{"id":723,"date":"2019-05-13T08:19:52","date_gmt":"2019-05-13T06:19:52","guid":{"rendered":"http:\/\/ns307812.ovh.net\/?p=723"},"modified":"2019-05-13T08:19:52","modified_gmt":"2019-05-13T06:19:52","slug":"le-riez-du-trichon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/2019\/05\/13\/le-riez-du-trichon\/","title":{"rendered":"Le riez du Trichon"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Il y aurait beaucoup d\u2019ironie \u00e0 appliquer ces vers aux Roubaisiens : le cours d\u2019eau qui arrose leur territoire n\u2019est pas une rivi\u00e8re, encore moins un fleuve et on les voit difficilement s\u2019y d\u00e9salt\u00e9rer, mais enfin, ils en ont un et ils peuvent dire : <em>\u00ab Mon verre n\u2019est pas grand mais je bois dans mon verre \u00bb.<\/em><\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Roubaix tire son nom, si nous en croyons les \u00e9tymologistes, de deux mots tudesques : Ross : plaine mar\u00e9cageuse et Bach ou Bais : ruisseau. <\/big><big>Un mince filet d\u2019eau serpentant au milieu des bois, \u00e0 travers des prairies qu\u2019il inonde \u00e0 la mauvaise saison, tel \u00e9tait quand nos premiers anc\u00eatres vinrent s\u2019installer sur ses rives, le cours d\u2019eau dont je vais vous tracer le parcours.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big><em>Quantum mutatus ab illo<\/em> : ces bois o\u00f9 l\u2019on croyait entendre les or\u00e9ades r\u00e9pondre aux na\u00efades \u2013 Ces pr\u00e8s fleuris \u2013 Ce clair ruisseau o\u00f9 buvaient les colombes et o\u00f9, au d\u00e9but du si\u00e8cle dernier, on p\u00eachait encore des \u00e9crevisses, si j\u2019en crois les m\u00e9moires d\u2019Henri Dubar-Ferrier. Tout cela a disparu, et ce clair ruisseau, serr\u00e9 dans un corset de briques, est devenu sur tout son parcours un \u00e9gout qu\u2019il serait difficile de po\u00e9tiser.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Trichon est compos\u00e9 de deux mots : trierss ou tirss et on. <em>\u00ab\u00a0<\/em><\/big><big><em>Trie \u2013 Tries \u2013 Triez\u00a0\u00bb<\/em> : (je cite Leuridan \u00e0 qui d\u2019ailleurs j\u2019ai beaucoup emprunt\u00e9) d\u00e9signe un certain espace de terrain abandonn\u00e9 par les eaux d\u2019un ruisseau ou form\u00e9 par ses alluvions ; <em>\u00ab\u00a0on\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0 signifie eau, ruisseau. Trichon serait une appellation g\u00e9n\u00e9rique \u00e0 qui l\u2019usage a donn\u00e9 un sens particulier et qui s\u2019est \u00e9tendue au ruisseau m\u00eame qui a produit le triez, au bois qui croissait sur ses rives et au hameau qu\u2019il arrosait.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Notre riez est le riez de Favreuilles, qui se prolonge par le riez du Trichon, du Triechon ou Tricson. Il prend sa source pr\u00e8s de la ferme Deldouille, situ\u00e9e sur le territoire de Mouvaux, entre le chemin des Duriez et le Boulevard Carnot. Vieille ferme qui existait au 18<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, sous le nom de Cense Douille et qui garde encore en partie ses toits de chaume et son foss\u00e9 mais qui dispara\u00eetra bient\u00f4t car ses terres sont de plus en plus envahies par les constructions.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Il re\u00e7oit les eaux des foss\u00e9s qui sillonnent d\u2019une par les versants sud de la petite \u00e9minence sur laquelle est b\u00e2tie Mouveaux et de la butte qui supporte le r\u00e9servoir des Bonnets et, d\u2019autre part celles des foss\u00e9s qui bordent le chemin des Duriez et la rue Lamartine jusqu\u2019au Grand Cottignies.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>On serait peut-\u00eatre tent\u00e9 de croire que le Riez a donn\u00e9 son nom au chemin des Duriez ou Ouriez. Il n\u2019en est rien, car ce chemin aboutit \u00e0 un lieu dit \u00ab Duriez \u00bb situ\u00e9 entre le boulevard de la Marne et la propri\u00e9t\u00e9 de M. C\u00e9sar Pollet o\u00f9 se trouvait au d\u00e9but du 18<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle une cense du nom de Dury.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Le riez longe la rue des Lilas\u00a0; \u00e0 cet endroit, il est encore bien modeste, car il ne repr\u00e9sente qu\u2019un foss\u00e9 passant sous un trottoir. Il continue le long de l\u2019avenue Gustave Grau dans les jardins compris entre cette avenue et la rue du Congo. Il forme la limite de la propri\u00e9t\u00e9 actuellement lotie de M. Victor Vaissier, autrefois campagne de M. Bulteau-Lenglet et aboutit au canal. Quelques pans de murs indiquent encore l\u2019emplacement du ch\u00e2teau de M. Bulteau au bord de la rue de Wasquehal en face de l\u2019usine Noblet. M. Vaissier, qui \u00e9tait un grand amateur de chevaux, en avait fait de belles \u00e9curies.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Le Trichon traverse le canal dans un siphon\u00a0: apr\u00e8s sa r\u00e9surgence, il circulait r\u00e9cemment encore \u00e0 ciel ouvert sur un terrain qui longe le canal entre celui-ci et la rue Carpeaux \u00e0 Wasquehal. Il fut recouvert il y a quelques ann\u00e9es quand la maison Carette-Duburcq acheta le terrain pour servir de d\u00e9charge. Il traverse la rue Carpeaux, puis la rue Lafontaine et arrive \u00e0 la rue du Riez \u00e0 qui il a donn\u00e9 son nom d\u2019une fa\u00e7on certaine cette fois.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Autrefois, depuis la rue de Wasquehal \u00e0 Mouvaux jusqu\u2019\u00e0 la rue de la Mackellerie, c\u2019est \u00e0 dire jusqu\u2019\u00e0 son entr\u00e9e sur le territoire de Roubaix, il servait de ligne de d\u00e9marcation entre Tourcoing d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et les trois communes de Mouvaux, Wasquehal et Croix de l\u2019autre. Cela n\u2019est plus tr\u00e8s exact car il a \u00e9t\u00e9 canalis\u00e9 et d\u2019une fa\u00e7on malheureuse\u00a0: le r\u00e9tr\u00e9cissement de son lit am\u00e8ne, par les grandes pluies, l\u2019inondation du quartier. Il sert successivement d\u2019aqueduc \u00e0 la rue du Riez \u00e0 une partie de la rue du Croix et \u00e0 la rue des Trois-Villes.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Il p\u00e9n\u00e8tre sur notre territoire au carrefour de la rue de Constantine \u00e0 Tourcoing, de la rue Boucher-de-Perthes \u00e0 Roubaix et de la rue de la Mackellerie qui s\u00e9pare les deux communes, passe sous l\u2019usine Lemaire et Dillies, autrefois Richard Desrousseaux, \u00e0 travers l\u2019emplacement de l\u2019ancienne usine Gaydet, traverse la rue du Luxembourg, passe sous l\u2019usine des Anciens Etablissements Cordonnier, traverse le chemin de fer \u00e0 cinquante m\u00e8tres environ du pont des Arts, coupe la rue de la Digue et la rue du Vivier. Ces deux noms sont significatifs : le dernier volume de l\u2019histoire des rues de Leuridan nous renseignera sans doute sur l\u2019\u00e9tang aliment\u00e9 par le Riez \u00e0 cet endroit.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Celui-ci arrive \u00e0 l\u2019ancien abreuvoir. J\u2019ai dit que le riez avait failli \u00eatre barr\u00e9 par le cadavre d\u2019un baudet qui s\u2019y \u00e9tait noy\u00e9, histoire qui a quelque analogie avec celle de la sardine bouchant le port de Marseille et qui me rappelle la triste fin d\u2019un autre Martin. Il existe au n\u00b0 18 de la rue de Mouvaux, une maison basse, sans \u00e9tage, qui est l\u2019ancien \u00ab\u00a0<em>cabaret de l\u2019Ane rouge \u00bb<\/em> ainsi d\u00e9nomm\u00e9 pour rappeler le sort d\u2019un malheureux animal que son ma\u00eetre, sur le conseil d\u2019un mauvais plaisant, enduisit de p\u00e9trole et grilla pour n\u2019avoir plus la peine de le tondre.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Apr\u00e8s sa travers\u00e9e de la rue de l\u2019Epeule, le riez passe sous l\u2019ancienne usine Ernoult-Bayart, coupe le square Pierre Catteau presque le long du Tribunal de commerce, franchit la rue Mimerel en son milieu, passe \u00e0 travers l\u2019emplacement de l\u2019usine Prouvost-Screpel, puis Georges Masurel, sous la teinturerie Auguste et Jean Dubar et rejoint la rue des Fabricants sous l\u2019ancienne Ecole qui fait l\u2019angle de cette rue avec la place du Trichon.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Autrefois, il arrosait \u00e0 cet endroit <em>\u00ab Le hamel\u00a0\u00bb<\/em>, carrefour et amas de maisons appel\u00e9 le Tricson qui faisait partie de la seigneurie de Favreuil et qui lui a donn\u00e9 son nom. Il serpentait \u00e0 travers le bois du Trichon qui, vers le nord, arrivait jusqu\u2019aux cl\u00f4tures du cimeti\u00e8re de la chapelle Saint-Georges et des maisons b\u00e2ties le long de la rue de ce nom. <\/big><big>Ce bois, dont il y a cent ans, il existait encore des vestiges, contenait 2 bonniers, soit 2 hectares et demi (le bonnier est une mesure agraire de la Flandre Fran\u00e7aise qui, suivant les localit\u00e9s, valait de 122 \u00e0 142 ares). <\/big><big>Ce bois a disparu depuis longtemps ; en 1649 il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 converti en labours. A cette \u00e9poque, un sentier descendait de la Chapelle Saint-Georges et allait rejoindre, au hameau, le cabaret du Croque Chuque en passant le riez sur une simple planche.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Le long du riez, entre le Trichon et la rue Neuve, s\u2019\u00e9tendait encore en 1826 le Curoir, \u00e9tablissement o\u00f9 les m\u00e9nag\u00e8res du bourg faisaient curer leur linge moyennant finance et qui consistait en un pr\u00e9 sillonn\u00e9 de foss\u00e9s desservis par le riez. Son souvenir est rest\u00e9 dans le nom de la rue du Curoir.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Ne quittons pas ce quartier sans signaler que lorsqu\u2019il s\u2019est agi de tailler un domaine \u00e0 la seconde paroisse de Roubaix (\u00e0 l\u2019\u00e9glise Notre-Dame), le c\u00f4t\u00e9 gauche du riez depuis la rue de la Mackellerie jusqu\u2019\u00e0 la rue du Bois en fixa la limite.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>On se demande pourquoi, puisqu\u2019il n\u2019existait alors que deux paroisses, on n\u2019a pas \u00e9tendu la ligne de d\u00e9marcation sur la rive droite : c\u2019est qu\u2019il n\u2019existait encore en 1840, sur cette rive, que des fermes et quelques hameaux : Favreuil \u2013 Le Trichon \u2013 Le Pile \u2013 Les Trois Ponts. <\/big><big>Jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution, tout le d\u00e9veloppement de Roubaix s\u2019est fait sur la rive gauche. A cette \u00e9poque, le riez constituait la limite de l\u2019agglom\u00e9ration, depuis la place de la Libert\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la rue de l\u2019Epeule.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Le riez passe sous l\u2019usine Deschepper, coupe la rue du Nord au n\u00b0 10, traverse la rue du Curoir pr\u00e8s de la porte du Nord-Tourisme et arrive \u00e0 la rue du Mar\u00e9chal Foch en face de l\u2019Automobile Club, \u00e0 un endroit o\u00f9 une double plaque d\u2019\u00e9gout de chaque c\u00f4t\u00e9 de la rue indique son passage et l\u2019emplacement du second pont.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Il traversait autrefois la rue Neuve (rue Mar\u00e9chal Foch actuelle) un peu plus haut, en face de la rue des Fabricants. Il y eut \u00e0 cet endroit un premier pont qui fut remplac\u00e9 par un autre, sans doute plus large et mieux adapt\u00e9 \u00e0 la circulation. Je cite\u00a0: <em>\u00ab\u00a0en 1727, on construisit un nouveau pont en remplacement du vieil pont sortant du Bourg allant vers le moulin\u00a0\u00bb.<\/em><\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>La d\u00e9viation du Riez eut pour cons\u00e9quence d\u2019agrandir le jardin de l\u2019h\u00f4pital sans d\u00e9placer toutefois l\u2019arriv\u00e9e des eaux dans les foss\u00e9s du ch\u00e2teau. Le nouveau pont avait 45 pieds de longueur, soit environ 15 m\u00e8tres. On pourra s\u2019\u00e9tonner d\u2019une pareille importance, mais il faut supposer que le riez avait un d\u00e9bit tr\u00e8s variable, puisque, mince filet d\u2019eau parfois, il inondait \u00e0 l\u2019occasion les pr\u00e8s de la grande brasserie et la plaine jusqu\u2019\u00e0 Wattrelos.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Certaines d\u00e9nominations de lieu, comme autrefois la Digue du Pr\u00e9 et actuellement encore, la rue de la Digue, rappellent qu\u2019il fallait parfois contenir ses eaux. Il n\u2019a pas chang\u00e9 d\u2019ailleurs et surtout depuis que son bassin est presque compl\u00e8tement couvert de pav\u00e9s et de toitures\u00a0: il ne peut y avoir de grandes pluies sans que les caves des riverains ne soient inond\u00e9es.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>En 1693, d\u2019apr\u00e8s un <em>\u00ab\u00a0cueilloir\u00a0\u00bb<\/em> d\u2019imp\u00f4ts, le ch\u00e2teau comprenait dans son enclos \u00ab<em>\u00a0puy, beffroi, donjon, basse court, amasse de granges, \u00e9curies, estables, ponts<\/em> \u00a0\u00bb et plusieurs autres \u00e9difices entour\u00e9s d\u2019eau, jardin de plaisance et pour la cuisine, le tout repris pour 2 bonniers.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>D\u2019apr\u00e8s le plan qui nous a \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9 par Sanderus, l\u2019ensemble formait un vaste rectangle aux coins arrondis, ayant approximativement 200 m\u00e8tres de long sur 100 m\u00e8tres de large. Le ch\u00e2teau se trouvait tr\u00e8s probablement dans la rue du Ch\u00e2teau, prolongement de l\u2019ancienne avenue du Ch\u00e2teau \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 la chauss\u00e9e pr\u00e9sente un l\u00e9ger renflement en face de l\u2019ancienne maison de Mr Delannoy-Leroux, au n\u00b0 9. Le ch\u00e2teau \u00e9tait b\u00e2ti sur une motte un peu \u00e9lev\u00e9e. Le domaine comprenait deux enceintes de foss\u00e9s, une pour le ch\u00e2teau et l\u2019autre englobant les jardins et la basse-cour qui se trouvait devant le ch\u00e2teau du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00e9glise.\u00a0Le foss\u00e9 ext\u00e9rieur dont nous nous occupons seulement \u00e9tait donc constitu\u00e9 par quatre parties droites. L\u2019une le long de l\u2019actuelle rue de la Poste, deux autres qu\u2019on peut situer d\u2019un c\u00f4t\u00e9, entre la rue du Ch\u00e2teau et la rue Jeanne d\u2019Arc, parall\u00e8lement \u00e0 ces rues, et enfin une quatri\u00e8me au niveau de la fa\u00e7ade du b\u00e2timent de la chambre de Commerce sur la Grande Place.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Le Riez d\u00e9bouchait dans ce foss\u00e9 \u00e0 l\u2019angle du quadrilat\u00e8re apr\u00e8s avoir contourn\u00e9 en remontant un peu vers Saint-Martin, le fond du jardin de l\u2019h\u00f4pital.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Il s\u2019\u00e9chappait par l\u2019angle diam\u00e9tralement oppos\u00e9 qui se trouvait \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 les b\u00e2timents de l\u2019institution de la Sagesse donnent sur la rue de la Poste. Mais tout cela est de l\u2019histoire ancienne, car du ch\u00e2teau et de ses foss\u00e9s, il ne reste plus rien.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>A partir de l\u2019endroit du pont de 1727, il a \u00e9t\u00e9 depuis d\u00e9vi\u00e9 et transform\u00e9 en aqueduc. Il tourne \u00e0 angle droit, suit la rue du Mar\u00e9chal Foch jusqu\u2019\u00e0 la rue de la Poste (ancienne rue de l\u2019Union) fait encore un angle droit pour suivre celle-ci sur l\u2019emplacement de l\u2019ancien foss\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019institution de la Sagesse o\u00f9 il retrouve son cours \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 il servait autrefois de d\u00e9charge aux foss\u00e9s du ch\u00e2teau.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Il passe sous cet \u00e9tablissement, dessine un arc de cercle en passant dans l\u2019ancien jardin de M. L\u00e9on Motte o\u00f9 il contournait \u00e0 dix m\u00e8tres environ du coin, le pavillon circulaire qui se trouvait autrefois \u00e0 l\u2019angle de la rue de la Sagesse et de la rue Jeanne d\u2019Arc, traverse celle-ci en biais, passe sous les Halles, coupe la rue des Halles, traverse le p\u00e2t\u00e9 de maisons qui fait l\u2019angle de la rue Pierre Motte et de celle-ci, traverse la rue Pierre Motte, passe derri\u00e8re les maisons qui font face au boulevard Gambetta et arrive place de la Libert\u00e9 \u00e0 50 m\u00e8tres environ du boulevard. Il la traverse en biais, il longe la Banque de France.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Autrefois, il longeait un bois, le bois de Ribobus, qui allait des foss\u00e9s du Ch\u00e2teau jusqu\u2019au Saint-S\u00e9pulcre. Ce bois appartenait \u00e0 la Chapelle du Saint-S\u00e9pulcre et \u00e0 l\u2019H\u00f4pital Sainte-Elisabeth. En 1688, l\u2019h\u00f4pital nomme un expert pour l\u2019arpentage et la d\u00e9limitation de la partie appartenant \u00e0 chacun.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Quand on consid\u00e8re l\u2019aspect du territoire de Roubaix \u00e0 cette \u00e9poque, on est frapp\u00e9 de l\u2019importance de la partie bois\u00e9e. Le bourg est entour\u00e9 de bois qui devaient lui donner un aspect charmant\u00a0: le bois du Trichon, le bois de Ribobus, le bois de l\u2019Ommelet, le bois qui s\u00e9parait le bourg du fief du Fontenoit, le Fresnoy, le Quesnoy.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>L\u2019Hommelet \u00e9tait un bois d\u2019ormes, car l\u2019Hommelet qui doit s\u2019\u00e9crire sans h, en un seul mot, vient du latin <em>olmus,<\/em> orme, qui a donn\u00e9 olme puis lomme et lommelet, comme aulnoye, lieu plant\u00e9 d\u2019aulnes a donn\u00e9 Lannoy.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Il y avait encore, en 1783, soit \u00e0 la veille de la R\u00e9volution sur Roubaix, 70 ares 80 ca, soit environ 8 000 m\u00b2 de bois, taillis, plus en arbres \u00e9pars\u00a0: 631 ch\u00eanes, 25 414 ormes, 1 406 fr\u00eanes, 2 132 bois blancs, 518 peupliers et 19 arbres divers, soit environ 30 000 arbres.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>J\u2019ai dit que le Riez traversait en biais la place de la Libert\u00e9. A cet endroit, apr\u00e8s avoir franchi la rue de la grande brasserie, il limitait autrefois, \u00e0 gauche le jardin du Saint-S\u00e9pulcre, et \u00e0 droite, les pr\u00e8s de la grande brasserie. <\/big><big>En ce temps l\u00e0, naturellement, la place de la Libert\u00e9 n\u2019existait pas. Quand on venait de Saint-Martin, on avait \u00e0 droite, la rue de la Grande Brasserie, plus tard rue du Saint-S\u00e9pulcre qui \u00e9tait le prolongement de la rue Pauvr\u00e9e. Cette rue \u00e9tait bord\u00e9e \u00e0 gauche par la chapelle du Saint-S\u00e9pulcre et par les b\u00e2timents adjoints et, plus loin, par les jardins qui allaient jusqu\u2019au Riez. La chapelle \u00e9tait situ\u00e9e le long de la Grande Rue.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Quand le Saint-S\u00e9pulcre disparut, on cr\u00e9a \u00e0 son emplacement la place du march\u00e9 au charbon, et plus loin, vers le boulevard Gambetta, on b\u00e2tit une gendarmerie que ceux de mon \u00e2ge ont connue. Le march\u00e9 au charbon \u00e9tait ainsi appel\u00e9 parce qu\u2019au d\u00e9but du si\u00e8cle dernier, le chemin de fer n\u2019existait pas, les honorables commer\u00e7ants de cette profession allaient aux mines d\u2019Anzin. Les seules qui existaient alors, avec des tombereaux, ramenaient le charbon sur la place du march\u00e9, pr\u00e8s de la chapelle du Saint-S\u00e9pulcre, mettaient le tombereau sur tr\u00e9teaux, et attendaient le chaland. L\u2019affaire conclue, on rattelait, et en route pour l\u2019usine !<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Le Riez recevait \u00e0 sa gauche un affluent, le ruisseau amenant les eaux de la fosse-aux-ch\u00eanes qui formait l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 de la rue Pellart s\u00e9parant ainsi Roubaix de son faubourg Saint-Antoine, passait derri\u00e8re les maisons de la rue Pauvr\u00e9e, traversait sous un pont la Grand\u2019Rue qui prenait \u00e0 cet endroit le nom de rue de Fourquencroix ou du Galon d\u2019Eau, et longeait le domaine du Saint-S\u00e9pulcre du c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9 \u00e0 la rue de la Grande Brasserie. Le pont s\u2019appelait Pont de Fourquencroix.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Le Seigneur de Roubaix percevait sur ce ponchel, comme sur le ponchel de la cauchie de la chauss\u00e9 (rue Neuve), un droit de p\u00e9age \u00e0 charge d\u2019entretien des dits ponts. Ce droit de p\u00e9age, viage ou pont\u00e9nage, consistait en deux liards par chariot \u00e9tranger passant sur l\u2019un des deux ponts.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Je ne sais \u00e0 quelle \u00e9poque ces ponts ont disparu, celui de Fourquencroix n\u2019existait d\u00e9j\u00e0 plus en 1727, puisqu\u2019\u00e0 cette date, je cite\u00a0: \u00ab\u00a0on \u00e9tablit une nouvelle et plus grande buise pour la d\u00e9charge des eaux venant de la fosse aux ch\u00eanes \u00e0 travers le parc de Fourquencroix\u00a0\u00bb.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>La Fosse aux ch\u00eanes tire son nom d\u2019un \u00e9tang. Divers actes constatent aux cours du 17<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, des lev\u00e9es de corps noy\u00e9s dans la fosse vulgairement appel\u00e9e fosse-aux-ch\u00eanes. Un hameau dit <em>\u00ab\u00a0pr\u00e8s de l\u2019Etang\u00a0\u00bb<\/em> existait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ceux de la Basse-Masure, de l\u2019Hommelet aux bois et de la Longue chemise. <\/big><big>La rue des Sept-Ponts qui va de la place de la fosse-aux-Ch\u00eanes \u00e0 la rue de l\u2019Hommelet, rue tortueuse comme toutes les anciennes chauss\u00e9es, est un souvenir du petit cours d\u2019eau qui amenait \u00e0 la Fosse-aux-ch\u00eanes les eaux du bois de l\u2019Hommelet.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Reprenons le cours du riez. Apr\u00e8s avoir re\u00e7u le ruisseau de la Fosse-aux-Ch\u00eanes, il arrosait le domaine de Fourquencroix ainsi nomm\u00e9 parce qu\u2019il se trouvait \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 la chauss\u00e9e de Tourcoing \u00e0 Lannoy par l\u2019Hommelet traversait le chemin de Wattrelos, formant avec celui-ci une croix.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Il arrosait ensuite les fiefs de Beaurewart, de Beaurepaire, longeait la digue du Pr\u00eat. Actuellement, en quittant la place de la Libert\u00e9, il traverse les p\u00e2t\u00e9s de maisons qui se trouvent entre la Grand\u2019rue et le boulevard Gambetta, coupant ainsi dans leur milieu les rues Louis Catrice, Pierre de Roubaix, des 15 ballots et Nadaud, traverse l\u2019emplacement du peignage Allard, passe sous l\u2019ancienne usine Mulliez-Eloy, et atteint le canal\u00a0; il arrive au quai de Lorient o\u00f9 il traverse le canal dans un siphon \u00e0 gauche de la porte de l\u2019\u00e9cluse.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Avant de traverser le canal il \u00e9tait encore \u00e0 d\u00e9couvert il y a une quarantaine d\u2019ann\u00e9es, derri\u00e8re une maison du quai de Lorient. Il donnait lieu \u00e0 un m\u00e9tier qui se pratiquait aussi sur l\u2019Espierre, pr\u00e8s de la rue de l\u2019Union \u00e0 Wattrelos. Des gens ing\u00e9nieux plantaient dans le cours d\u2019eau des broches de fer en quinconce, la laine \u00e9chapp\u00e9e des peignages avec les eaux de lavage s\u2019accrochait \u00e0 ces broches et la r\u00e9colte donnait une honn\u00eate aisance \u00e0 ces p\u00eacheurs d\u2019un genre particulier.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Un nomm\u00e9 Wallerand qui pratiquait ce m\u00e9tier quai de Lorient, faillit un jour d\u2019orage, \u00eatre entra\u00een\u00e9 sous le canal par une crue subite.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Apr\u00e8s le canal, le riez circule \u00e0 d\u00e9couvert, puis passe sous l\u2019usine Carissimo, coupe la rue des Soies, passe sous le peignage Alfred Motte puis sous le chemin de fer, et finalement, apr\u00e8s avoir encore circul\u00e9 \u00e0 d\u00e9couvert, va se jeter dans l\u2019Espierre, \u00e0 la limite du territoire derri\u00e8re l\u2019usine des alcools et levures de grains, anciennement Charles Droulers.<\/big><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><span style=\"color: #008080;\">Les autres cours d&rsquo;eau de Roubaix<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Je ne veux pas terminer ce petit travail sans dire un mot des autres petits cours d\u2019eau qui autrefois arrosaient le territoire de Roubaix et qui, maintenant, comme le Trichon, re\u00e7oivent beaucoup plus qu\u2019ils ne donnent.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Le fief du Fontenoy avait son si\u00e8ge \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 fut b\u00e2ti le ch\u00e2teau de M. Achille Wibaux. Ce sont les terres d\u00e9pendant imm\u00e9diatement de ce fief qui ont form\u00e9 le parc autrefois consid\u00e9rable de ce ch\u00e2teau comme les terres du fief du Fresnoy ont constitu\u00e9 le parc immense (il avait bien une vingtaine d\u2019hectares) du ch\u00e2teau de Mme Descat.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>A la limite du fief du Fontenoy du c\u00f4t\u00e9 de Tourcoing, coulait un ruisseau qui prenait sa source sur le versant nord de la butte de Mouvaux, derri\u00e8re la propri\u00e9t\u00e9 de M. Vanoutryve. La perc\u00e9e du canal de Tourcoing a diminu\u00e9 son domaine ; il ne re\u00e7oit plus que les eaux qui tombent dans l\u2019angle form\u00e9 par le canal de Roubaix et celui de Tourcoing. L\u2019usine Mathon-Dubrulle est probablement son plus important fournisseur. Ce ruisseau traverse le boulevard, le chemin de fer, longe le canal et va se jeter dans l\u2019Espierre pr\u00e8s du boulevard des Couteaux. Il est encore \u00e0 certains endroits d\u00e9couvert. Il y avait autrefois, \u00e0 droite de l\u2019ancien chemin de Roubaix \u00e0 Tourcoing, sur le riez du Fontenoit, une chapelle : celle-ci, confi\u00e9e aux soins de la confr\u00e9rie de Saint-Joseph, prit le nom de chapelle de Saint-Joseph du Fontenoit.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Le nom de cette chapelle aujourd\u2019hui disparue et qui a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par l\u2019\u00e9glise Saint-Joseph, s\u2019est insensiblement substitu\u00e9e \u00e0 celui du Fontenoy et s\u2019applique actuellement au quartier et au Riez.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Le Riez des Trois Ponts qui prend sa source sur le territoire d\u2019Hem au bout de la rue Carpeaux, passait pr\u00e8s de la \u00ab\u00a0Petite Vigne\u00a0\u00bb, derri\u00e8re la Potennerie ou plut\u00f4t Pontennerie, qui tient peut-\u00eatre son nom d\u2019un pont qui le traversait \u00e0 cet endroit, alimentait les foss\u00e9s de la ferme de Courcelles, traversait les hameaux du Pile et des Trois Ponts, et se jetait dans l\u2019Espierre au Sartel.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Comme son territoire n\u2019a \u00e9t\u00e9 b\u00e2ti qu\u2019\u00e0 une \u00e9poque r\u00e9cente, o\u00f9 les id\u00e9es de voirie, d\u2019urbanisation \u00e9taient beaucoup plus d\u00e9velopp\u00e9es que du temps de nos P\u00e8res, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9vi\u00e9, rectifi\u00e9, canalis\u00e9 et n\u2019est plus qu\u2019un \u00e9gout bien disciplin\u00e9 qui suit la rue Carpeaux, le boulevard de Reims, le boulevard de Mulhouse, fait un d\u00e9tour par les rues Victor Hugo, Alfred de Musset, des Trois Ponts et d\u2019Anzin, puis traverse la gare de Roubaix-Wattrelos et se jette dans l\u2019Espierre pr\u00e8s du pont du Sartel apr\u00e8s avoir pass\u00e9 sous le canal.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Il reste encore deux autres ruisseaux\u00a0; le courant de Maufait et le courant de Cohem qui, coulant parall\u00e8lement de chaque c\u00f4t\u00e9 du boulevard Industriel en venant de la rue de Lannoy pr\u00e8s de laquelle ils prennent leur source, se r\u00e9unissent et se jettent dans l\u2019Espierre \u00e0 la limite de notre commune. Ces ruisseaux qui sont \u00e0 d\u00e9couvert sur presque la totalit\u00e9 de leur cours, n\u2019ont que peu de d\u00e9bit et pas du tout d\u2019histoire.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>On a dit que Roubaix devait son d\u00e9veloppement industriel \u00e0 l\u2019abondance de ses eaux, alors qu\u2019il n\u2019y passe aucune rivi\u00e8re et qu\u2019au moment o\u00f9 l\u2019industrie a commenc\u00e9 \u00e0 prendre son essor, celle-ci n\u2019avait comme ressource, qu\u2019un faible ruisseau. Un teinturier s\u2019\u00e9tait \u00e9tabli dans les d\u00e9pendances du ch\u00e2teau pour en utiliser l\u2019eau des foss\u00e9s ; d\u2019autres en \u00e9taient r\u00e9duits \u00e0 aller chercher l\u2019eau dans des tonneaux autour des fermes. <\/big><big>On a rem\u00e9di\u00e9 \u00e0 cette p\u00e9nurie par l\u2019adduction des eaux de la Lys moyen insuffisant et trop co\u00fbteux. <\/big><big>Si Roubaix est peu fourni d\u2019eau \u00e0 sa surface, il a la chance de se trouver sur une cuvette du cr\u00e9tac\u00e9 o\u00f9 viennent s\u2019accumuler celles des environs, ce qui explique que chaque usine peut maintenant avoir son forage.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>Le grand d\u00e9veloppement industriel de Roubaix n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 possible si le progr\u00e8s n\u2019avait pas rendu ais\u00e9 le percement des forages aux environs de cent m\u00e8tres de profondeur\u00a0; sans eux, il n\u2019y aurait pas eu les grands peignages et les grandes teintureries qui sont une des principales forces de Roubaix. Ce fait et celui de trouver sur son sol une excellente terre \u00e0 brique (l\u2019argile de Roubaix est particuli\u00e8rement sp\u00e9cifi\u00e9e dans la g\u00e9ologie de la r\u00e9gion) sont peut-\u00eatre des causes moins indirectes qu\u2019on pourrait le croire, de sa prosp\u00e9rit\u00e9.<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><big>J\u2019ai fini. Il \u00e9tait difficile de vous int\u00e9resser avec l\u2019histoire d\u2019un seigneur d\u2019aussi faible importance que notre Riez. Si j\u2019ai r\u00e9ussi \u00e0 ne pas \u00eatre trop fastidieux, c\u2019est en employant la fameuse recette de la soupe aux cailloux, c\u2019est \u00e0 dire en y ajoutant bien des choses. J\u2019esp\u00e8re que vous excuserez mes digressions. Des d\u00e9tails, parfois futiles, m\u2019ont paru avoir quelque int\u00e9r\u00eat pour notre histoire locale.\u00a0<\/big><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\" align=\"right\"><em><big>F\u00e9lix Delattre<\/big><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\" align=\"right\"><em><big>Administrateur de la Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;Emulation de Roubaix<br \/>\nS\u00e9ance de la Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;Emulation de Roubaix du 13 avril 1944<\/big><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\" align=\"justify\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y aurait beaucoup d\u2019ironie \u00e0 appliquer ces vers aux Roubaisiens : le cours d\u2019eau qui arrose leur territoire n\u2019est pas une rivi\u00e8re, encore moins un fleuve et on les voit difficilement s\u2019y d\u00e9salt\u00e9rer, mais enfin, ils en ont un et ils peuvent dire : \u00ab Mon verre n\u2019est pas grand mais je bois dans [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[43,22],"tags":[140,218],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/723"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=723"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/723\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=723"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=723"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=723"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}