{"id":655,"date":"2019-05-12T08:08:25","date_gmt":"2019-05-12T06:08:25","guid":{"rendered":"http:\/\/ns307812.ovh.net\/?p=655"},"modified":"2019-05-12T08:08:25","modified_gmt":"2019-05-12T06:08:25","slug":"le-college-notre-dame-des-victoires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/2019\/05\/12\/le-college-notre-dame-des-victoires\/","title":{"rendered":"Le coll\u00e8ge Notre-Dame des Victoires"},"content":{"rendered":"<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>C&rsquo;est en 1845 que l&rsquo;Abb\u00e9 Lecomte, sup\u00e9rieur du coll\u00e8ge de Tourcoing cr\u00e9e l&rsquo;Institution Notre-Dame des Victoires dans la ville voisine de Roubaix. Celle-ci est une agglom\u00e9ration importante de plus de trente mille habitants, chiffre qu&rsquo;elle d\u00e9passera avec pr\u00e8s de 120.000 peu avant la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Tourcoing, autre grande ville du textile, conna\u00eet la m\u00eame \u00e9volution d\u00e9mographique.<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>En 1843, la famille Destombes y \u00e9l\u00e8ve une chapelle priv\u00e9e d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Notre-Dame des Victoires. Rappelons la date de 1838 qui voit la cr\u00e9ation de l&rsquo;\u00ab <em>Archiconfr\u00e9rie du Tr\u00e8s Saint et Immacul\u00e9 c\u0153ur de Marie<\/em> \u00bb au sein de l&rsquo;\u00e9glise Notre-Dame des Victoires \u00e0 Paris. En 1841, Fran\u00e7ois Libermann fonde \u00e0 Amiens la congr\u00e9gation du Sacr\u00e9-C\u0153ur de Marie en liaison avec l&rsquo;archiconfr\u00e9rie de Paris. Quatre ans plus tard, c&rsquo;est donc le tour de Roubaix. Son \u00e9tablissement scolaire (avec sa confr\u00e9rie) est le seul \u00e0 \u00eatre plac\u00e9 sous ce vocable au sein de l&rsquo;Acad\u00e9mie de Douai (qui sera plus tard celle de Lille). Par ailleurs, dans la r\u00e9gion de Lille, vers le sud est, on recense, \u00e0 partir de 1850, plusieurs chapelles et \u00e9glises d\u00e9di\u00e9es \u00e0 Notre-Dame des Victoires, pour la plupart construites <em>ex nihilo<\/em>.<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>\u00a0\u00a0<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><span style=\"color: #339966;\"><big><strong>Le coll\u00e8ge de Roubaix<\/strong><\/big><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big> <\/big><big>Cet \u00e9tablissement scolaire est install\u00e9 \u00e0 la limite de la ville, au lieu dit \u00ab\u00a0<em>La Fosse aux Ch\u00eanes\u00a0\u00bb<\/em>. Le biographe de son fondateur n&rsquo;explique pas pourquoi la d\u00e9nomination \u00e0 Notre-Dame des Victoires fut choisie mais pr\u00e9cise quand m\u00eame que des propositions furent faites pour \u00abNotre-Dame des Champs\u00bb. Mais le pr\u00eatre fondateur tint bon et en 1850 renouvelle ses recommandations en faveur du patronage du Sacr\u00e9 C\u0153ur de Marie, refuge des p\u00e9cheurs. \u00a0Comment connaissait-il la confr\u00e9rie de Paris ? La consultation des titres des livres des cabinets de lecture de la ville de Roubaix est st\u00e9rile, aucune trace d&rsquo;ouvrages traitant du culte marial. Nous ne connaissons pas non plus la biblioth\u00e8que de l&rsquo;abb\u00e9 Lecomte, mais nous savons, toujours par la m\u00eame source, que celui-ci fr\u00e9quentait deux \u00e9minentes personnalit\u00e9s parisiennes, Rousselle et Geoffroy Saint-Hilaire qui l&rsquo;ont peut-\u00eatre inform\u00e9 sur la naissance de ce nouveau culte marial. En tout cas, les dates co\u00efncident parfaitement.<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>\u00a0<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>L&rsquo;\u00e9tablissement scolaire occupe une ancienne filature et, en 1868, subit d&rsquo;importantes modifications architecturales. Une nouvelle chapelle y est \u00e9difi\u00e9e, heureusement pr\u00e9serv\u00e9e lors des travaux r\u00e9cents (en 2000) effectu\u00e9s lors de la r\u00e9novation du Lyc\u00e9e Turgot qui s&rsquo;est install\u00e9 en ces lieux. En effet, le coll\u00e8ge avait d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 pour de nouveaux b\u00e2timents ouverts en 1893. C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9poque des conflits avec la municipalit\u00e9 propri\u00e9taire des lieux. Une livraison compl\u00e8te des \u00ab M\u00e9moires de la Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00c9mulation de Roubaix \u00bb (t. VI, 1890) est consacr\u00e9e \u00e0 cette Histoire de l&rsquo;Institution Notre-Dame des Victoires de Roubaix par l&rsquo;abb\u00e9 Th\u00e9odore Leuridan. L&rsquo;acquisition de terrains, la collecte des capitaux sont r\u00e9alis\u00e9es en 1892, date o\u00f9 les socialistes avec le \u00ab\u00a0guesdiste\u00a0\u00bb Carette emportent la municipalit\u00e9.<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>\u00a0<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>\u00c0 partir de 1893, le coll\u00e8ge est dans ses murs avec une chapelle construite par l&rsquo;architecte Achille Liagre. On comprend alors, dans ce contexte politique tr\u00e8s particulier, le discours de Mgr Baunard, recteur de la jeune et active Universit\u00e9 catholique \u00e0 propos du jubil\u00e9 de l&rsquo;Abb\u00e9 Henri Chab\u00e9, sup\u00e9rieur du coll\u00e8ge. Citons : \u00ab <em>Cette maison, c&rsquo;est son palais (Notre-Dame des Victoires) palais et citadelle \u00e0 la fois, puisque nous sommes toujours sur un champ de bataille \u00bb<\/em>, et \u00e9galement ces lignes extraites de l&rsquo;Album souvenir 1845-1900 : \u00ab<em> en 1892, les \u00e9lections furent fatales. Ce grave \u00e9chec provoqua un admirable \u00e9lan des catholiques et leur revanche fut la construction de leur coll\u00e8ge \u00bb<\/em> (4). Un vitrail de la chapelle sign\u00e9 Vantillard (5) illustre bien la situation sociale des \u00e9l\u00e8ves : sous l&rsquo;\u0153il bienveillant de Notre-Dame des Victoires, des communiants re\u00e7oivent leur hostie en compagnie de Saint-Louis de Gonzague. En marge, les noms des donateurs : Motte, Toulemonde, Prouvost, Mulliez, c&rsquo;est-\u00e0-dire ceux des plus riches familles de Roubaix dont les tombes encore majestueuses occupent \u00e0 pr\u00e9sent la grande all\u00e9e des concessions \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 du cimeti\u00e8re communal. La fa\u00e7ade de la chapelle construite au fond d&rsquo;une cour carr\u00e9e est orn\u00e9e d&rsquo;un porche surmont\u00e9 d&rsquo;une grande statue de Notre-Dame des Victoires. Le d\u00e9cor ext\u00e9rieur, les vitraux, les statues entretiennent le souvenir du culte de Notre-Dame. \u00c0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, derri\u00e8re de hauts murs fermant la rue, les b\u00e2timents de trois \u00e9tages portent sur leurs fa\u00e7ades \u00e0 chaque niveau et r\u00e9guli\u00e8rement espac\u00e9s des fers d&rsquo;ancrages avec les lettres N.D.V.<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>\u00a0<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Gr\u00e2ce \u00e0 la consultation des diff\u00e9rentes archives (coll\u00e8ge, dioc\u00e8se et d\u00e9partement) et aussi des nombreux bulletins (Bulletins de l&rsquo;association des anciens de Notre-Dame des Victoires, ou Bulletins produits par le coll\u00e8ge lui-m\u00eame, plaquettes publi\u00e9es \u00e0 l&rsquo;occasion de jubil\u00e9s ou de voyages) il nous est possible de suivre quelque peu la vie spirituelle du coll\u00e8ge. Dans les recommandations pour les pr\u00eaches, on parle du C\u0153ur immacul\u00e9 de Marie seulement jusque 1860. Chaque ann\u00e9e, un voyage est organis\u00e9 avec un train sp\u00e9cial pour Namur, Bruxelles et les grands lieux du p\u00e8lerinage. Les \u00e9l\u00e8ves visitent Paris, se rendent au Sacr\u00e9-C\u0153ur mais n\u00e9gligent le passage \u00e0 Notre-Dame des Victoires. Celle-ci est invoqu\u00e9e cependant dans les ann\u00e9es trente par un chant dont voici le texte :<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>\u00a0<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big><em>\u00ab\u00a0Vierge qui d\u00e9fends le monde<\/em><\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big><em>Toi qui foules le serpent<\/em><\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big><em>Tu vainquis le vice immonde<\/em><\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big><em>A nos pieds toujours rampants<\/em><\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big><em>Notre Dame sous l&rsquo;\u00e9gide de ton bras<\/em><\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big><em>Fiers \u00e9mules de ta gloire<\/em><\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big><em>Nous menons de bons combats<\/em><\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big><em>Patronne de la France tu la guides de ta main<\/em><\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big><em>Par la joie et la souffrance vers son glorieux destin.\u00a0\u00bb<\/em><\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>\u00a0<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Ce chant (6) de l&rsquo;entre-deux-guerres est inspir\u00e9 non seulement par la description de la statue elle-m\u00eame mais s&rsquo;inscrit dans le droit fil des discours de 1892 : Notre-Dame des Victoires aide les croyants contre les ennemis de l&rsquo;int\u00e9rieur comme de l&rsquo;ext\u00e9rieur. Nous sommes assez loin du refuge des p\u00e9cheurs dont le souvenir s&rsquo;est peu \u00e0 peu \u00e9tiol\u00e9 comme le r\u00e9v\u00e8lent les choix des p\u00e8lerinages. En 1946, de grandes festivit\u00e9s eurent lieu \u00e0 Roubaix pour le centenaire du coll\u00e8ge sous la pr\u00e9sidence du cardinal Li\u00e9nart, \u00e9v\u00eaque de Lille. \u00c0 cette occasion, une m\u00e9daille comm\u00e9morative fut frapp\u00e9e d&rsquo;apr\u00e8s un dessin du graveur Gustave Muller. L&rsquo;espace de l&rsquo;avers est occup\u00e9 par la Vierge et le Christ au centre, entour\u00e9s par trois victoires ail\u00e9es portant des couronnes de lauriers \u00e0 la main. Des palmes soulignent la bordure inf\u00e9rieure. L&rsquo;artiste a donc privil\u00e9gi\u00e9 en accord avec l&rsquo;esprit du temps et des lieux, la victoire et ses attributs.<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>\u00a0\u00a0<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>La r\u00e9p\u00e9tition d&rsquo;une telle interpr\u00e9tation surtout apr\u00e8s 1918 et 1945 a forg\u00e9 un esprit de coh\u00e9sion spirituelle, en accord avec un recrutement social tr\u00e8s homog\u00e8ne, d&rsquo;origine presque exclusivement patronale. Ainsi, une dizaine de troupes se partageaient le district scout de Roubaix. La deuxi\u00e8me Roubaix recrutait des \u00e9l\u00e8ves des divers \u00e9tablissements libres et publics de Roubaix, mais une scission eut lieu pour cr\u00e9er une \u00ab<em>\u00a0troisi\u00e8me Roubaix<\/em> \u00bb propre au seul coll\u00e8ge de Roubaix. En 1965, a lieu la fusion avec l&rsquo;Institution Saint-Louis dont les \u00e9l\u00e8ves sont issus de classes moyennes. La presse fait allusion \u00e0 une certaine \u00e9motion chez les parents et certains pr\u00e9f\u00e8rent inscrire leurs enfants au coll\u00e8ge de Marcq, plus conforme \u00e0 leur milieu social (7). Ceci nous a \u00e9t\u00e9 plusieurs fois confirm\u00e9 par les anciens du coll\u00e8ge que nous avons contact\u00e9s par voie de presse : <em>\u00ab\u00a0il y avait un esprit maison\u00a0\u00bb<\/em> tr\u00e8s particulier sous le patronage d&rsquo;une Vierge triomphante et victorieuse. Bien peu &#8211; nous avions re\u00e7u une cinquantaine de r\u00e9ponses \u00e0 notre appel dans les journaux r\u00e9gionaux &#8211; voyaient encore le rapport avec la basilique de Paris. Le lien s&rsquo;\u00e9tait distendu tr\u00e8s t\u00f4t pour dispara\u00eetre par la suite.<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>\u00a0<\/big><\/div>\n<div align=\"right\"><big><em>Extr<\/em><\/big><big><em>ait de \u00ab\u00a0La d\u00e9votion mariale de l&rsquo;an Mil \u00e0 nos jours\u00a0\u00bb,<\/em><\/big><\/div>\n<div align=\"right\"><big><em>Universit\u00e9 d&rsquo;Artois, Arras, 2005<\/em><\/big><\/div>\n<div align=\"right\"><big>\u00a0<\/big><\/div>\n<div align=\"justify\"><big>\u00a0<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>Deux m\u00e9moires de ma\u00eetrise nous ont fourni une documentation tr\u00e8s utile. Citons Delesalle J.-P., Les \u00e9tablissements libres dans l&rsquo;Acad\u00e9mie de Douai, Lille 1968 ; ouvreur N., Du coll\u00e8ge communal de Tourcoing \u00e0 l&rsquo;Institut Libre du Sacr\u00e9-Coeur 1802-1914), Lille 1993.<\/big><\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>\u00a0<\/big><\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>Abb\u00e9 Leblanc H.-J., Histoire du coll\u00e8ge de Tourcoing, Tourcoing 1870, 567 p. en particulier p. 250<\/big><\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>Nos remerciements \u00e0 M. Grelle de la M\u00e9diath\u00e8que pour la consultation des microfilms relatifs aux titres des ouvrages des cinq cabinets de lecture au XIXe s. Il n&rsquo;y a pas non plus de confr\u00e9rie f\u00e9minine : Bonnie Smith, Les bourgeoises du Nord, Paris 1989, p. 79-101.<\/big><\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>\u00a0<\/big><\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>(4) Bulletin de l&rsquo;Association amicale des anciens \u00e9l\u00e8ves de Notre-Dame des Victoires, 1900, p. 10 ; Album souvenir 1845-1900, Roubaix 1901.<\/big><\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>(5) Ensemble de vitraux rest\u00e9s inconnus jusqu&rsquo;\u00e0 ce jour, de m\u00eame que trois grands panneaux du peintre Eug\u00e8ne Leroy.<\/big><\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>(6) Nous remercions vivement M. Thieffry, de Marcq-en-Bar\u0153ul, pour son efficace t\u00e9moignage.<\/big><\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>(7) \u00ab La fusion Notre-Dame des Victoires-Saint-Louis, Nord \u00c9clair, \u00e9d. Roubaix 8 avril 1965. Certaines sc\u00e8nes du film de E. Chatilliez, \u00ab\u00a0La vie est un long fleuve tranquille\u00a0\u00bb, ont \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9es devant ce coll\u00e8ge.<\/big><\/em><\/div>\n<div align=\"justify\"><\/div>\n<div align=\"justify\"><\/div>\n<div align=\"justify\"><\/div>\n<div align=\"justify\"><\/div>\n<div align=\"justify\"><\/div>\n<div align=\"justify\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div align=\"center\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><big><strong>\u00a0<\/strong><\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><span style=\"color: #339966;\"><big><strong>Les \u00e9glises Notre-Dame des Victoires dans l&rsquo;arrondissement de Lille\u00a0<\/strong><\/big><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Les \u00e9glises Notre-Dame des Victoires dans l&rsquo;arrondissement de Lille sont au nombre de deux, trois si nous comptons la chapelle fond\u00e9e par les p\u00e8res Montfortains \u00e0 Tourcoing en 1863-1866. Cet \u00e9difice, construit rue du Tilleul par l&rsquo;architecte Maillard, est \u00e0 pr\u00e9sent d\u00e9truit (9). Ici, la tradition mariale est tout \u00e0 fait \u00e9vidente. Celle de Lille, \u00e9difi\u00e9e par l&rsquo;architecte Jean Delrue pour l&rsquo;industriel Thiriez, avec une aide financi\u00e8re de la famille Scrive, de 1935 \u00e0 1937, a \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9e ainsi parce qu&rsquo;un m\u00e9nage Scrive s&rsquo;est mari\u00e9 \u00e0 Notre-Dame des Victoires de Paris. On y rappelait \u00e9galement le souvenir de la victoire de 1914-1918.<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>\u00c0 Marcq-en-Bar\u0153ul, bourgade situ\u00e9e au nord de Lille, une \u00e9glise Notre-Dame des Victoires est construite en 1864 pour \u00eatre d\u00e9truite en 1973, laissant place \u00e0 une \u00e9glise plus moderne. L&rsquo;\u00e9difice primitif a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 gr\u00e2ce aux fr\u00e8res Scrive, tous deux industriels. Mais \u00e0 ce projet, s&rsquo;oppose une bienfaitrice, Mademoiselle Luiset. Celle-ci veut y \u00e9difier une \u00e9glise d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Notre-Dame de la Barri\u00e8re. Le conflit entre les deux promoteurs, les Scrive voulant \u00e0 tout prix une d\u00e9dicace \u00e0 Notre-Dame des Victoires, s&rsquo;\u00e9ternise et l&rsquo;arbitrage de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Cambrai est alors sollicit\u00e9. La d\u00e9cision ne tarde gu\u00e8re et favorise le parti des industriels (10). Toujours \u00e0 Marcq-en-Bar\u0153ul, dans la vieille \u00e9glise du bourg, l&rsquo;\u00e9glise Saint-Vincent, l&rsquo;autel d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Notre-Dame des Victoires porte les armoiries de la famille noble de Bats de Cugnac.<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Au coll\u00e8ge de Roubaix, comme dans les \u00e9glises de Lille et de Marcq-en-Bar\u0153ul, l&#8217;empreinte sociale a marqu\u00e9 la naissance puis le d\u00e9veloppement de la d\u00e9votion \u00e0 Notre-Dame des Victoires.<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>\u00a0\u00a0<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><span style=\"color: #339966;\"><big><strong>Les chapelles<\/strong><\/big><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>En ce qui concerne les chapelles et oratoires, nous disposons d&rsquo;une remarquable documentation rassembl\u00e9e par l&rsquo;A.R.A.R.C.O. (Association r\u00e9gionale pour l&rsquo;aide \u00e0 la restauration des chapelles et des oratoires) qui, non seulement, a \u00e9dit\u00e9 trois importants r\u00e9pertoires des chapelles mais aussi met \u00e0 jour syst\u00e9matiquement un fichier d\u00e9taill\u00e9 dans lequel chaque construction figure avec la date de cr\u00e9ation et les noms des propri\u00e9taires et des promoteurs (11). Nous pouvons ainsi \u00e9liminer de notre enqu\u00eate les d\u00e9dicaces \u00ab patriotiques \u00bb \u00e0 Notre Dame des Victoires \u00e9lev\u00e9es apr\u00e8s 1920 et ne retenir que celles qui ont trait au culte marial uniquement.<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>\u00a0<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>La plus ancienne est celle de Gu\u00e9mappe dans le Pas-de-Calais, fond\u00e9e en 1849. Celle d&rsquo;Hesmond le fut en 1851 avec une confr\u00e9rie active et un p\u00e8lerinage r\u00e9put\u00e9. \u00c0 Lestrem, qui poss\u00e8de deux chapelles d\u00e9di\u00e9es \u00e0 Notre Dame des Victoires, la statue a \u00e9t\u00e9 b\u00e9nie par Desgenette en personne. Notons enfin la magnificence de la chapelle de Ruitz, construite par l&rsquo;architecte de la cath\u00e9drale de Gen\u00e8ve, Alexandre Grigny pour le vicomte de Rocourt (12). Toutes sont situ\u00e9es dans des zones de forte pratique religieuse. Ainsi dans l&rsquo;est du d\u00e9partement du Nord, dans les r\u00e9gions de Valenciennes et Avesnes, aucune d\u00e9dicace n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9e (13).<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Dans un autre registre, nous n&rsquo;avons trouv\u00e9 aucune appellation Notre-Dame des Victoires dans les archives de l&rsquo;inscription maritime sur tout le littoral de la fronti\u00e8re belge \u00e0 la Sommets. Sur terre comme sur l&rsquo;eau, cette d\u00e9votion n&rsquo;existait pas dans les milieux du travail et dans les r\u00e9gions peu pratiquantes.<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>\u00a0<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>En conclusion, il convient de rappeler l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 de la d\u00e9votion rendue au tr\u00e8s saint et immacul\u00e9 c\u0153ur de Marie par l&rsquo;archiconfr\u00e9rie de Notre-Dame des Victoires de Paris. La d\u00e9dicace de cette \u00e9glise rappelle la victoire contre les protestants \u00e0 La Rochelle de Louis XIII qui en posa la premi\u00e8re pierre en 1629. Le r\u00e8glement mis au point par le fondateur de la confr\u00e9rie demande une habitude de pri\u00e8res, une procession au mois de mai, l&rsquo;entretien d&rsquo;une chapelle. Au coll\u00e8ge de Roubaix, la d\u00e9votion privil\u00e9gie la statue aux d\u00e9pens de la confr\u00e9rie et ce qu&rsquo;elle repr\u00e9sente \u00e0 l&rsquo;apog\u00e9e d&rsquo;un catholicisme triomphant face aux dangers de l&rsquo;ath\u00e9isme et du socialisme municipal. La cr\u00e9ation de la paroisse de Marcq-en-Bar\u0153ul est l&rsquo;\u0153uvre des milieux patronaux et bien des chapelles de campagnes tr\u00e8s pratiquantes sont le fruit de la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de notables ais\u00e9s, d&rsquo;aristocrates ou de pr\u00eatres dynamiques. Les dates diff\u00e9rent quelque peu de celles propos\u00e9es par Claude Savart ; la plus grande expansion correspond au Second Empire, avec un net essoufflement apr\u00e8s la naissance de la IIIe r\u00e9publique. Les d\u00e9dicaces plus tardives rel\u00e8vent autant du patriotisme que de la religion. En r\u00e9sum\u00e9, nous avons la conviction que le choix de cette d\u00e9votion s&rsquo;est fait en fonction d&rsquo;un certain environnement conservateur et nostalgique de l&rsquo;ancien r\u00e9gime, si on en juge par ses promoteurs et ses pratiquants. En 1986, une communaut\u00e9 de religieuses enseignantes a ouvert \u00e0 Li\u00e9vin un cours pour jeunes filles, intitul\u00e9 Notre-Dame des Victoires (14). Ces religieuses, les Dominicaines enseignantes de Saint-Pr\u00e9, ont fait ce choix sans lien avec l&rsquo;archiconfr\u00e9rie de Paris et pratiquent encore selon le rite liturgique traditionaliste de Pie V.<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>\u00a0<\/big><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>P. S. Nous sommes redevables envers MM. les Abb\u00e9s Beghin et Flipo pour leurs t\u00e9moignages et leurs documents \u00e9crits ainsi qu&rsquo;\u00e0 MM. les proviseurs des lyc\u00e9es Saint-R\u00e9mi et Turgot et MM. Deboosere et Thieffry.<\/big><\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>\u00a0<\/big><\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>(9) Lottin A. (\u00e9d.), Histoire de Tourcoing, Dunkerque 1986, p. 274.<\/big><\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>(10) Ansar P. et Ali, Histoire de Marcq-en-Baroeul, Lille 1983, p. 189-193. Archives dioc\u00e9saines 4 C\/224.<\/big><\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>(11) Cette association a \u00e9dit\u00e9 Nos chapelles, 1988 ; Patalas I., Nos chapelles &#8230; en parcourant le Pas-de-Calais, Arras 1997. Si\u00e8ge de l&rsquo;A.R.A.R.C.O. : 23 rue Gosselet, B.P. 318, 59026 Lille Cedex. Pour le proche d\u00e9partement de la Somme, citons Guerville A., Chapelles en pays de Somme, 2003, Abbeville. Voir aussi Decherf J.-L., Chapelles en Flandre, Steenwerck, Poperinghe 1993.<\/big><\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>(12) Hilaire Y.-M., Une chr\u00e9tient\u00e9 au XIXe si\u00e8cle ?, Lille 1977, 2 t. p. 382.<\/big><\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>(13) Tous nos remerciements \u00e0 Madame Annie Delmotte qui a prospect\u00e9 ce secteur.<\/big><\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>(14) Transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Le H\u00e9rie-la-Vi\u00e9ville dans le d\u00e9partement de l&rsquo;Aisne en 1995<\/big><\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\">\n<div align=\"justify\"><em><big>Tous nos remerciements \u00e0 M. Patrick Ansar pour ses renseignements et ses v\u00e9rifications sur place.<\/big><\/em><\/div>\n<div align=\"justify\"><big> <\/big><em><big>L&rsquo;\u00e9tude de Christian Borde qui a bien voulu nous confirmer dans ce sens. Voir aussi Boyer G., \u00ab L&rsquo;onomastique des bateaux de p\u00eache &gt;, Sucellus, n\u00b0 50, 2000, p. 12-20 ; Pfister C., \u00ab La flotte gravelinoise: un essai d&rsquo;inventaire \u00bb, Revue d&rsquo;Histoire de Dunkerque et du Littoral, n\u00b0 32, 1998, p. 181-210. Par ailleurs, le fonds des images d&rsquo;\u00c9pinal ne contient aucun document relatif \u00e0 Notre-Dame des Victoires.<\/big><\/em><\/div>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>Voir \u00e0 ce sujet l&rsquo;article de Cl. Savart, \u00ab Pour une sociologie de la ferveur religieuse, l&rsquo;archiconfr\u00e9rie de Notre Dame des Victoires \u00bb, Revue d&rsquo;histoire eccl\u00e9siastique, n\u00b0 49, 1964, p. 823-844. Malheureusement les archives de l&rsquo;archiconfr\u00e9rie sont pour l&rsquo;instant inaccessibles.<\/big><\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><em><big>\u00a0<\/big><\/em><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est en 1845 que l&rsquo;Abb\u00e9 Lecomte, sup\u00e9rieur du coll\u00e8ge de Tourcoing cr\u00e9e l&rsquo;Institution Notre-Dame des Victoires dans la ville voisine de Roubaix. Celle-ci est une agglom\u00e9ration importante de plus de trente mille habitants, chiffre qu&rsquo;elle d\u00e9passera avec pr\u00e8s de 120.000 peu avant la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Tourcoing, autre grande ville du textile, conna\u00eet la m\u00eame [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[41,22],"tags":[50,94,170,214],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/655"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=655"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/655\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=655"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=655"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=655"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}