{"id":653,"date":"2019-05-12T07:46:42","date_gmt":"2019-05-12T05:46:42","guid":{"rendered":"http:\/\/ns307812.ovh.net\/?p=653"},"modified":"2019-05-12T07:46:42","modified_gmt":"2019-05-12T05:46:42","slug":"la-chapelle-carette","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/2019\/05\/12\/la-chapelle-carette\/","title":{"rendered":"La chapelle Carette"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>La d\u00e9votion \u00e0 Notre-Dame d\u2019Assistance a pris naissance au seuil du 18<sup>e<\/sup> si\u00e8cle qui voyait en m\u00eame temps la fin du r\u00e8gne de Louis XIV. <\/big><big>Depuis une longue p\u00e9riode, les guerres incessantes avaient troubl\u00e9 la s\u00e9curit\u00e9. On subissait les fr\u00e9quentes incursions de bandits puissants qui avaient \u00e9tabli leur quartier g\u00e9n\u00e9ral dans la ville d\u2019Ath en Hainaut et, de l\u00e0, ran\u00e7onnaient les fermes et les villes ouvertes. On appelait ces brigands les \u00ab\u00a0Catulas\u00a0\u00bb.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>En 1692, ils avaient pill\u00e9 et r\u00e9duit en cendres la ferme de la \u00ab Grande Vigne \u00bb, sur les confins de Wattrelos. En 1709, ils avaient ravag\u00e9 les fiefs du Chemin des Couteaux. Ils revinrent aux alentours de 1713 et, cette fois, pour un plus long \u00ab\u00a0stage\u00a0\u00bb. Toute la population se r\u00e9fugia au centre, dans l\u2019enceinte militaire gard\u00e9e.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Certain jour qu\u2019un riche fermier roubaisien, Pierre Delbecque-Jonville s\u2019\u00e9tait risqu\u00e9 dans la campagne, il fut assailli par les Catulas, d\u00e9pouill\u00e9 de ses v\u00eatements et garrott\u00e9. Allait-on le tuer ou exiger ran\u00e7on\u00a0? Tandis qu\u2019on d\u00e9lib\u00e9rait sur son sort, le malheureux se tourne vers la Vierge qu\u2019il avait coutume de prier et invoqua son assistance. La r\u00e9ponse fut imm\u00e9diate. Les bandits, sans motif apparent, s\u2019en all\u00e8rent aussit\u00f4t, l\u2019abandonnant sur le terrain.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>C\u2019est pour reconna\u00eetre cette intervention miraculeuse que Pierre Delbecque fit construire, sur un chemin qu\u2019on peut situer aujourd\u2019hui au carrefour des rues d\u2019Archim\u00e8de et de Blanchemaille, une jolie chapelle en briques, orn\u00e9e de pierres blanches, qui mesurait de 6 \u00e0 7 m\u00e8tres en longueur sur une largeur de 5. Un beau campanile en ornait la fa\u00e7ade ; on y mit une cloche si sonore qu\u2019on l\u2019entendait \u00e0 six kilom\u00e8tres \u00e0 la ronde. On y pla\u00e7a surtout une tr\u00e8s belle statue de la Vierge qu\u2019on invoqua sous le vocable de Notre-Dame d\u2019Assistance. L\u2019Enfant porte le globe du monde surmont\u00e9 de la croix. Il saisit de la main, le sceptre que soutient sa m\u00e8re. La Vierge et l\u2019Enfant sont couronn\u00e9s. L\u2019ensemble figure bien la double royaut\u00e9 du Fils de Dieu et de sa divine M\u00e8re sur l\u2019univers tout entier. La chapelle fut confi\u00e9e aux soins d\u2019un homme pieux et bon, Louis Carette, si bien qu\u2019elle finit par en porter le nom.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>B\u00e9nie le 2 juillet 1718 pendant la F\u00eate de la Visitation, cette chapelle devint le centre de la d\u00e9votion roubaisienne \u00e0 Marie. On n\u2019y disait pas la Messe, mais tous les samedis de l\u2019ann\u00e9e et tous les jours de Car\u00eame, quand les chemins \u00e9taient praticables, on s\u2019y rassemblait pour chanter les Litanies de la Sainte Vierge, r\u00e9citer le chapelet ou entendre quelque pieuse lecture.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Soixante-dix ans plus tard \u00e9clate la Grande R\u00e9volution. Tout ce qui porte un nom chr\u00e9tien est pourchass\u00e9. La chapelle Carette est ferm\u00e9e. Des bandes arm\u00e9es d\u00e9pouillent Notre-Dame d\u2019Assistance de ses riches ornements, volent les deux couronnes d\u2019argent ainsi que le sceptre marial. Celui-ci est arrach\u00e9 avec tant de violence que la main du Christ en est mutil\u00e9e. Le gardien de la chapelle, Louis Agache, se d\u00e9voua pour emporter la statue dans ses bras, la cacher jusqu\u2019au soir dans une meule de foin et l\u2019emmener la nuit, au p\u00e9ril de sa vie, dans la maison qu\u2019il habitait rue du Pays.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Avec non moins de courage, il sauva la cloche dont le son argentin ne se faisait plus entendre pour l\u2019appel de l\u2019Ang\u00e9lus. Quant \u00e0 la chapelle, malgr\u00e9 les courageuses interventions, elle fut livr\u00e9e au pillage des d\u00e9molisseurs qui creus\u00e8rent jusque dans les fondations, persuad\u00e9s d\u2019y trouver un tr\u00e9sor \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la premi\u00e8re pierre. Les mat\u00e9riaux vendus \u00e0 la cri\u00e9e, furent adjug\u00e9s pour la somme de 2,50 francs. Il ne resta du sanctuaire, qu\u2019un vieux tilleul qui l\u2019abritait de son ombre et en rappelait l\u2019emplacement.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Au sortir de la R\u00e9volution, nos p\u00e8res \u00e9taient trop croyants pour ne pas continuer d\u2019invoquer en secret Notre-Dame d\u2019Assistance. La famille Agache, qui avait sauv\u00e9 la statue, aimait s\u2019agenouiller devant elle, grossie parfois de tous les gens du voisinage. La Vierge fut \u00e9chue, par voie de succession \u00e0 Charles Agache qui habitait cette partie de la rue du Fontenoy qu\u2019on nommait alors \u00ab<em> la barri\u00e8re des \u00e9corcheurs \u00bb<\/em>.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>C\u2019\u00e9tait devenu un dicton dans Roubaix, en cas de maladie ou d\u2019\u00e9preuve, qu\u2019il fallait <em>\u00ab\u00a0allumer des chandelles \u00e0 la maison Charles\u00a0<\/em>\u00bb. Sur le tilleul qui rappelait le souvenir de la chapelle Carette, la Terreur \u00e0 peine achev\u00e9e, on avait fix\u00e9 dans une niche une statuette de la Vierge.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Mais voici qu\u2019un nouveau miracle vint r\u00e9veiller le culte public. On \u00e9tait en 1817, juste un si\u00e8cle apr\u00e8s la d\u00e9livrance miraculeuse de Pierre Delbecque.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>En juillet, Louis Delbecque, l\u2019arri\u00e8re-petit-fils du fondateur, est atteint d\u2019une fi\u00e8vre mortelle, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de sept ans. Le m\u00e9decin de famille a perdu tout espoir, c\u2019est le d\u00e9nouement fatal pour la nuit m\u00eame. Le p\u00e8re de l\u2019enfant ne s\u2019y r\u00e9signe pas. Il se tourna \u00e0 nouveau vers Notre-Dame d\u2019Assistance et lui promet de restaurer la chapelle s\u2019il a le bonheur de voir survivre l\u2019h\u00e9ritier de son nom. Le v\u0153u \u00e0 peine formul\u00e9 est exauc\u00e9 sans d\u00e9lai. Quand le m\u00e9decin reviendra, quelques heures apr\u00e8s, dans la pens\u00e9e de constater le d\u00e9c\u00e8s, il trouvera l\u2019enfant en pleine convalescence.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Le mois d\u2019ao\u00fbt suivant, c\u2019est cet enfant qui posa lui-m\u00eame la premi\u00e8re de la nouvelle chapelle. Celle-ci, un peu plus petite que la pr\u00e9c\u00e9dente, abrita une nouvelle cloche et une nouvelle statue, les statue et cloche primitives ayant, par voie de donation ou d\u2019h\u00e9ritage, pass\u00e9 en d\u2019autres mains. <\/big><big>On vit refleurir l\u2019antique d\u00e9votion \u00e0 la Vierge de Roubaix. Les passants s\u2019arr\u00eataient pour prendre de l\u2019eau b\u00e9nite et r\u00e9citer une pri\u00e8re devant l\u2019image sacr\u00e9e. Tous les jours, pendant la belle saison, \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, tous les samedis en hiver vers les 9 heures du soir au son de la cloche, on y priait ensemble. <\/big><big>Tous les dimanches sans exception, la r\u00e9union s\u2019y tenait \u00e0 l\u2019issue des V\u00eapres et, en la nuit de No\u00ebl, c\u2019est \u00e0 minuit m\u00eame que l\u2019on venait de partout s\u2019y associer aux joies de la Maternit\u00e9 de la Sainte Vierge. On appelait cela <em>\u00ab\u00a0chanter les Litanies\u00a0\u00bb.<\/em><\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Au troisi\u00e8me jour des Rogations, le clerg\u00e9 de Saint Martin puis, \u00e0 partir de 1846, celui de Notre-Dame, apr\u00e8s avoir b\u00e9ni les campagnes, s\u2019arr\u00eatait en procession pour chanter \u00e0 la chapelle Carette le <em>\u00ab R\u00e9gina Coeli \u00bb. <\/em><\/big><big>Quand il y avait procession dans Roubaix aux f\u00eates du Saint Sacrement, des Saints Pierre et Paul, du Sacr\u00e9-c\u0153ur, de l\u2019Ascension ou de la ducasse, on voyait les porteuses de la statue venir chercher Notre-Dame d\u2019Assistance et la m\u00ealer au cort\u00e8ge qui d\u00e9filait dans la ville ou \u00e0 travers champs.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>C\u2019est l\u2019agrandissement de la cit\u00e9 qui amena, en 1858, la destruction de la chapelle Carette. B\u00e2tie originairement en plein champs, elle se trouva plac\u00e9e dangereusement plus tard \u00e0 un carrefour de circulation. Le maire de la ville demanda son transfert en quelque autre endroit. <\/big><big>Comme l\u2019ann\u00e9e suivante, le 15 mai 1859, on posait la premi\u00e8re pierre de l\u2019\u00e9glise Saint-Fran\u00e7ois, les religieux R\u00e9collets, c\u2019est-\u00e0-dire les Franciscains belges qui devaient en \u00eatre les desservants, furent charg\u00e9s du culte de Notre-Dame d\u2019Assistance. Une jolie chapelle y fut am\u00e9nag\u00e9e et, au cours de l\u2019ann\u00e9e 1862, la Vierge de Roubaix y trouvait une demeure, cette fois d\u00e9finitive.<\/big><\/p>\n<div id=\"attachment_1027\" style=\"width: 533px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1027\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-1027\" src=\"http:\/\/www.histoirederoubaix.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/DSC04970.jpg\" alt=\"\" width=\"523\" height=\"698\" srcset=\"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/DSC04970.jpg 900w, https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/DSC04970-225x300.jpg 225w, https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/DSC04970-768x1024.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 523px) 100vw, 523px\" \/><p id=\"caption-attachment-1027\" class=\"wp-caption-text\">la chapelle dans l&rsquo;\u00e9glise Saint-Fran\u00e7ois \u00a9EG<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>En 1877, d\u2019actives recherches heureusement couronn\u00e9es de succ\u00e8s, acquirent \u00e0 l\u2019\u00e9glise Saint-Fran\u00e7ois la cloche et la statue primitive de la chapelle Carette.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\" align=\"right\"><em><big>D\u2019apr\u00e8s les archives de la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Emulation de Roubaix<\/big><\/em><\/p>\n<p align=\"right\"><em><big>1860-1960 Centenaire de l\u2019\u00e9glise Saint-Fran\u00e7ois d\u2019Assise \u00e0 Roubaix<\/big><\/em><\/p>\n<p align=\"right\"><em><big>Fonds d\u2019archives de Jacques Prouvost<\/big><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La d\u00e9votion \u00e0 Notre-Dame d\u2019Assistance a pris naissance au seuil du 18e si\u00e8cle qui voyait en m\u00eame temps la fin du r\u00e8gne de Louis XIV. 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