en 1914, lui donnent durant la belle saison un semblant de verdure.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le premier \u00ab\u00a0Conditionnement public\u00a0\u00bb de Roubaix fut autoris\u00e9 par un d\u00e9cret du 31 ao\u00fbt 1858. Dans sa r\u00e9union du 11 avril 1857, le Conseil municipal avait souhait\u00e9 cette cr\u00e9ation. Il fut install\u00e9 dans les b\u00e2timents pr\u00e9c\u00e9demment \u00e0 usage de teinturerie appartenant \u00e0 la famille Duforest et que la ville avait acquis \u00e0 la suite d&rsquo;une d\u00e9claration d&rsquo;utilit\u00e9 publique prononc\u00e9e par le Tribunal Civil de Lille le 4 mars 1854. Cet achat avait \u00e9t\u00e9 fait en provision de l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;un march\u00e9 couvert, mais cette id\u00e9e ayant \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e, l&rsquo;immeuble fut affect\u00e9 au conditionnement.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">En 1880, les installations se r\u00e9v\u00e9lant insuffisantes, on d\u00e9cide d&rsquo;acqu\u00e9rir diff\u00e9rents terrains totalisant 7 056 m\u00e8tres carr\u00e9s entre le boulevard d&rsquo;Halluin et la rue de la Chauss\u00e9e. Sur ce terrain, on construira un \u00e9tablissement adapt\u00e9 au volume de l&rsquo;activit\u00e9 roubaisienne. Il sera ouvert en 1883. Les b\u00e2timents de la rue du Ch\u00e2teau lib\u00e9r\u00e9s\u00a0 par ce transfert sont alors affect\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rents services municipaux.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">En 1894, la Municipalit\u00e9, en raison du d\u00e9veloppement de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique, envisage de cr\u00e9er un second \u00e9tablissement de conditionnement. Dans ce but, elle d\u00e9cide l&rsquo;achat \u00e0 Madame Veuve Motte-Grimonprez d&rsquo;un terrain de 9 197 m\u00e8tres carr\u00e9s entre la place Faidherbe, le Boulevard de Beaurepaire et la rue Monge. Cette d\u00e9cision provoque un litige avec la Chambre de Commerce qui souhaitait cr\u00e9er elle-m\u00eame ce nouveau conditionnement alors que la Municipalit\u00e9 avait les m\u00eames pr\u00e9tentions.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Il s&rsquo;ensuit une succession de discussions qui retarderont l&rsquo;ex\u00e9cution du projet, lequel prend corps le 27 octobre 1899, date \u00e0 laquelle un d\u00e9cret pr\u00e9fectoral autorise la Chambre de Commerce de Roubaix \u00e0 cr\u00e9er boulevard de Beaurepaire une \u00ab succursale du Conditionnement public \u00bb. Le 23 avril 1909, le Conseil municipal d\u00e9cide de fusionner les deux Conditionnements sous la direction unique de la Chambre de Commerce de Roubaix.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Enfin, par un d\u00e9cret du 11 d\u00e9cembre 1928, la Chambre de Commerce est autoris\u00e9e \u00e0 r\u00e9silier le contrat de gestion pass\u00e9 en 1909 avec la ville, \u00e0 acqu\u00e9rir le Conditionnement du boulevard d&rsquo;Halluin (propri\u00e9t\u00e9 de la ville jusqu&rsquo;alors) et le bureau de Mesurage public. Ce dernier service comprenait avant 1914 quatre bureaux (rue des Sept Ponts, rue Lacroix, rue Nain et rue de l&rsquo;Alma). Apr\u00e8s la guerre de 1914-1918, seul le bureau de la rue de l&rsquo;Alma fut rouvert jusqu&rsquo;en 1929, date \u00e0 laquelle il fut ferm\u00e9 et les op\u00e9rations transf\u00e9r\u00e9es au Conditionnement.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">La r\u00e9cession \u00e9conomique qui a r\u00e9duit la production textile roubaisienne a amen\u00e9 la cessation de l&rsquo;activit\u00e9 du Conditionnement du boulevard de Beaurepaire dont les b\u00e2timents accueillent aujourd\u2019hui des activit\u00e9s et des animations culturelles sous l\u2019enseigne de \u00ab\u00a0La Condition Publique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>Ce texte figure dans le tome 1 de l\u2019histoire des rues de Roubaix, paru en 1999-2000. Les fl\u00e2neurs, auteurs de ces chroniques, n\u2019ayant jamais pr\u00e9tendu \u00eatre exhaustifs, tout compl\u00e9ment est le bien venu, en citant les sources, bien entendu. D\u2019avance merci\u00a0! <\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: right;\"><em>Philippe Waret<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette importante art\u00e8re qui mesure 1 250 m\u00e8tres de longueur sur une largeur de 20 m\u00e8tres part de la place Faidherbe pour aboutir au Pont du Sartel. 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