Conférences de la Commission Historique du Nord 2019

Elles ont lieu dans la Salle de Conférences des Archives départementales du Nord (2ème étage) pour la première partie de l’année universitaire 2019/2020 les jeudis indiqués ci-après, en principe à 15 h (entrée gratuite par suite d’un partenariat culturel entre la CHN et les ADN).

– 24 octobre 2019 Philippe Diest (enseignant-chercheur en histoire contemporaine, Institut catholique de Lille) , « La Revanche au quotidien ? Les relations entre l’armée et les civils par rapport aux infrastructures militaires (1871-1914) »

– 28 novembre 2019 Jean-Marc Guislin (professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Lille), Une famille démocrate –chrétienne de Flandre, les Diligent

– 19 décembre 2019 Jean-Marc Playoust (professeur en CPGE au lycée Baggio de Lille) , « Une histoire méconnue, les cercles et les groupes artistiques dans le Tournaisis et le Hainaut belge dans l’entre-deux-guerres »

Le Musée d’Art et d’Industrie de Roubaix

Contribution de Michel DAVID (Société d’Émulation de Roubaix) lors du Congrès de la Fédération des Sociétés Savantes :

« Le Musée d’Art et d’Industrie de Roubaix : un projet patrimonial au service de nouvelles coopérations entre artistes et entrepreneurs « 

Le musée La Piscine doc BnRx

Le Musée d’Art et d’Industrie de Roubaix André Diligent, inauguré dans une ancienne piscine Art Déco (Architecte Albert Baert) en 2001, a constitué un projet majeur au service de la politique culturelle de la ville de Roubaix et de son projet de renouvellement urbain. Il a marqué sur le plan symbolique la construction d’un nouveau récit sur le thème de la renaissance. Ses espaces restaurés ont mis en valeur les conceptions hygiénistes qui étaient au cœur du socialisme municipal. Les symboles maçonniques comme la référence au cloître monacal donnaient à ce projet une profondeur mythologique et un discours universaliste. Musée d’Art et d’Industrie, ses collections permanentes racontaient les goûts et l’idéologie des familles qui ont construit l’industrie textile. Ce témoignage est complété par une collection exceptionnelle de tissus. Ainsi le cœur du projet scientifique du musée témoigne des coopérations entre artistes, ingénieurs et entrepreneurs.

Reprenant le fil de son histoire, le Musée a permis d’initier de nouveaux projets contemporains où les relations entre art et industrie sont en cours de réinvention : ouverture prochaine d’un grand espace de coworking au sein de l’office du tourisme dédié aux projets artistiques et patrimoniaux sur le patrimoine ; installation du quartier des Modes et de nombreuses initiatives qui font de Roubaix une place forte du nouveau textile, entre design et technologies. On doit évoquer aussi l’association des Amis du Musée qui a permis le retour de nombreuses personnalités issues de l’industrie à Roubaix. Je vais donc évoquer les permanences de cette relation art-industrie mais aussi les nouveaux motifs qui s’imposent (entrepreneuriat culturel, design, numérique).

Préfiguration 1835 doc Musée la Piscine

Partons donc de la création de ce musée. L’histoire du musée de Roubaix commence en 1835 avec la réunion, dans de grosses reliures, d’échantillons de la production textile locale. Puis le musée industriel de Roubaix est confié aux bons soins de Théodore Leuridan, archiviste et bibliothécaire municipal. Ce premier établissement est constitué des éléments significatifs de l’activité industrielle roubaisienne, et est donc considéré par ses initiateurs, des manufacturiers associés à l’épopée économique de la ville, comme la mémoire à conserver de la révolution industrielle. Ce premier musée garantissait donc la pérennité d’un patrimoine et glorifiait l’aventure économique et technique exceptionnelle qui se déroulait à Roubaix. Cet esprit pionnier de la Capitale Textile marqua durablement la personnalité du Musée.

L’Ensait CP méd Rx

En 1862 le musée est installé au second étage d’une ancienne filature, déjà occupée par la bibliothèque et les archives communales. La ville soucieuse de relever le niveau de son industrie textile sollicite de l’Etat la création à Roubaix d’une école professionnelle de qualité. En 1889 l’école est ouverte. Le bâtiment est largement consacré aux collections du musée. Le musée est réparti sur 3 niveaux. Au rez-de-chaussée, une galerie de sculptures propose un mélange de pièces originales modernes et de moulages en plâtre de modèles anciens choisis. Cet espace est dédié également à la présentation des objets d’art et notamment de la collection de céramiques de Sèvres. Cette coopération aves Sèvres permettra par exemple l’acquisition du portique de Sandier pour la bibliothèque du Pavillon français de l’exposition internationale de Gand, portique que vous pouvez admirer dans la perspective du grand bassin. La galerie latérale est consacrée aux collections d’histoire naturelle et le premier étage entièrement attribué aux tissus anciens. Vous connaissez cet équipement, il s’agit de l’ENSAIT, Ecole Nationale Supérieure d’Art et d’Industrie Textile, bel édifice qui fait face au Musée La Piscine. Ces collections seront complétées sous l’autorité de son directeur Victor Champier par des legs et des acquisitions pour renforcer la partie artistique, singulièrement picturale. On connait la suite ; le musée reste fermé à la Libération. Il faudra attendre 2001 pour qu’il ouvre de nouveau en majesté, après une longue préfiguration dans l’aile gauche de l’Hôtel de ville, dans la Piscine rénovée par l’architecte du Musée d’Orsay, Jean-Paul Philippon. Cette piscine art déco, construite par Albert Baert, avait été au début des années 30 un emblème revendiqué du socialisme municipal porté par le maire Jean Lebas, démonstration des idées de l’hygiénisme social, dans une ville où la santé était un enjeu permanent.

Faisons donc un premier point ; héritier d’un projet de musée industriel dont les premières pièces furent des échantillons textiles, le Musée la Piscine, érigé face à l’ancienne localisation du Musée industriel, a repris le fil de cette histoire avec une grande subtilité qui doit beaucoup au génie de son conservateur Bruno Gaudichon : valorisation des collections qui témoignent de l’évolution du goût de la bourgeoisie locale, place inédite au premier étage de collections exceptionnelles d’échantillons de tissus, évocation en majesté du legs de la céramique de Sèvres.

En 2018, une première extension a permis de mettre en valeur ces liens entre collections et histoire, tout en enrichissant avec force la place de la sculpture, dans le prolongement de la galerie de sculptures qui ouvrait autrefois la visite du Musée dans les locaux de l’ENSAIT. Et une future extension, déjà dans les limbes, pourrait proposer une collection exceptionnelle de céramique contemporaine et une valorisation méritée de la tissuthèque, dont les collections largement numérisées sont déjà accessibles aux professionnels par abonnement.

Ainsi, le lien entre le Musée et l’économie est son essence même. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Ces liens font-ils partie de l’héritage, sillon perdu avec la mort de l’industrie textile, ou connaissent-ils une nouvelle actualité ?

Si, dans l’histoire du Musée, cette coopération prenait la forme d’une patrimonialisation des collections de tissus issues de l’industrie textile et d’autre part des œuvres acquises par des collectionneurs exemplaires du milieu patronal, l’actualité voit se nouer des nouvelles alliances avec les industries créatives et l’économie urbaine.

Mais avant, évoquons un détail significatif ; on dit volontiers que  « le combat de coqs » de Rémy Cogghe est avec la « petite Châtelaine » de Camille Claudel, la Joconde de Roubaix. A Rome, ce disciple de Cabanel qui allait s’illustrer comme néo-naturaliste initia à l’impressionnisme des artistes danois – un portrait de Cogghe a d’ailleurs été retrouvé à Copenhague – et se lia d’amitié avec un certain Théodor Esbern Philipsen, parent par alliance de Paul Gauguin. Or Paul Gauguin travailla quelques semaines chez Lemaire et Dillies. Paul Gauguin représente un temps l’entreprise à Copenhague. Présence furtive d’un artiste certes, mais qui nous permet de tirer un fil : comme le rappelle l’excellent blog des ateliers Mémoire de Roubaix, en 1885, l’entreprise Dillies Frères, située dans le quartier des Longues Haies, devient l’usine Lemaire et Dillies. L’activité repose sur la filature et la fabrique de tapis ainsi que la teinturerie de cotons filés. Dans un contexte industriel très favorable, l’usine atteint son apogée dans la première moitié du XXe siècle. Son caractère emblématique justifie que cette usine soit le cadre du roman de Maxence Van Der Meersch consacré aux grèves de 1936 et à la JOC « Pécheurs d’Hommes ». Puis le déclin s’amorce en 1968 pour déboucher sur sa fermeture définitive en 1981. Elle est depuis reconvertie en site universitaire, INFOCOM.

Voyons maintenant les liens nouveaux entre le Musée, les artistes et l’économie.

Dans un paysage ravagé par la destruction de l’industrie textile, c’est peu de dire que la question économique est posée dans des termes nouveaux à Roubaix. Il s’agit d’abord de relancer une économie urbaine mitée par les friches et l’effondrement de l’immobilier. Il s’agit ensuite de faciliter l’implantation de nouvelles activités, à forte composante numérique, et qui dans le champ des industries créatives, nécessitent des liens nouveaux entre artistes créateurs et créatifs et production. Enfin de plus en plus l’artiste est lui-même un entrepreneur.

Sur le premier point, le Musée a été exemplaire du nouveau récit proposé par la Municipalité. Établissement phare du socialisme municipal, fermé dans les années 70 du fait de son obsolescence technique, sa réouverture est le symbole du renouvellement de la ville, de sa renaissance par la culture. La ville renouvelée emprunte aux registres symboliques maçonniques et chrétiens qui sont très présents dans la structure (le cloître) et les décors le thème de la renaissance : il y a un bien une vie urbaine possible après la mort textile. Le Musée est dès lors le totem, autour duquel la communauté locale est invitée à se rassembler pour incarner une identité nouvelle, postindustrielle et multiculturelle, et l’image de la rosace se reflétant sur la surface du bassin en devient le signe iconique.

Mais le symbole s’incarne aussi dans des projets concrets. La culture est mise au service d’un nouveau développement urbain en s’inspirant de l’exemple de Bilbao, ville industrielle dont l’image a été transfigurée par l’image futuriste de son musée Guggenheim. Le Musée va donc servir de point d’appui à la relance de l’économie urbaine du secteur compris entre l’avenue Jean Lebas et la gare. Par une logique de petits pas, une forme de guerre de position, un premier noyau se construit autour du parvis du Musée : construction de logements privés, rénovation de l’ENSAIT, traitement de l’espace urbain. Les avantages de la Zone France Urbaine et les investissements de la Métropole de Lille permettent de relancer l’activité de cette avenue qui avait vu des commerces péricliter. La création du Quartier des Modes va permettre à des jeunes créateurs de lancer leur activité dans l’environnement immédiat du Musée qui leur assure un flux de visiteurs. A côté du Musée, le Grand Bassin accueille des créateurs et des artisans d’art dans des box temporaires et une boutique, une galerie d’Art Contemporain ouvre, la QSP avec une forte activité dans la céramique contemporaine grâce au militantisme de l’association le Fil Rouge, des restaurants et une librairie apparaissent ; des évènements viennent scander cette longue bataille de la reconquête : Nuits des Arts, Marchés des Modes, et Journées du patrimoine deviennent des dates fortes de l’agenda métropolitain.

Le campus gare

Le terrain est balisé pour passer à la seconde étape, qui voit émerger autour d’une gare de style industriel qui mérite d’être réanimée, un campus Gare qui porte à 10000 le nombre d’étudiants présents sur Roubaix. Un nouveau point d’appui est en cours de consolidation, qui permettra de prolonger la reconquête vers le secteur de l’Alma, où trône la vieille dame de la Redoute en pleine renaissance et l’incubateur de e-commerce, Blanchemaille by Euratechnologies et vers le secteur de l’Epeule-Alouette, où se nichent les locaux de travail du prestigieux ArtPoint M et l’atelier de l’artiste américain JonOne, mondialement connu. La relocalisation à proximité de l’Office du Tourisme, qui s’apprête à ouvrir la Bobine, un tiers-lieu dédié aux entrepreneurs et projets liés au tourisme et au patrimoine, l’implantation dans les locaux d’une draperie des ateliers Jouret, un espace de production pour artistes et artisans d’art, qui a tellement bien marché, qu’un second lieu de production artistique dédié au Street Art, Remyco, vient d’ouvrir …rue Rémi Cogghe. Il n’y a pas de hasard.

Dans les faits, le Musée a été la pierre de fondation du renouvellement progressif de tout un quartier et participe de fait à la renaissance d’une nouvelle filière textile-Mode.

Sur le second point, il nous faut évoquer à travers quelques exemples significatifs les compagnonnages nombreux entre les artistes et le musée, base d’appui cette fois-ci du lancement ou du développement de leur carrière, ou encore de coopérations inédites entre les artistes et l’économie.

Esmod et le Musée doc Le Musée La Piscine

Un premier exemple nous est donné par la collaboration entre ESMOD, école supérieure de Mode et le Musée. « Pour la 12e année consécutive, lors du traditionnel défilé ESMOD qui s’est tenu le vendredi 15 juin 2018, La Piscine a eu l’honneur de décerner son prix « Coup de Cœur » à un jeune talent de la création textile formée dans la prestigieuse école ESMOD de Roubaix. Depuis 1991 et l’exposition « Les États du Lin », première exposition textile organisée par le musée dans sa préfiguration, les relations entre l’école et le musée ont toujours été fructueuses, mais informelles jusqu’en 2007 quand, à la demande de la direction de l’école, La Piscine a l’honneur de décerner un premier prix « Coup de Cœur » à un jeune talent de la couture formé par ESMOD Roubaix.

Le coup de cœur 2018 doc Le Musée La Piscine

Cette année, le musée a été séduit par la collection Irisse et a décerné son prix à la talentueuse Nathalie Tamwo. Cette collection, dont le travail du tissu est remarquable, associe avec justesse les traditions africaines et les tendances contemporaines. Le musée a donc acquis une des pièces créées par cette jeune créatrice. Elle intégrera la riche collection mode du musée aux côtés de Jean-Paul Gaultier, Kenzo, Castelbajac ou Agatha Ruiz de La Prada. Des coopérations régulières existent aussi entre le Musée et Maisons de Mode.

Second exemple, Roubaix est devenue en quelques années une place forte de la céramique contemporaine. L’histoire du musée de Roubaix suit finalement plus une logique anglo-saxonne où la question de l’objet et notamment du recours à des artistes pour créer des univers et des décors de qualité est très prégnante dans la constitution même des collections. L’art de la céramique est arrivé on l’a évoqué avec les importants envois de la Manufacture de Sèvres dès la fin du XIXème siècle. Le mobilier, le design et la scène céramique contemporaine ont complété ce regard singulier depuis une trentaine d’années jusqu’à devenir, dans les collections et la programmation du musée, une spécialité régulièrement enrichie par des achats, des dons et d’importants dépôts du Fonds national d’art contemporain.

Lors de l’ouverture de la préfiguration en 1991, le projet scientifique et culturel du futur musée donne à la céramique une place essentielle dans le parcours muséal. De nouveaux et importants dépôts sont sollicités auprès des collections nationales, notamment un exceptionnel ensemble de céramiques de Picasso qui intègre le musée en 1995. Lors de l’installation du nouveau Musée d’Art et d’Industrie, en 2001, la céramique trouve naturellement sa place dans l’espace identitaire et préservé du lieu : le grand bassin, lui-même écrin de céramique lui accordant ainsi une visibilité primordiale.

En parallèle aux expositions qui présentent les contributions à la céramique des grands noms de l’histoire de l’art – Dufy, Picasso, Chagall, Pincemin, Pignon … – la Piscine poursuit sa mission de montrer à un public de plus en plus intéressé et séduit, le travail d’artistes qui utilisent la terre et le feu dans des créations résolument contemporaines et plastiques : Buthod-Garçon, Rousseau, Lanos, McKirdy, Musel, Damas, Besengez, Larpent, Karp …

Á l’occasion de la réouverture du musée, après de grands travaux d’agrandissement, face au chef d’œuvre de la Manufacture Nationale de Sèvres ( le Portique de 1913 de Sandier), près de la collection des céramiques modernes (Picasso, Dufy, Dalou, Jourdain, Duncan Grant, Colette Guéden, Guidette Carbonell, Pignon, Chagall …) ce mur monumental, dessiné par le scénographe Cédric Guerlus, abrite, dans des écrins de verre, la quasi entièreté de la collection contemporaine de céramiques essentiellement enrichie grâce au soutien fidèle et à l’engagement de la Société des Amis du Musée. Ce mur est le passage obligé entre le bassin et les nouvelles ailes du musée. Sans nul doute, ce travail a permis l’émergence de nouveaux lieux comme de nouveaux ateliers d’artistes, faisant de Roubaix une adresse renommée de cet art en fort développement.

On doit encore évoquer la remarquable collaboration entre Mahjoub Ben Bella, les 3 suisses et le Musée. Né en Algérie, en 1946, Mahjoub Ben Bella est d’abord élève à l’Ecole des Beaux-Arts d’Oran avant de suivre son directeur, Claude Vicente, à Tourcoing en 1965. Après avoir suivi les cours de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris de 1970 à 1975, il s’installe définitivement à Tourcoing où il vit et travaille depuis 1975. Très fortement inscrit dans la scène artistique régionale, il a plusieurs fois exposé au musée de Roubaix – notamment pour présenter les résonances de son travail dans l’univers du décoratif (textile, céramique…)

La Société 3 Suisses a constitué une collection d’œuvres d’art (Fabrice Hyber, Christoforou, Warhol…) réunissant des signatures nationales et des références régionales. A l’occasion de la mue de l’entreprise, les 3 Suisses se sont rapprochés de La Piscine pour assurer une pérennité aux archives créatives de l’entreprise et notamment pour que soit conservés les modèles des produits que diffusait le catalogue de vente par correspondance et qui avaient été commandés à des personnalités en vue de la mode et du design. Ce qui permet de rappeler que le peintre avait apporté sa contribution en 1997, avec le label des musées de Roubaix, Tourcoing et Desvres, dans le catalogue L’Exemplaire, diffusé par les 3 Suisses.

On l’aura compris, l’originalité du lien entre le musée, les artistes et l’économie est la continuité d’un rapport inscrit dans l’ADN du projet et son adaptation aux mutations contemporaines. La tissuthèque en est l’exemple le plus probant et nous terminerons sur ce sujet.

On se rappelle qu’à sa fondation en 1835, le musée de Roubaix était exclusivement consacré au tissu. Aujourd’hui, la fragilité de ces tissus oblige à limiter leur temps de présentation à la lumière. Cela explique aussi que l’éclairage soit limité en intensité. Les tissus exposés sont donc changés 3 à 4 fois par an. Néanmoins, un service spécifique du musée, la tissuthèque, permet au public – notamment aux professionnels – d’accéder sur rendez-vous à ce fonds exceptionnel de dessins textiles, de pièces de tissus et d’échantillons. L’accès est soumis à un abonnement annuel avec prises de rendez-vous pour la consultation des archives sur place. Les photos sont payantes et téléchargeables en haute définition depuis le site de consultation. Pimkie, Promod, Kiabi, Know-how consulting, Art connexion (pour un artiste Taiwanais Michael Lin: projet d’une grande fresque à la gare Lille Europe) sont par exemple abonnés. Sans nul doute le développement de la tissuthèque deviendra un point d’appui précieux pour la nouvelle filière mode-textile, où la mode durable s’enrichira de la créativité héritée comme de la vitalité des artistes contemporains.

Du Café à la Presse (du Parc)

A la fin du XIXe siècle, Le « Beau Jardin » prend forme… les Roubaisiens commencent à aller s’y promener en remontant doucement le boulevard de Paris. Le kiosque à musique, construit en 1881 (détruit aujourd’hui), remporte un tel succès qu’en 1883, on peut lire un rapport à l’administration municipale réclamant « l’acquisition de mille chaises ».* Mais la promenade donne soif !

Le Café du Parc CP Méd Rx

Il semble que l’idée d’installer un café à proximité du Parc ait germé dans la tête du Roubaisien Edouard Catteau qui, dès 1896, demande à la Ville de lui louer une parcelle de terrain lui appartenant, située « à l’entrée, côté droit du parc de Barbieux ». Il s’engage à y établir un « café-restaurant qui sera construit à ses frais suivant toutes les règles de l’art ». La Ville accepte avec quelques conditions : une durée de bail de dix années et, à l’expiration de la concession, l’immeuble deviendra gratuitement la propriété de la Ville qui en disposera comme elle voudra. De la construction de ce café, on ne trouve aucune trace… Mais en 1906, non seulement le bail a expiré, mais en plus, Edouard Catteau a cessé d’occuper cette maison depuis fin 1905… « La Ville a donc pu prendre possession plus tôt de la construction établie sur ce terrain et en faire le logement du jardinier-chef » peut-on lire dans les délibérations municipales de 1907. (En 1894, le Conseil municipal avait déjà décidé de construire un logement pour le chef-jardinier, « faisant front au Boulevard de Douai ». Les travaux furent adjugés en 1895 et terminés la même année mais est-ce à ce même emplacement ? ).

Hôtel particulier de Charles Georges Masurel CP Méd Rx

Parallèlement, on découvre qu’en 1897, un certain Jules Lerouge-Losfeld demande à la mairie l’autorisation de faire construire un café par l’architecte Louis Barbotin, sans doute sur les deux autres parcelles voisines. Il semble bien que ce soit, là, la véritable naissance du Café du Parc. A l’époque, Louis Barbotin a déjà construit l’Hospice Barbieux et construira la caserne des Pompiers avenue Gambetta en 1907. Dès 1900, on trouve donc trace de ce nouveau café au 116 bd de Paris dans les Ravet-Anceau. Il est face à l’hôtel particulier de Charles-Georges Masurel-Leclercq, construit par Dupire-Rozan dans les années 1890. Et les deux constructions qui encadrent le carrefour des boulevards de Paris et Cambrai sont réalisées dans un style cohérent. Puis en 1903, ce même Lerouge-Losfeld (que l’on trouve alors domicilié au 116 bd de Paris, c’est-à-dire au café même), demande le permis de construire un « chalet » au 118 bd de Paris.

La famille Vanhove à la terrasse du Café du Parc en 1947. Collection particulière.

Cependant en 1937, une demande de travaux sur le Café du Parc signale qu’ Amédée Haustrate en est le propriétaire… Il est, depuis 1920, le propriétaire du garage juste à côté, 70 bd de Cambrai… Bref, les propriétaires de ce café se sont donc succédé ! Ce nouveau café se prolonge vers l’avenue Jean Jaurès d’une véranda et d’une « terrasse » ombragée qui accueille les clients quand le temps le permet. Et le chalet sert de salle de concert où se produisent de nombreux artistes de tout style et parfois de grande célébrité, voire des vedettes parisiennes : chanteurs, musiciens, acrobates, humoristes… Maurice Chevalier y serait même venu ! Les spectacles se déroulent principalement les samedis, dimanches et lundis. C’est donc un café « chic » et de bonne renommée qui jouit d’une belle clientèle. Il ne semble pas faire d’ombre aux autres estaminets du Parc ni même au café « La Laiterie » qui sera construit en 1908.

Plusieurs cafetiers s’y succèdent : P. Verrièle, A. Sieuw, M. Castelain. En 1934, il est désormais référencé comme « Café du Parc », tenu par A. Jonckheere. En 1945, on le nomme aussi bien « Café du Parc » que « Café Duthilleul » du nom de son nouveau propriétaire. Ce Gaston Duthilleul a affirmé avoir employé plus d’une vingtaine de garçons dans son établissement ! C’est dire son succès… La Seconde Guerre mondiale mettra fin aux activités de cafés-concerts.

La fin d’un café… la naissance d’une Presse

Hélas, en 1957, le Conseil municipal envisage la création d’un café-restaurant dans le Parc (ce sera le futur Bol d’air) et décide la destruction du Café du Parc et la vente du terrain, en 1959, à La Compagnie française de Raffinage et à la SCI lilloise « Résidence Barbieux »… Le café sera démoli en février 1964…

Le café du Parc est démoli Photo NE

Les deux associés font appel à l’architecte de Lambersart Gustave Dumoulin qui n’obtient le permis de construire qu’en 1962 après un premier refus par la mairie de Roubaix en 1959. La société pétrolière, avec l’accord du Ministère des carburants, envisage donc d’installer une station-service : c’est l’emplacement idéal à cette sortie de Roubaix, vers la route de Lille.

Maquette de la station service. Doc AmRx

Mais il manque un peu de place : il faudrait adjoindre à l’ancien terrain du café les 205 mètres carrés mitoyens qui appartiennent à la Ville de Roubaix et font partie du Parc Barbieux même s’ils sont séparés par l’avenue (est-ce l’emplacement de la maison du jardinier-chef ?) ! Oui mais… se dresse là, depuis 1925, la statue du Commandant Bossut ! Qu’à cela ne tienne ! Avec l’accord de la famille Bossut, une entreprise parisienne la déménage en 1963 dans le Parc proprement dit, où elle est toujours. La station-service s’intègre dans un nouvel immeuble de 6 étages, qui, avec 24 appartements et 2 studios, est censé lutter contre la crise du logement à Roubaix. La station prend le nom de « station Relais du commandant Bossut ». A la base un autre commerce : et voilà la naissance de la Presse du Parc ! Elle sera inaugurée en août 1966 par sa propriétaire Mme Cattoire. Les logements ne seront, eux, terminés qu’en juin 1967.

Le début d’une longue histoire. ©NE

Son architecture, une fois encore, s’harmonise avec l’immeuble de standing en arrondi, bâti en 1951 par l’architecte-urbaniste roubaisien Porte, sur l’emplacement de la propriété Masurel-Leclercq sur le coin opposé.

Un carrefour bien dégagé qui reste parfaitement harmonieux… dans un autre style ! © EG

De la Presse du Parc à la Maison de la Presse

Après Mme Cattoire, c’est Madame Deveyer qui achète cette « Presse du Parc » et développe une clientèle assez bourgeoise, proposant en particulier beaucoup d’articles-cadeaux : très beaux stylos, maroquinerie, etc. La vente se fait derrière de grands comptoirs en bois à tiroirs : papeterie, tabac, librairie… bien séparés.

Et c’est là que les Groux entrent en scène : en 1995, Gérard Groux, responsable d’un dépôt de presse employant 60 porteurs de journaux à Carvin dans le Pas de Calais, envisage de s’offrir son propre point de vente. Il entend parler de la « Presse du Parc » qui est en vente mais… venir à Roubaix ? Il fait quand même « l’effort » et… s’y installe ! Tout est à faire pour se sentir chez soi dans cette presse dont il reprend les 3 vendeuses. Il a donc l’idée d’adopter le concept de franchise de la Maison de la Presse. Ce concept, nouveau à l’époque, qui n’accorde son enseigne qu’à une seule librairie par ville, propose une solution « clés en mains » très d’avant-garde. Tout est prévu : enseigne, linéaires, disposition du magasin, publicité, jusqu’au carrelage bleu qui couvre encore de nos jours le sol de la Presse du Parc. C’est la Maison de la Presse qui prend tous les travaux en charge. Et pendant 3 semaines, Gérard et Annie Groux installent le point de vente dans des bungalows sur le parking, avec l’accord des occupants de l’immeuble, bien sûr ! La nouvelle enseigne propose aux clients le libre-service alors que dans la boutique précédente, ils étaient servis. Le nom La Presse du Parc est cependant conservé car il a fait la réputation du magasin. En 2007, Gérard Groux prend sa retraite et c’est son fils, François, qui prend la relève avec sa sœur Stéphanie pendant quelques années.

Quand, en 2010, arrive Virginie… Responsable d’un magasin de mode de luxe à Rambouillet, elle a l’expérience de la présentation des produits dans une boutique, le merchandising comme on dit maintenant, et la fibre du contact avec la clientèle. François reconnaît très gentiment « que c’est grâce à elle que la Presse se développe tant ». 

Mais c’est un travail sans relâche : toute l’année, presque tous les jours, de 7h 30 à 19h, sans compter que, bien souvent après la fermeture, Virginie ou François assure encore des services aux alentours comme de livrer journaux ou tabac à domicile. Leur maître-mot est en effet « proximité avec la clientèle ». Et ce ne sont pas les idées et les initiatives qui leur manquent comme par exemple celle de réserver près de 2 500 Charlie Hebdo pour leur clientèle, lors de l’attentat de janvier 2015…

Point de rencontre des élèves de la Cité scolaire Baudelaire ou de nombreux autres établissements scolaires de Roubaix, et de clients roubaisiens fidèles, encore roubaisiens ou habitant désormais Bondues, Hem ou même Leers, la Presse du Parc est une figure emblématique de Roubaix… François et Virginie sont loin de se reposer sur leurs lauriers ! Bon courage à eux et merci pour leur accueil toujours chaleureux !

Virginie, François et Gérard Groux, la bonne équipe de la Presse du Parc. © EG

Evelyne Gronier-Renaut

 

* In « Ce joli parc doit vous rappeler de belles choses » Isabelle Baudelet

Merci à Philippe Waret et à Jean-Pierre Maerten des Ateliers mémoire pour leur aide, leurs documents, leurs informations. Merci aussi à toute l’équipe des Archives municipales qui m’a aidée dans mes recherches.

Roubaix, la ville aux 100 théâtres

par Philippe Waret et Alain Guillemin

Exposition réalisée par la FAL de Roubaix en 2001

Au Moulin de Roubaix, au « sommet » de l’actuelle rue Jean Moulin (ex rue du Moulin) en 1829, Joseph Couvreur ouvre le premier théâtre connu dans la ville.

Le lieu comporte une double scène, l’une pour les comédiens, l’autre pour les marionnettes. C’est le Théât’ Roïau où comédiens de chair et comédiens de bois jouent le même répertoire pour un public majoritairement composé de jeunes ouvriers. La famille Couvreur jouera dans divers lieux dans la ville pendant tout le XIXe siècle. La première école gratuite à Roubaix, ouvrira, également, en 1829.

Le temps des théâtres durera jusqu’à la fin du siècle qui constituera le sommet de la vague d’une véritable passion pour l’art dramatique dans cette période qui est celle des lois de Jules Ferry sur l’école. Pourtant, en cette fin de siècle la concurrence va venir des cafés-concerts, avant qu’en 1907, s’ouvrent de véritables salles de cinéma apportant des spectacles largement diffusés. Les ouvriers qui produisaient des pièces destinées au public du quartier vont perdre là de précieux compléments de ressources. Dans la période du développement industriel de Roubaix, passant de 25 000 habitants au milieu du siècle à 125 000 après 1880, on fréquente le théâtre pour s’instruire souvent plus que pour se distraire. On vient entendre des dialogues dans un français difficilement maîtrisé, apprendre l’histoire de France grâce à des spectacles souvent inspirés de romans historiques.

Quelques familles traversent et marquent toute cette époque, les Couvreur, les Richard, les Créteur, par exemple, dont le premier, Edgar, joue avec ses marionnettes à l’Epeule vers 1860, avant que son fils prenne la relève vers 1880. D’autres membres de la famille seront de célèbres costumiers de théâtre jusqu’au milieu du XXe siècle.

Le théâtre du Fontenoy CP Méd Rx

On a souvent parlé de l’incroyable nombre de cheminées d’usines à Roubaix mais la ville fut aussi remplie de théâtres : une vingtaine en activité vers 1880 et autant de théâtres de marionnettes. A côté de tout petits lieux on trouve de grandes salles, le Théâtre de Roubaix ou Théâtre Joseph Couvreur où la famille du fondateur continue son œuvre, le Théâtre des menus plaisirs et quelques salles qui accueillent plusieurs centaines de spectateurs. Le Théâtre de l’Hippodrome avec ses 1 800 places accueillera de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle des troupes de théâtres, du music-hall, du cirque, des opéras… Partout, on refuse du monde… et les salles sont souvent plus que bondées.

L’hippodrome théâtre CP Méd Rx

A la fin du XIXe siècle, les petits théâtres commencent à subir la concurrence d’autres distractions et les comédiens-ouvriers doivent se partager un bien maigre complément de ressources. Retour à la marionnette car quelques dizaines de héros de bois peuvent occuper la scène grâce à 4 ou 5 artistes. Seul Louis Richard avec son théâtre de 600 places, près de la rue des Longues Haies, continuera à vivre de son art.

Après 1918, le théâtre dans les quartiers va clairement relever d’une activité bénévole. Les patronages, handicapés par leur choix de ne pas avoir de troupe mixte et les amicales laïques animent un nombre important de compagnies. Ces dernières s’appuient sur les locaux de leur fédération, rue d’Alsace, où elles disposent d’une grande salle et d’une scène, véritables vitrines de leur activité.

L’époque des concurrences, entre un spectacle sponsorisé par le patronat, un lieu de théâtre animé par le mouvement ouvrier (la Coopérative La Paix) et des initiatives ouvrières dans les quartiers, se termine. La municipalité prend le relais et invite à l’Hippodrome des troupes professionnelles, la loi de 1901 sert de cadre juridique au bénévolat des patronages et des amicales laïques. Il faudra attendre l’après guerre pour qu’un Roubaisien, Cyril Robichez, après avoir animé les marionnettes de son Théâtre du Petit Lion, se lance, à Lille et en région, dans la première aventure de théâtre professionnel en province avec le « Théâtre Populaire des Flandres ».

6e concours-photos : les résultats

Cette 6e édition de notre concours-photos, qui comme d’habitude « collait » au thème des Journées du Patrimoine, le divertissement, ne paraissait peut-être pas facile et pourtant nous avons reçu quand même 180 photos !…

Parce que les lieux et les occasions de divertissement à Roubaix, ils sont pléthores ! Tout l’été, dans tous les quartiers, il se passe quelque chose ! Il suffit de faire le tour des photos pour voir que de la Grand Place au Pile, en passant par le canal, le musée de La Piscine ou le Parc Barbieux… chaque quartier a son style !

Ce concours, vous le savez , a pour but de faire lever les yeux sur Roubaix… Pour se rendre compte que Roubaix, ce n’est pas si moche que cela, ce n’est pas la ville que les journalistes aiment décrire où même la SPA est laide et moche ! (dernier reportage à la télé !) Et je crois qu’une fois encore, ce concours y est parvenu !

180 photos donc, et 31 photographes… Cependant, nous n’avons retenu et imprimé que 110 photos… Pourquoi ? Parce que certaines photos envoyées ne respectaient absolument pas le thème du divertissement… Ou alors on n’y reconnaissait pas Roubaix… Ou alors la qualité était très insuffisante (au moins 800 ko). Ou encore certaines photos ont été envoyées en 2 ou 3 exemplaires qui ne variaient que d’un cadrage différent de 10 cm !

Si nous voulons continuer ce concours-photos dans le respect de la qualité et qu’il devienne de plus en plus qualitatif, tout en restant évidemment amateur, nous devons absolument appliquer ces critères.

Avant de donner les résultats et présenter certaines photos (nous ne pouvons malheureusement pas les mettre toutes sur ce site !), il faut remercier toute l’équipe du Colisée qui nous a accueillis très très gentiment dans ce lieu mythique ce dimanche 22 septembre 2019 malgré toutes les contraintes de sécurité que cette expo a engendrées en plus…

Les fidèles piliers de ce concours-photos, Joël Ravier, Bernard Catrice

et Evelyne Gronier

Et merci à Alain Guillemin qui nous a prêté ses panneaux sur les théâtres à Roubaix, « la ville aux 100 théâtres » (voir article sur ce site)

Et bien sûr, merci à nos fidèles partenaires : Le Colisée qui nous a offert de nombreuses places de spectacles, le Duplexe/UGC des places de cinéma, le magasin de photos Camara des tirages sur papier, l’Association l’œil photographique un agrandissement sur papier , les Amis du Musée de la Piscine des livres et des adhésions pour 2019-2020  et bien sûr une adhésion pour 2019 à la SER avec le dernier magazine édité et le prochain à venir … Les gagnants sont repartis gâtés et heureux…

Les 3 trois premiers prix  avaient été déterminés par notre fidèle jury composé de Jean-Michel Dewailly, Maÿlis jeanson, Jean-François Berghe de la Société Historique de Tourcoing, Joël Ravier et les deux Michel de l’Association L’œil photographique, Tanghe et Boucherie.

Le 3e prix

Il a été attribué à Daniel Toussaint, un Roubaisien expatrié en région parisienne qui revient régulièrement à Roubaix (au moins 2 à 3 fois par mois !) pour le plaisir, pour se balader, pour tirer des photos, pour aller au Musée de La Piscine, à l’exposition Adler par exemple…

 

 

Le 2e prix

est revenu à… une Lilloise ! « Oui, oui, personne n’est parfait » dit-elle elle-même ! Mais à travers sa photo de la fête du Pile, traitée avec beaucoup d’originalité en noir et blanc, Hélène Hoffmann a défendu la gaieté des quartiers de Roubaix.

 

 

And the winner is…

Pierre Six, un Roubaisien qui habite Tourcoing mais encore bien accro à Roubaix ! Et c’est bien la ville de Roubaix dans toute sa diversité que sa photo du carnaval au Pile a magnifiée !

 

 

Le coup de coeur du jury

La photo de Christoph Spannagel répondait tellement bien au titre du film de Desplechin que le jury n’a pas hésité à craquer pour cette prise de vue du feu d’artifice du 14 juillet : « Roubaix, des lumières »

 

 

Le prix du public

Et comme chaque année maintenant, le public s’est pris au jeu et a voté pour sa photo préférée.

 

Le public s’est amusé à voter pour sa photo préférée

Il faut savoir que la première élue par le public était celle de Daniel Toussaint, déjà élue 3e prix par le jury, et la seconde , celle du feu d’artifice de Christoph Spannagel. Public et jury sont donc bien en phase ! C’est donc celle de Carole Deffrennes qui a remporté la palme du public :  une petite fille s’y extasie devant « la boule » du Parc Barbieux.

 

 

 

Et un petit aperçu de quelques unes des photos reçues… 

Merci à tous, même à ceux que nous n’avons pas la place de faire figurer dans ce site et… à l’année prochaine !

© Benoît Gabriels

 

© Béatrice Duponchel

© JP De Ruyver

 

 

 

© Brigitte Bastin

© Jehan Peter Strubbe

© Malbrel

© Melanie Belot

© Nicole Druant

© Suzanne Bohlmeijer

© Sylvie Malfatto

© Anne-Marie-Tordeux

© Didier Bonnel

 

© Valerie di Meglio

60e Congrès programme et lettre aux associations

Fédération des Sociétés Savantes du Nord Pas-de-Calais


Société d’Émulation de Roubaix

Roubaix, le 5 septembre 2019

Madame la Présidente, Monsieur le Président,

La Société d’Émulation de Roubaix reçoit cette année le 60e congrès de la Fédération. J’ai donc le plaisir, au nom de la SER, de vous communiquer le programme définitif du 60e Congrès de la Fédération des Sociétés savantes du Nord de la France qui se tiendra le dimanche 20 octobre 2019 de 9 h à 18 h environ au Grand Hôtel Mercure, 22 rue Jean Lebas, à Roubaix, y compris le repas du midi. Les possibilités de stationnement sont nombreuses autour de l’hôtel. Le stationnement est gratuit le dimanche dans toute la ville.

Le thème du congrès sera le suivant :

Art & Industrie

Relations et interactions du XIII e siècle à nos jours

Programme de la journée

9 h00-9h15 : Accueil des participants, par Gilles Maury, président de la SER.

9 h 30 : Ouverture du Congrès, par Madame Isabelle Clauzel, présidente de la Fédération.

9 h 45 : « Arras à l’origine de la tapisserie historiée (fin XIII e siècle) », par Marie-Paule BAUDIENVILLE (Société Historique de Villeneuve d’Ascq),

10 h 15 : « Le marchand-tapissier dans le nord de la France au XVIII e siècle : le commerce des étoffes comme indicateur de la tendance d’une industrie », par Gatien WIEREZ (Commission Dépt. Pas-de-Calais),

10 h 45 – 11 h 00 Pause

11 h 00 : « Ressources géologiques pour l’industrie et l’architecture dans le Nord de la France », par Alain BLIECK (Société Géologique du Nord),

11 h 30 : « La production artistique dans l’industrie marbrière du Nord au XIXe –XXe siècle », par Jean HEUCLIN (Commission Historique du Nord),

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12 h 00 : Réception

12 h 45 : Repas sur place

14 h 30 : Assemblée générale de la Fédération.

15 h 30 : « L’impact de l’art industriel à l’ouest de Lille, XIX e et XX e siècles », par Chantal DHENNIN (Weppes-en-Flandre),

16 h 00 : « Formes et décors des architectures de l’industrie : le patrimoine des Wattinne-Bossut, bâtisseurs d’Auchy-lès-Hesdin (1859-1989) », par Sophie LEGER (Comité d’Histoire du Haut-Pays),

16h 30 : « Le Musée d’Art et d’Industrie de Roubaix: un projet patrimonial au service de nouvelles coopérations entre artistes et entrepreneurs », par Michel DAVID (Société d’Émulation de Roubaix),

17h 00-18h00 : Conclusion, et visite de la Maison Verte, 1893, première œuvre de l’architecte A. George-Dubois, représentative des liens entre art & industrie (à 3mn à pied du Grand Hôtel).

Vous voudrez bien adresser par écrit, le nom des participants de votre Société à retourner pour le 11 octobre au plus tard. Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à vous rapprocher de Josiane Deroubaix, secrétaire de la SER, sersecretariat59@gmail.com ; ou Bernard Catrice, coordinateur du Congrès pour la SER, catrice.bernard@neuf.fr.

Les sociétés qui souhaitent vendre leurs publications peuvent les apporter, des tables seront à disposition.

Veuillez agréer, Madame la Présidente, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations les meilleures.

Gilles Maury, président.

Notre magazinothèque

Le magazine Gens & Pierres de Roubaix est édité deux fois par an depuis 2006. Certains numéros sont épuisés mais il est toujours possible d’obtenir un ou plusieurs autres numéros si un sujet vous intéresse ou si vous voulez compléter votre collection. Il suffit de nous le demander !

Nous avons le plaisir de vous proposer un tarif préférentiel : un magazine = 6 euros, 10 euros pour deux magazines, et 4 euros chaque magazine à partir de trois. A cela il faut ajouter 4 euros pour l’envoi d’1 magazine, 6 euros pour 2 et 7,25 euros au delà (tarifs postaux 2023). Adressez votre commande à : SER, 26 rue du Château, 59100 ROUBAIX en indiquant votre nom, votre adresse postale, votre mail et en joignant votre chèque. Nous ferons le nécessaire dès réception. Pour notre organisation, merci aussi d’ajouter « commande via le site » . Merci !

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Les conditionnements

C’est le 11 août 1857 que le Conseil municipal de Roubaix vote la création d’une Condition publique des soies et laines, dont les statuts sont approuvés par Décret impérial du 31 août 1858.

Le but du « conditionnement » consiste à calculer le taux d’humidité de la laine brute afin de déterminer le poids réputé « loyal et marchand » à facturer, le taux légal étant de 18,25 %. En fonction de ce taux, la facture est revue soit à la baisse, soit à la hausse. En d’autres termes, cela permet de ne pas payer de l’eau au prix de la laine ! Pour cela, un échantillon de la laine à tester est desséché à 110° pour obtenir une masse anhydre, cet échantillon est ensuite repesé, ce qui permet de déterminer « le taux de reprise ».

La ville installe donc ce Conditionnement dans une maison de la rue du Château. En raison de l’augmentation des quantités de laines à traiter, cet établissement se révèle très vite exiguë et dès 1862, le Conseil municipal envisage la construction d’un autre Conditionnement.

Cependant, en 1865 puis en 1876, des travaux d’extension y sont réalisés. Il faut attendre la séance du 7 février 1879 du Conseil municipal pour qu’une commission soit créée afin de rechercher un terrain. Elle choisit un terrain appartenant à la famille Wibaux compris entre la rue du Fontenoy et la rue Stephenson en raison de la proximité des voies de chemin de fer qui permettent de raccorder l’établissement. Une partie de la rue Stephenson est déclassée afin de constituer une parcelle assez vaste pour accueillir à la fois le Conditionnement et les Magasins généraux.

Déjà en 1889 il a trop d’embouteillages !

C’est l’architecte en chef des services des bâtiments, M. Richez, qui établit les plans de ce nouveau Conditionnement. Le total des travaux est chiffré à 370.000 francs. Sur le boulevard d’Halluin, le bâtiment de façade reçoit de part et d’autre d’un passage couvert : à gauche le logement du directeur et à droite le logement du concierge, l’infirmerie, un petit magasin, un atelier de réparation. Derrière est construit un bâtiment central qui abrite, entre autres, huit groupes de six appareils de dessiccation. Cet édifice est construit à partir de la fin de l’année 1880 et ouvert en 1882.

La condition publique du boulevard d’Halluin Méd Rx

Mais de nouveau, dès 1889, ces nouvelles installations se révèlent insuffisantes, il leur est aussi reproché d’être excentrées et, de plus, la proximité du passage à niveau provoque des embouteillages.

C’est pourquoi en 1893, le Conseil municipal projette la construction d’une « succursale ». En raison de l’opposition des Magasins généraux ce sera la Chambre de Commerce qui fera construire ce nouveau Conditionnement après qu’elle ne soit autorisée par un décret du 27 Octobre 1899.

Le conditionnement de la Chambre de Commerce Méd Rx

Ce nouveau Conditionnement est bâti sur une parcelle de 9.511 m² appartenant à M. Alfred Motte. Elle est située entre la rue Monge, la place Faidherbe et le boulevard de Beaurepaire. C’est l’architecte Albert Bouvy (1857-1938) qui est chargé de l’édification, l’entrepreneur étant M. Pennel.

L’architecte dresse les plans d’un édifice aux dimensions impressionnantes : la façade mesure 244 mètres de long sur une hauteur de 10 mètres. A l’intérieur, nous trouvons deux immenses magasins de 2.600 m² l’un, et de 2.500 m² l’autre. Ils sont séparés par un vaste passage de 12 mètres de largeur en forme de U qui évoque une véritable rue couverte. Il existe un sens de circulation pour les camions, l’entrée se situant place Faidherbe et la sortie boulevard Beaurepaire.

Le bureau du Directeur compte 33 pièces…

A droite de l’entrée, se trouvent les bureaux du Directeur et des employés ainsi que la salle des étuves qui mesure 370 m² de superficie. Au premier étage, le bureau du Directeur ne compte pas moins de 33 pièces ! Et cet appartement possède un jardin suspendu situé au-dessus de la pièce d’encaissage. Le bâtiment est construit en béton armé système Hennebique.

Le toit en terrasse repose sur des piliers métalliques. Ce toit est recouvert de 4 couches de papier goudronné avec 10 cm de gravier. Au fil des ans, de la poussière s’y est déposée si bien que les herbes folles y ont poussé lui donnant l’aspect d’une vaste prairie.

Les façades sont constituées de travées répétitives coiffées d’arcs en plein cintre. L’architecte a utilisé la polychromie des briques vernissées, chaque pilastre séparant les travées est orné en son milieu d’un cabochon de lave émaillée représentant un motif floral. Le soubassement est en pierre de Soignies. Les portes d’entrée et de sortie aux dimensions monumentales (5 mètres de large) sont agrémentées d’arcs en plein cintre en fer forgé. Deux têtes de bélier encadrent l’entrée rappelant symboliquement le travail de la laine. Les murs intérieurs reçoivent aussi une décoration soignée. Le 23 avril 1909, le Conseil municipal décide de fusionner l’établissement du boulevard d’Halluin et sa « succursale » de la place Faidherbe sous l’unique direction de la Chambre de Commerce.

Le Conditionnement fonctionnera jusqu’en 1972

L’activité du Conditionnement est intense, il compte parmi les premiers de France. En 1922, 30.076 tonnes de laine peignée sont vérifiées place Faidherbe. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’occupant allemand entrepose dans le hall de gauche du matériel militaire : canons, matériel de sondage, projecteurs… En 1944, les Allemands essaient de faire sauter le hall mais les dégâts seront minimes. Puis ce sont les Anglais qui utiliseront le Conditionnement. L’établissement fonctionnera jusqu’en 1972, date à laquelle, il se repliera vers les locaux du boulevard d’Halluin avant de partir sur Tourcoing puis sur Lille.

Le bâtiment est vendu à l’entreprise de transport Valcke. D’autres sociétés occuperont aussi les locaux : les meubles Coucke, la société SMIT… Entre 1996 et 1998, le Conditionnement sert de lieu de stockage pour les laines à tricoter Phildar. En 1998, en raison de la grande qualité de son architecture, le Conditionnement est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques.

La ville le destine à devenir un haut lieu de la vie culturelle roubaisienne avec une halle de 3 000 places et une salle plus petite de 200 places assises.

 

D’après les renseignements de Monsieur BOUDAILLIEZ

Dernier Directeur du Conditionnement de Roubaix