{"id":762,"date":"2019-05-13T11:24:14","date_gmt":"2019-05-13T09:24:14","guid":{"rendered":"http:\/\/ns307812.ovh.net\/?p=762"},"modified":"2023-05-06T08:13:56","modified_gmt":"2023-05-06T06:13:56","slug":"jean-baptiste-henri-reboux-lithographe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.histoirederoubaix.com\/index.php\/2019\/05\/13\/jean-baptiste-henri-reboux-lithographe\/","title":{"rendered":"Jean-Baptiste Henri Reboux, lithographe"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #333300;\"><strong>JEAN BAPTISTE HENRI JOSEPH REBOUX<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #333300;\"><strong>DEUXIEME DU NOM<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #333300;\">LITHOGRAPHE A ROUBAIX<\/span> <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019art de la lithographie, c\u2019est la reproduction par impression d\u2019un dessin, d\u2019un texte \u00e9crit ou trac\u00e9 sur une pierre calcaire de grain tr\u00e8s fin. Pr\u00e9par\u00e9 avec un crayon gras, le dessin est fix\u00e9 avec une pr\u00e9paration de gomme acidul\u00e9e. La pierre \u00e9tait mouill\u00e9e avant chaque tirage\u00a0; lors de l\u2019encrage au rouleau, le dessin retenait l\u2019encre grasse par affinit\u00e9, tandis que les parties non dessin\u00e9es refusaient l\u2019encre. L\u2019impression se faisait au moyen d\u2019une presse \u00e0 r\u00e2teau sur papier humide.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean Baptiste Henri Joseph Reboux, premier du nom, s\u2019\u00e9teint le 27 juin 1843 \u00e0 Lille, et Jean (le Baptiste est tr\u00e8s vite abandonn\u00e9, sans doute pour \u00e9viter la confusion avec son p\u00e8re) s\u2019associera un temps pour reprendre l\u2019affaire paternelle avec son fr\u00e8re Edouard, lequel fondera en 1848 avec les fr\u00e8res Bernard (Kolb et Henri) le journal <em>La Libert\u00e9<\/em>, qui deviendra <em>La V\u00e9rit\u00e9<\/em>, puis le <em>M\u00e9morial de Lille<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais c\u2019est \u00e0 Roubaix que Jean Reboux a son avenir. D\u2019abord install\u00e9 rue St Georges, il reprend ensuite au n\u00b07 rue du vieil abreuvoir, la succession du libraire Burlinchon, qui poss\u00e9dait une belle client\u00e8le commerciale.* Puis en 1846, Jean Reboux obtient le brevet de son beau fr\u00e8re Charles Hennion, d\u00e9missionnaire. Le voici donc imprimeur lithographe et libraire\u2026 Cela fait de lui le second imprimeur de Roubaix, apr\u00e8s Madame Veuve B\u00e9ghin.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #333300;\">Jean Reboux, passeur d\u2019hommes<\/span> <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le coup d\u2019\u00e9tat du 2 d\u00e9cembre 1851 am\u00e8ne le r\u00e9tablissement de l\u2019Empire, ce qui entra\u00eene l\u2019exil d\u2019un grand nombre des membres des comit\u00e9s r\u00e9publicains, parmi lesquels Victor Hugo. Toutes les stations fronti\u00e8res sont \u00e9troitement surveill\u00e9es par la police qui dispose de nombreux signalements et exige des passeports. On sait \u00e0 Paris les opinions ind\u00e9pendantes de la famille Reboux et il est fait appel au d\u00e9vouement du fils des vieux l\u00e9gitimistes lillois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est alors convenu que les citoyens \u00e0 qui on veut faire gagner la Belgique, viendront de Paris \u00e0 Douai par le chemin de fer, qu\u2019ils iront jusqu\u2019\u00e0 Roubaix \u00e0 pied, et que munis d\u2019une feuille portant un signe convenu, ils se pr\u00e9senteront chez Monsieur Jean Reboux, qui les guidera jusqu&rsquo;au del\u00e0 de la fronti\u00e8re. A la fin de d\u00e9cembre 1851, et pendant les premiers mois de 1852, presque chaque soir, des suspects se pr\u00e9senteront munis du signe convenu, et le royaliste quittait sa maison, ses affaires, et risquait sa libert\u00e9 et son avenir pour sauver de Cayenne ou de Lambessa ces r\u00e9publicains, ces socialistes qui sont re\u00e7us et h\u00e9berg\u00e9s \u00e0 Mouscron, chez sa m\u00e8re, Madame Veuve Reboux Leroy, chez la femme de celui dont les \u00ab\u00a0lib\u00e9raux\u00a0\u00bb en 1832 ont pill\u00e9 la maison et exil\u00e9 le fils, et de l\u00e0 gagnent Bruxelles et l\u2019Angleterre. La police imp\u00e9riale finit par se douter de quelque chose. Jean Reboux est surveill\u00e9 de pr\u00e8s et pendant toute la dur\u00e9e du r\u00e9gime, il est lui aussi un suspect. ***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #333300;\"><strong>Jean Reboux, le journaliste<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La profession d\u2019imprimeur est tr\u00e8s surveill\u00e9e, \u00e0 tel point qu\u2019\u00e0 l\u2019obtention de leur brevet, ils devaient pr\u00eater serment. C\u2019est dans ce climat que pendant dix ans, Jean Reboux sollicitera l\u2019autorisation de publier un journal d\u2019expression politique. Apr\u00e8s un refus suite \u00e0 sa demande du 20 juillet 1854, il est autoris\u00e9 en Mars 1856 \u00e0 faire para\u00eetre une feuille litt\u00e9raire et d\u2019annonces, <em>Le Journal de Roubaix.<\/em> C\u2019est donc au n\u00b020 de la rue Neuve\u00a0****\u00a0que vint au monde ce journal, qui n\u2019\u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9poque qu\u2019une feuille modeste imprim\u00e9e tr\u00e8s claire paraissant deux fois la semaine, le mercredi et le samedi. Il avait un tirage de trois cents exemplaires et l\u2019abonnement annuel co\u00fbtait 25 francs, y compris le timbre de 0,03 centimes dont chaque journal \u00e9tait tax\u00e9 par l\u2019Etat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le contenu refl\u00e8te la prudence de son propri\u00e9taire : le journal contient une partie officielle, avec les nominations dans la magistrature, ou aux diverses fonctions de l\u2019Etat ; il y a une chronique locale assez sommaire et non typiquement roubaisienne, un feuilleton, la correspondance particuli\u00e8re constitu\u00e9e d\u2019\u00e9changes d\u2019informations tr\u00e8s administratives. On peut y trouver \u00e9galement des faits divers d\u2019un peu partout, extraits d\u2019autres journaux (Courrier de l\u2019Is\u00e8re, Messager du Midi, Pilote du Calvados, Moniteur Alg\u00e9rien\u2026), des petites annonces et de la publicit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce n\u2019est qu\u2019en 1861 que Jean Reboux obtient l\u2019autorisation de publier un journal d\u2019expression politique, gr\u00e2ce \u00e0 d\u2019anciennes amiti\u00e9s de son fr\u00e8re Charles, dont le Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, Monsieur de Persigny. Le cautionnement s\u2019\u00e9levait \u00e0 7500 francs qui seront vers\u00e9s le 29 f\u00e9vrier 1863. Jean Reboux restera cependant ind\u00e9pendant durant toute la p\u00e9riode imp\u00e9riale. Grand ami de Monsieur Delfosse-Motte alors Pr\u00e9sident de la Chambre de Commerce de Roubaix, il sera avec lui un grand d\u00e9fenseur de la fabrique roubaisienne. Profond\u00e9ment attach\u00e9 \u00e0 la foi catholique, il se d\u00e9voua lors de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de chol\u00e9ra de 1866.\u00a0 Il prend sa retraite en 1872 et se retire \u00e0 Mons en Baroeul o\u00f9 il d\u00e9c\u00e8dera en juillet\u00a01894.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #333300;\"><em>* Gaspard Burlinchon, originaire de Rochetaille (Loire) a obtenu son brevet d\u2019imprimeur lithographe le 25 juillet 1841, et celui de libraire le 12 f\u00e9vrier 184<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #333300;\"><em>** Hippolyte B\u00e9ghin publie \u00e0 partir de 1829 la Feuille de Roubaix, affiches, annonces et avis divers. Ce pharmacien avait sollicit\u00e9 un brevet de libraire, qu\u2019il obtiendra par sa femme n\u00e9e Hyacinthe Deffrenne.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #333300;\"><em>*** D\u2019apr\u00e8s le journal de Roubaix du 13 juillet 1894.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #333300;\"><em>**** Num\u00e9rotation de l\u2019\u00e9poque. Les n\u00b017 et 19 seront \u00e9voqu\u00e9s un peu plus tard, sans doute \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un changement de num\u00e9rotation de la rue\u2026<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>JEAN BAPTISTE HENRI JOSEPH REBOUX DEUXIEME DU NOM LITHOGRAPHE A ROUBAIX L\u2019art de la lithographie, c\u2019est la reproduction par impression d\u2019un dessin, d\u2019un texte \u00e9crit ou trac\u00e9 sur une pierre calcaire de grain tr\u00e8s fin. Pr\u00e9par\u00e9 avec un crayon gras, le dessin est fix\u00e9 avec une pr\u00e9paration de gomme acidul\u00e9e. 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